CHAPITRE X
Cerca d’accrescer collo studio e l’artc La natural beltà che in lei risplende, L’auree chiome in vago ordine comparte.
Ed ad omarsi il rimanente attende :
Poi lieta si contempla a parte a parte Nell’ acciar, che l’immago al vivo rende, Cosi augellin dopo la pioggia al sole
a partie chrono logique de notre ouvrage se terminera dans ce chapitre où se trouve réuni tout ce que nous avons pu recueillir sur l'histoire des parfums et de la toilette chez les principaux peuples de l'Europe, depuis les Gaulois jusqu'à nos jours.
La toilette des anciens habitants de l’Europe, tels que les Germains, les Gaulois, les Celtes, ressemblait un peu à celle des Indiens du nord de l’Amérique, que nous avons décrite dans le dernier chapitre, et consistait principalement en peintures corporelles ; ce système avait sans doute pour but, dans l’origine, de protéger la peau, à défaut de vêtements, contre les intempéries; mais plus tard, il fut appliqué dans un but d'ornement et servit même à distinguer les conditions, car il était réservé aux hommes libres et défendu aux esclaves *. Les gens du commun se contentaient de petits dessins clair-semés, tandis que les nobles avaient le privilège de décorer leurs personnes de grandes figures, principalement d’animaux. Plus tard, quand leurs costumes devinrent moins exigus, ils transférèrent ces emblèmes à leurs boucliers. Ainsi naquirent les armes de famille que les Japonais, après avoir probablement commencé de la même façon, portent maintenant sur leurs habits, comme le firent nos ancêtres au moyen âge 2 .
Les Gaulois et les Germains teignaient leur poitrine en rouge quand ils allaient en guerre, afin que leurs ennemis ne pussent pas voir le sang couler de leurs blessures. Les Aries, qui habitaient entre la Varte et la Vistule et ne combattaient que la nuit, se bar-
i. Pelautier, Histoire des Celtes.
a. Les armoiries ne furent généralement adoptées par la noblesse qu'aux premières croisades, quoique connues avant cette époque ; elles devinrent héréditaires vers l’an 1230, et commencèrent a se porter sur les habits sous Charles V.
bouillaient de noir de la tête aux pieds pour se rendre encore moins visibles. Les Bretons donnaient une teinte bleuâtre à leur peau au moyen du pastel qu’ils appelaient woad. (Isatoris tinctoria ) et se figuraient rendre ainsi leur aspect formidable dans la bataille. Pline parle aussi d’une espèce de plantain nommé glastrum 1 qui servait aux Gaulois et aux Bretons à colorer leur figure et leur corps. En un mot, tous les habitants du nord de l’Europe pratiquaient cette coutume, depuis les Sarmates jusqu’aux Pietés; ces derniers surtout, qui habitaient le nord de l'Écosse, étaient célèbres pour leurs décorations personnelles qui les avaient fait nommer Picti par les Romains.
Les teintures de cheveux étaient également connues de ces peuples qui, bien que blonds naturellement, cherchaient à rendre cette nuance plus ardente encore au moyen de chaux ou de cendre de hêtre. Nous avons déjà vu, dans le cours de notre histoire, que les Romains tiraient des Germains ce genre de préparations.
Quant aux parfums, il nous est assez difficile de dire s’ils en faisaient usage, mais ils recherchaient les herbes odorantes, et particulièrement la verveine, qui était considérée comme une plante sacrée. C’est de verveine que se couronnaient les druidesses lorsqu’elles rendaient leurs oracles, et dans les grandes cérémonies les eubages portaient un thyrse formé de verveine enroulée autour d'un bâton.