‹ Le livre des ParfumsChapitre 36 sur 71 · partie fie la tête, et porte Mariée chinoise · texte numérisé non relu

partie fie la tête, et porte Mariée chinoise

le restant de ses cheveux dans un réseau soutenu par une forêt «l'épingles.

Les hommes se rasent la tête, à l’exception d’um seule mèche qu’ils gardent fort longue et dont ils sont très-

la soie ou du crin, de manière à lui conserver une épaisseur respectable. Comme cet orne- Coiffure 4 u théière, ment est assez gênant, les artisans l’enroulent généralement autour du cou quand ils sont à l’ouvrage;

mais s’ils reçoivent une visite, ils s’empressent de le dérouler, car ce serait de la dernière impolitesse de paraître ainsi devant un étranger.

Nous avons décrit ici les coiffures en usage dans la partie de la Chine connue aux Européens, mais dans un empire aussi vaste, les coutumes nje sont pas partout les mêmes, et les auteurs indigènes nous racontent les modes employés dans diverses provinces.

Ainsi dans le Li-ping-fu, les femmes portent les cheveux noués négligemment, et ornés d’un peigne de bois sur le front. Les Peh-ngeh-tsç ont une coiffure spirale ressemblant à une conque. Les Mau-teu-miaus tressent leurs cheveux et les décorent d’une espèce d’éventail de papier argenté. Les femmes de Ning-po gomment leur chignon et le disposent en forme d’aile. Les Lti-ku-hehs,comme certaines tribus de l’Afrique, se font sur la tète une corne de bélier, et les Tung-Miaù enveloppent leurs cheveux de bandelettes de coton bleu.

Les femmes portent aussi dans certaines provinces une coiffure fort originale, composée d’un oiseau nommé Fong-Hoang, qui rappelle beaucoup la coiffure à la pintade des anciennes Egyptiennes. Le Fong-Hoang se fait de cuivre ou de vermeil, suivant la qualité des personnes qui le portent ; sa tête forme une aigrette sur le front, ses ailes embrassent les tempes, et sa queue forme un gracieux chignon. Nous recommandons ce genre d’ornement à nos élégantes pour les premiers bals costumés. Une Junon coiffée d’un paon ferait un effet merveilleux.

barbiers-chirurgiens, il manie la lancette aussi bien que le rasoir.

La flore chinoise comprend des espèces fort odorantes, telles que le Kwei-Hwa (Olea fragrans), pe-

tite fleur jaune produite par .un arbre très-abondant; une espèce de lotus nommé Lien-Hwa (Nymphéa nelumbo); le Cha-Hwa (Camellia sesanya). qui sert à aromatiser le thé ; et une sorte de jasmin nommé Mo-lu-Hwa, dont une seule fleur suffit pour parfumer une chambre. Ils possèdent aussi des bois odorants, mais jusqu’à présent ils n’ont tiré aucun parti de ces richesses naturelles. Ils emploient cependant le fruit d’un cèdre qui croît dans les montagnes de Tchong-te-fou, et qui suspendu dans les appartements y répand une fort bonne odeur.

Les Chinois ont été probablement les premiers à connaître et à apprécier le musc, que fournissent en abondance les provinces montagneuses du Mohang Mang et du Mohang Vinan. Non seulement ils en aiment passionnément l’odeur, mais ils lui attribuent une foule de propriétés thérapeutiques, et l’emploient même, ce qui surprendra fort nos nerveuses Parisiennes, pour guérir les maux de tête.

Un de leurs plus célèbres médecins, Pao-po-tsé, le donne comme un préservatif certain contre la morsure des serpents. Il prétend que lorsqu’on voyage dans les montagnes, il faut porter une petite boule de musc sous l’ongle de l’orteil, car le chevrotain musqué se nourrissant de reptiles, cette odeur suffit pour les éloigner.

Les Chinois estiment aussi beaucoup le santal et le patchouly, mais rien n’égale leur admiration pour l’odeur de Yassa-fœtida, qu’ils classent parmi les meilleurs parfums.

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Nous retrouvons au Japon une grande partie des usages chinois. Le nombre de leurs parfums est assez limité : le jinko, bois aromatique qu'on brûle dans les temples et dans les maisons ; une pommade nommée nioi-abra composée d’huile et de cire végétale ; une sorte de sachet (nioi-bukooroo ) porté par les femmes, et une poudre à dents (hami-gaki) formée de coquilles pulvérisées, mélangées à des herbes aromatiques, forment à peu près tout leur catalogue. Ils n’emploient pas de parfums liquides, ce qui leur serait difficile, du reste, tant que les mouchoirs de papier seront en vogue.

Les funérailles des Japonais offrent quelque ressemblance avec celles des anciens Grecs et Romains. Un long cortège composé des parents, des amis et de serviteurs du défunt, les uns portant un vase d’encens les autres des fleurs qu’ils sèment sur la route, con duit le corps au bûcher qui doit le consumer. Le plus jeune des enfants y met le feu avec une torche et les assistants entretiennent la flamme en y versant de l’huile et des parfums. Les cendres sont ensuite déposées dans un monument funéraire, entouré d’une balustrade ; devant le tombeau on place des vases de fleurs, deux lanternes et un petit autel sur lequel on fait constamment brûler de l’encens.

Si l’usage des parfums est assez limité au Japon, il n’en est pas de même de celui des cosmétiques, dont les femmes font un abus effrayant. Elles s’enduisent le visage de céruse, et se colorent les joues et les lè-

vres avec les fleurs du carthame. Elles forcent parfois tellement la dose, qu’elles se donnent une teinte violette. Ces fards, avec les pinceaux pour les appliquer, les peignes, etc., sont renfermés dans une petite boîte recouverte d’un coussinet qui leur sert d’oreiller. En jetant les yeux sur la gravure ci-contre tirée du « Miroir de l’Éducation des dames », publié à Jeddo, on pourra se rendre compte de la part qu’occupent les soins de la toilette dans la vie d’une Japonaise.

C’est surtout l’édifice de leur chevelure qui réclame toute leur attention. La gravure ci-jointe, également tirée d’un livre japonais, représente une élégante en grand costume, et on peut s’imaginer quel temps il a fallu pour hérisser cette coiffure de fleurs et d’épingles d’écaille ou de laque.

C’est sans doute à la vue d’une toilette aussi bien réussie que le poëte japonais s’écriait :

Un regard de ses yeux.

Et vous perdez votre ville;

Un autre, et votre royaume vous échappe.

L’illustration tirée du Journal des Coiffeurs, publié

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à Nagasaki, et placée en tête de ce chapitre, pourra donner une idée de la diversité des coiffures japo¬

naises. La partie supérieure de la planche représente des têtes d’homme, et la place bleue sur le front indique l’endroit où ils se rasent, car on sait que les Japonais prennent autant de

peine poui que nous autres Européens ||bèj§;3>> pour conserver nos cheveux.

Les Japonais sont célèbres par leur passion pour les fleurs 'mvVwy%fHir et les perfectionnements qu’ils apportent dans leur culture. coiffure japonaise.

Aussi arrivent-ils à avoir leurs jardins fleuris en toute

saison, ce qui leur permet de composer des calendriers où chaque fleur indique un mois de l’année. Nous extrairons d’un ouvrage fort intéressant sur le Japon 1 un spécimen de ces florichronomètres :

CALENDRIER DE FLEURS D’OOSAKA (L’année japonaise commence en février.)

i" mois. Le prunier. 7* mois. La guimauve.

2 e — Les orchidées. 8 e — Les polygonées.

3 e — Le poirier. 9 e — Le chrysanthème.

f — Le lis. 10 e — L’oranger.

5 e — Le magnolia. 11* — Le remsa.

6 e — L’hémérocalle. ia n — La cornouille.

Espérons qu’un jour ce peuple si ingénieux saura utiliser ses richesses florales, et ne se contentera pas, pour parfumer ses demeures, de brûler des poudres assez peu suaves dans d’affreux petits monstres.

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