‹ Le livre des ParfumsChapitre 41 sur 71 · Voyages de fVallace · texte numérisé non relu

Voyages de fVallace

de sa chevelure : c’était un des châtiments réseraux plus grands crimes.

Les Péruviens de nos jours employent beaucoup

de parfumerie européenne, dont ils sont fort amateurs. Ils fabriquent aussi, dans l’intérieur, des allumettes à parfumer les appartements, dont la base principale est le benjoin. Nous en possédons un échantillon assez curieux enveloppé de clinquant.

Dans l’Yucatan, les nombreux autels qu’on a découverts dans les ruines des temples, et dont nous reproduisons un spécimen, étaient évidemment em-

dèle fut exposé en 1867, dans le parc de l’Exposition. Parfois aussi l’encens se plaçait dans l’intérieur de la tête d’une statue, de façon à ce que la fumée sortît par la bouche et les yeux ; on voit au Musée britannique un spécimen de ces curieux encensoirs.

Les prêtres se préparaient à leur ministère avec des onctions parfumées; les jeunes filles qui prenaient part à ces cérémonies se couvraient les joues de fard. L’embaumement était connu des Mexicains et se pratiquait pour conserver le corps de l’empereur et des grands personnages.

Les parfums figuraient aussi dans les cérémonies du mariage ; on les brûlait sur un brasier tandis que le prêtre, nouant ensemble par un coin les vêtements des fiancés, consacrait ainsi leur union ; la gravure ci-

jointe copiée d’une ancienne peinture mexicaine illustre cette singulière coutume.

Les prêtres étaient coiffés de perruques qui ressemblaient assez à celle des Égyptiens. Les Mexicains portaient toute leur barbe et y tenaient beaucoup.

L'ivrogne était condamné, comme punition, à être rasé.

Nous terminerons notre tour du monde par les Peaux-Rouges du nord de l’Amérique. Leur plus grande coquetterie est la façon dont ils se peignent la ligure, et, d’après les récits des voyageurs qui les ont visités, jamais douairière n’a passé plus de temps devant son miroir à se faire une tête pour le bal ou l’Opéra qu’un Sioux ou un Pawnee se maquillant pour une excursion pacifique ou guerrière.

M. Murray, en décrivant le fils d’un chef nommé Sa-in-tsa-rish,nous dit n’avoir jamais vu de dandy pareil. Il commençait ordinairement sa toilette à huit heures du matin, et elle n’était finie que le soir; après s’être graissé tout le corps pour servir de fond, il se traçait des lignes sur la tête et les membres, et se regardait constamment dans un morceau de miroir qu’il portait à la main, en changeant les dessins jusqu’à ce qu’il eût atteint l’effet désiré.

M. Catlin, qui a longtemps voyagé dans l’Orégon, parle aussi du soin que les Indiens apportent à ces peintures corporelles. Pour célébrer certaines grandes fêtes, ils ont des ballets où chaque danseur est orné d’un dessin particulier, parfois représentant un animal tel que le renard ou le serpent, parfois aussi quelques figures symboliques telles que celles du jour et de la nuit, qu’on voit au centre du frontispice de ce chapitre, et qui font vraiment honneur à l’imagination de ces sauvages.

a8o le livre DES PARFUMS.

Quelques Indiens prétendent que les couleurs sont symboliques : ainsi le rouge indique la joie, et le noir la douleur. Sous ce dernier rapport ils se rapprochent de nos idées, avec cette différence toutefois qu’au lieu de revêtir des habits noirs quand ils perdent leurs proches parents, ils se barbouillent la figure de charbon. Quand le défunt les touche de moins près, ils se contentent de se dessiner un treillage noir sur la figure ou de s’en peindre la moitié en noir ; c’est leur façon de porter le demi-deuil. Heureusement ils ne s’adonnent pas à de fréquentes ablutions ; car dans ce cas leur deuil et leur demi-deuil seraient de courte durée.

Chap. X

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