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Amboinifche Ra.ritkeit-Ka.mer. Liv. III,chap

Nous possédons un spécimen d'ambre fort curieux et qui confirmerait, s’il en était besoin, la théorie actuelle de son origine. Nous le tenons d’un baleinier américain qui l’a extrait d’un poisson capturé par lui ; une partie est grisé et l’autre est noire, ce qui prouve que la maladie n’avait pas encore atteint son apogée.

L’ambre gris par lui-même exhale une odeur terreuse qui n’est pas agréable, mais employé dans les mélanges il donne une finesse éthérée aux autres parfums. Son prix varie beaucoup en raison de l’irrégularité de sa production ; la moyenne est de 50 à 60 fr. l’once. Le meilleur est gris cendré et très-léger.

La série florale comprend toutes les fleurs dont on peut extraire le parfum. Nous les’ avons nommées dans notre dernier chapitre; nous donnerons maintenant quelques détails sur chacune d’elles.

Le jasmin a été importé en Europe par les Arabes qui lui ont laissé son nom yasmyn. Tous les jasmins sont odorants, mais le jasmin d'Espagne, ou à grandes fleurs (jasminum grandiflorum) est celui qu’on cultive spécialement en Provence pour la parfumerie.

Il s’obtient en greffant un sauvageon qui rapporte des fleurs dès la première année. Il croît en buissons de 3 à 4 pieds de haut et aime les hauteurs aérées, mais à l’abri des vents du nord. La floraison a lieu de juillet à octobre ; les fleurs s’ouvrent régulièrement à six heures tous les soirs et sont cueillies aussitôt, ou quand les journées sont courtes, le lendemain matin,

après que la rosée a disparu ; chaque pied donne à peu près 300 grammes de fleurs.

La rose a été chantée par tous les poetes anciens et modernes, mais pour le prosaïque parfumeur, son principal charme est dans sa suave odeur, qu’il utilise de toutes les façons en en faisant tour à tour une eau distillée, une essence, une huile ou une pommade; la fleur sèche même lui sert encore pour confectionner des sachets.

C’est en Turquie, près de Kizanlick, au pied des monts Balkans, que se fabriquent les neuf dixièmes de l’essence de roses que consomme le monde entier. Cette essence, quand elle est pure, reste cristallisée à une température assez élevée, et si on pouvait l’obtenir ainsi, elle vaudrait son poids en or; malheureusement l’habitude enracinée du pays est de la falsifier avec de l’essence de géranium et parfois aussi avec du blanc de baleine pour lui donner une cristallisation factice. Celle qui nous parvient se vend, suivant le plus ou moins de falsifications qu’elle a subies, de 800 à i2oofr. le kilogramme.

Depuis longtemps la rose de Provence se cultive en France pour en extraire l’odeur. C’est une variété tenant à la fois de la cent-feuilles et de la rose de Provins; Olivier en parle ainsi, en l’an 1600, dans son Théâtre d’agriculture : « Les incarnates de Provence, celles d’ou distille la bonne eau de rose. »

Les rosiers se plantent dans un terrain frais et peuvent subir le vent du nord sans inconvénient. La

floraison a lieu au mois de mai, et les fleurs, qui s'ouvrent généralement pendant la nuit, doivent être cueillies avant le lever du soleil qui leur ferait perdre leur odeur; chaque pied rapporte environ 200 grammes de fleurs la première année et 300 grammes les années suivantes.

L’oranger dont la fleur s’emploie pour la parfumerie est l’oranger amer ou bigarradier ( Citrus biga-

Tubéreuse (Polyanllut tuberos'i).

radia). C'est, du reste, un des arbres les plus utiles au parfumeur; non-seulement il tire de ses fleurs une eau distillée, une essence, une huile et une pommade, mais les feuilles lui donnent une essence nommée petitgrain, et ses fruits produisent l’essence de bigarrade. Ces deux essences entrent avec le néroly, tiré des fleurs, dans la composition de l’eau de Cologne, et c’est ce qui en fait un mélange harmonieux.

On reconnaît facilement le bigarradier à sa feuille dont le pétiole est en forme de cœur. On obtient aussi

des essences de la fleur, des feuilles et du fruit de l’oranger doux (Citrus aurantium ), mais il n’y a que la dernière, connue sous le nom d ’essence de Portugal. qui soit de bonne qualité.

Les plus grandes plantations de bigarradiers se trouvent en Provence, en Calabre et en Sicile. Cet arbre demande un sol sec et une exposition au midi ; il donne des fleurs trois ans après avoir été greffé, et la quantité en augmente tous les ans, la durée de cet arbre n'ayant pas de limites connues.

Le rapport des orangers dépend de leur âge et de leur position ; un sujet vigoureux produit en moyenne 30 à 35 kilos de fleurs. La floraison a lieu en mai et se renouvelle parfois en novembre quand l’hiver a été très-chaud, mais les fleurs d’automne ne valent pas celles du printemps ; on fait la cueillette deux ou trois fois par semaine, après le lever du soleil.

La tubéreuse (Polyantlies tuberosa) est native des Indes, et croît à l’état sauvage dans les îles de Java et Ceylan. Elle fut apportée en Europe en 1594 par Simon de Tovar, médecin espagnol. Les Hollandais conservèrent pendant quelque temps le monopole de cette fleur qu’ils cultivaient dans des serres, mais elle tinit par se répandre en France, en Italie et en Espagne, où elle s’est acclimatée. Elle vient d’un ognon qu’on plante à l’automne et qui fleurit l’année suivante. La tige a environ un mètre de haut et produit régulièrement chaque jour deux fleurs qui s’épanouissent de onze heures à trois heures suivant les

localités, et qui doivent être cueillies de suite, car leur senteur est éphémère.

Le cassier (acacia farnesiana) est un gracieux arbuste de la famille des acacias qui ne croît que dans des latitudes méridionales. Il a 5 ou 6 pieds de haut et se couvre, dans les mois d’octobre et de novembre, de petites fleurs globuleuses d’un jaune vif qui se détachent comme des boutons d'or sur le vert feuillage. Ceux qui ont voyagé en automne sur la côte qu’on nomme la Rivière-de-Gênes, doivent se souvenir des charmants bouquets qu’on fait avec cette fleur entremêlée d’autres. Le parfum de la cassie est vif et pénétrant et possède surtout une fraîcheur qui le rend trèsutile aux praticiens. Il a quelque ressemblance avec l'odeur de la violette, et on l’emploie parfois pour soutenir l’arome de cette fleur qui est assez faible.

Le cassier exige un sol Cassie (Acacia fwnesiana). ces bien exposé aux rayons

du soleil; il commence à fleurir au bout de trois ans et rend de 1 à 10 kilos par pied, suivant l'âge et la position. On fait la cueillette deux fois par semaine après le lever du soleil; la fleur nejs’emploie en Provence que pour faire de la pommade et de l’huile ; mais en Afrique et principalement à Tunis, on en tire une essence extrêmement forte dont le prix est de 100 fr. l’once.

La violette est une fleur qui plaît à tout le monde par son odeur fine et douce ; il n’y a pas très-longtemps qu'on la cultive pour la parfumerie; aussi existe-t-il encore un préjugé assez répandu que ce que les parfumeurs vendent sous ce nom est un produit artificiel basé sur la racine d’iris. On a pu voir dans notre dernier chapitre qu’il n’en est rien; d’ailleurs, bien que l’iris en poudre ait une odeur très-prononcée de violette, l’extrait alcoolique qu’on en retire est tout autre.

Les plantations les plus importantes de violettes se trouvent à Nice ou dans les environs; on choisit comme espèce la violette double de Parme (viola odorata var .) et on la plante sous les orangers ou les citronniers dont le feuillage épais la protège contre les ardeurs du soleil. La floraison a lieu de février à avril et la cueillette se fait deux fois par semaine après le lever du soleil.

La jonquille (narcissus jonquila ) et le narcisse (narcissus odorata ) sont deux plantes bulbeuses qu’on cultive aussi pour la parfumerie, mais en assez petite quantité, leur arôme étant peu recherché. La jonquille se rencontre principalement en Provence, et le narcisse en Algérie. On fait aussi parfois des pommades au seringa, au réséda, à l’aubépine, au lilas; mais, comme nous l’avons déjà dit, l’odeur de ces fleurs ne se transmet pas sans altération aux corps gras et se rend plus fidèlement par la composition.

On trouvera les fleurs européennes réunies dans

le frontispice du dernier chapitre; dans celui du présent chapitre nous avons groupé les fleurs exotiques qui sont appelées par leur riche parfum à nous servir un jour de matériaux; quelques-unes figurent déjà dans nos laboratoires.

La série herbale comprend toutes les plantes aromatiques, telles que la lavande, l’aspic, la menthe, le romarin, le thym, le serpolet, la marjolaine, le géranium, le patchouly et le wintergreen, dont on extrait des essences au moyen de la distillation.

La lavande s'employait beaucoup par les Romains pour les bains; de là vint son nom; c’est une odeur franche et vivifiante qui plaît généralement. La meilleure lavande (lavandula vera ) se trouve en Angleterre, principalement à Mitcham et Hitchin, où elle se cultive sur une grande échelle.

Elle se reproduit par boutures qu'on pique en automne et qui donnent des fleurs pendant les trois années suivantes, après quoi on les renouvelle; elle se plante dans les champs en ados. Le plus grand distillateur de Mitcham, M. Bridges, opère avec trois gigantesques alambics à vapeur contenant chacun 5,000 litres.

On fabrique aussi beaucoup d’essence de lavande dans le midi de la France, mais elle est d’une qualité très-inférieure au produit anglais et se vend dix fois moins cher. La plante paraît cependant être la même, mais elle est sauvage et croît dans les montagnes: il est probable aussi que la chaleur du climat lui donne

une âcreté qui n'existe pas dans la plante anglaise. On a fait récemment en France quelques essais de lavande cultivée en plaine d'après le système anglais, et peutêtre arrivera-t-on un jour à produire une essence égale en finesse à celle qui vient d'Angleterre.

L'aspic (lavandula spica ) est une espèce de lavande disposée en épis barbus et possédant une odeur moins douce que celle de la vraie lavande; il se distille dans le midi de la France et s’emploie pour parfumer des savons communs.

Il y a une troisième sorte de lavande nommée sté— chade (lavandula stœchas ) qui est extrêmement abondante en Espagne et en Portugal, mais très-rare en France. Nous l'avons rencontrée en très-grande quantité à l’état sauvage dans les plaines de l’Estramadure, et elle exhalait une odeur délicieuse ; nous en avons trouvé aussi quelques pieds à Saint-Raphaël, près de la demeure d’Alphonse Karr, et, à notre grande surprise, elle ne sentait presque rien,' quoique étant bien évidemment la même espèce. En Espagne et en Portugal on s’en sert pour tapisser le sol des églises qu’elle remplit de son parfum, et on en fait des feux de joie à la Saint-Jean.

La menthe (mentha piperità) s’emploie plus par les confiseurs que par les parfumeurs, qui ne s’en servent guère que pour leurs dentifrices. La menthe la plus fine est, de même que la lavande, celle que produit l’Angleterre ; la menthe américaine vient après ; celle des autres pays est inférieure.

Le romarin ( rostnarinus officinalis) donne une essence très-forte qu’on emploie principalement pour parfumer les savons ordinaires; son odeur ressemble beaucoup à celle du camphre. Le romarin a joué un certain rôle dans les coutumes de nos ancêtres, ayant été, par un singulier contraste, employé tour à tour pour les mariages et les funérailles. Shakespeare en fait le symbole du souvenir.

There’s rosemary Tliat is for remembrancr.

Le thym ( thymus vulgaris), le serpolet {thymus serpyllum) , la marjolaine ( origana majorana) et la sauge {salvia officinalis) fournissent également des essences dont le parfumeur sait tirer parti. Toutes les plantes que nous avons mentionnées jusqu’à présent appartiennent à la nombreuse et utile famille des labiées.

La rue figurait assez fréquemment dans les formules des Romains et dans celles du moyen âge; mais maintenant on s'en sert fort peu pour la parfumerie, vu l'âcreté de son odeur. En Angleterre, on croyait beaucoup, il y a deux ou trois siècles, à l’efficacité de cette plante pour empêcher la contagion, et on en étalait une épaisse couche devant le banc des juges, afin de les protéger contre la fièvre de geôle (jail fever), dont souffraient beaucoup les prisonniers à cette époque; la fièvre a depuis longtemps disparu,

mais la coutume est restée, avec les perruques à marteau des magistrats.

Le géranium rosat (pélargonium capitatum) est fort recherché des parfumeurs, en raison de son arôme, qui se rapproche de celui de la rose; l’essence qu'on en tire coûtant huit ou dix fois moins cher que l’essence de rose, on l’emploie avec avantage pour imiter, ou parfois pour soutenir cette dernière dans les compositions. Le géranium odoratissimum fournit aussi une essence très-suave; mais il n’a pas été cultivé en grand jusqu’à présent.

Le patchouli (pogostemon patchouli) vient des Indes, où on le connaît sous le nom de puchaput.

C’est une odeur très-particulière, aussi agréable aux uns qu’elle est désagréable aux autres. On emploie beaucoup les feuilles sèches en sachets pour conserver les fourrures.

Le wintergreen ( gaultheria procumbens ) est une des rares essences qui nous viennent des États-Unis. Elle est forte et âcre

petites doses dans les savons, elle produit un bon effet.

Les andropogons *, nômmés barbons par quelques botanistes, sont de longues herbes de la famille des

i. Des

: àvSpo; tooyov, barbe d'homme.

graminées, qui croissent en abondance aux Indes, et surtout dans l’île de Ceylan. Les trois sortes fournissant des essences jusqu'à présent sont : Y andropogon schœnanthus, ou verveine des Indes; Y andropogon citratum. ou citronelle, et Y andropogon nardus, ou géranium indien. La première sert à imiter le parfum de la verveine; les deux dernières ne sont bonnes que pour les savons. Le géranium indien est loin d’avoir la finesse et l'odeur rosée du nôtre, et cependant on en emploie beaucoup dans l’Orient pour falsifier l’essence de rose. Nous avons remarqué, à l’Exposition de 1867, un nouveau spécimen d’andropogon dénommé ivarancusa , dont l’odeur nous a paru fort agréable.

La série des citracées comprend la bergamote (citrus bergamia ), l’orange douce ( citrus aurantium ), l'orange amère ( citrus bigaradia ), le citron ( citrus medica ), le cédrat ( citrus cedrata ) et la limette (citrus limetta). Nous avons décrit, dans notre dernier chapitre, les procédés en usage pour extraire l’essence de ces fruits.

Les épices servant à la parfumerie sont la cannelle, le cinnamome, le girofle, le macis, la muscade et la toute-épice.

La cannelle et le cinnamome se distillent de l’écorce de deux espèces de lauriers, le laurus cassia et le laurus cinnamomum. qui sont fort abondants aux Indes et en Chine. Ces deux parfums étaient bien connus des anciens, qui les tenaient en grande estime.

Le girofle est le bouton de la fleur du caryophyllus aromaticus, qu’on trouve sur la côte d’Afrique et dans l’archipel Indien. L’essence qu’on en retire s’emploie généralement pour les savons; elle entre aussi, en doses modérées, dans la composition de quelques parfums, et surtout de l’œillet, avec l’odeur duquel elle a quelque analogie.

Le macis et la muscade sont les produits du même arbre, le myristica moschata. habitant les Indes; l’un

Muscade.

est l’enveloppe fibreuse du fruit, l’autre le fruit luimême.

La toute-épice, ou piment, est la baie de Y Eugenia pimenta, qui croît dans les latitudes tropicales, et principalement aux Antilles.

La série des bois comprend le santal, le cèdre, le palissandre, le bois de Rhodes et le sassafras. Le santal est trés-estimé des Orientaux; son bois sert à faire des coffrets, la sciure entre dans la composition de

leur encens, et l’essence forme la base de tous leurs parfums. Il y a plusieurs variétés de l’espèce; la plus recherchée est le santal citrin ( santalum citrinum). L’Australie et la Nouvelle-Calédonie fournissent aussi un santal très-tin. Cette odeur est suave, mais un peu écoeurante pour le goût européen; son principal mérite est sa grande ténacité.

Le cèdre (juniperus Virginiana) nous vient principalement des États-Unis; le palissandre (/*'gnum aspalathum ) , de l’Amérique du Sud ; et le bois de Rhodes (convolvulus scoparia), de l’Orient; leurs essences sont peu employées par les parfumeurs.

Le sassafras ( laurus sassafras ) est un arbre qui croît en grande abondance dans l’Amérique du Nord ;

son écorce rend une essence d’une odeur fraîche qui convient bien aux savons.

Nos ancêtres employaient aussi les bois d’aloès, de Sainte-Lucie et de calambour. Ces deux derniers sont encore utilisés pour la marqueterie.

Les racines qui servent à la parfumerie sont l’iris, l’angélique et le vétiver.

L’iris se rencontre dans toute l’Europe; la meilleure est l’iris de Florence ( iris Florentina)q u’on cultive sur une grande échelle en Toscane. La racine,

à l’état sec, possède, comme nous l’avons déjà dit, une odeur très-marquée de violette ; mais elle la perd au contact de l’alcool qui dissout la partie résineuse.

L’angélique (angelica archangelica) livre ses tiges au confiseur, qui en fait de savoureuses conserves, et sa racine au parfumeur, qui en tire une excellente infusion.

Le vétiver, ou kus-kus, est la racine de YoAnatherum muricatum, graminée qui se trouve en abondance aux Indes, et que quelques botanistes désignent sous le nom d’c indropogon squarrosus. Il a servi pendant longtemps à donner à la mousseline des Indes son arôme particulier et forme encore la base du parfum connu sous le nom de Mousseline. Il s’emploie, comme le patchouli, en paquets ou en sachets, pour conserver les fourrures, et rend à la distillation une essence fort estimée, dont le prix s’élève parfois à 1,500 fr. le kilogramme.

Dans la série des graines, nous avons l’anis (Pimpinella anisum ), l’aneth {oAnethum graveolens), le fenouil ( oAnethum fœniculum ), le carvi (Carum carui), l'anis étoilé ou badiane (Illicium anisatum ), et l’ambrette ( Hibiscus abelmoschus) . Parmi ces plantes, les quatre premières se trouvent en Europe, la cinquième vient de la Chine, et la dernière de l’Amérique du Sud.

Les baumes et résines sont les exudations odorantes de certains arbres : le baume du Pérou, du Miroxylon Peruiferum; le baume de Tolu, du M. Toluife-

ram; le benjoin, du Styrax benjoin; le storax, du Liquidambar styraciflua; la myrrhe, du Balsamodendron myrrlra ; le camphre, du Laurus Campliora. Ce dernier s’obtient par l’ébullition qui dégage la gomme toute formée dans l’arbre ; les autres découlent naturellement d’une incision faite dans le tronc. Le baume du Pérou et le benjoin sont les plus estimés

Benjoin. Camphre.

en parfumerie, en raison de leur odeur de vanille ; la myrrhe, qui figurait parmi les plus précieux parfums des anciens, est bien déchue-de son ancienne importance, et ne sert guère qu’à la composition des dentifrices; le camphre s’emploie.beaucoup plus en médecine qu’en parfumerie. Le benjoin nous vient de Siam, Sumatra et Singapour; sa qualité se reconnaît à la cassure, qui doit être brillante et offrir l’aspect du nougat.

Le Labdanum, qui était fort employé par les anciens et qui l’est encore par les Orientaux, appartient à cette catégorie. C’est une résine odoriférante

qui perle sur les feuilles du Cistus labdanifera ou cretica , arbuste habitant principalement l’île de Candie. Tournefort 1 nous raconte qu’on récolte le labdanum en frappant cet arbuste d’un fouet composé de nombreuses lanières de cuir, auxquelles s’attache la substance résineuse. Du temps de Dioscoride. on l’obtenait aussi en peignant les chèvres qui se nourrissent des feuilles du cistus. C’est sans doute ce qui ht supposer au « Parfumeur Françoys » que ces animaux produisaient eux-mêmes le parfum.

Nous rangeons dans la série des fruits l’amande amère, la fève tonka, la vanille et le vanillon.

L’essence d’amande amère, dont on fait un grand usage pour les savons, s’obtient en distillant le tourteau de l’amande dont on a exprimé l’huile grasse. Elle contient huit à dix pour cent d’acide prussique, qu’on peut éliminer en la rectifiant avec de la potasse.

La fève tonka est le fruit du Dipterix odorata qui existe en assez grandes quantités aux Antilles et dansl’Amérique du Sud. On l’emploie aussi pour aromatiser le tabac à priser.

La vanille est le fruit ou, pour mieux dire, la

i. Voyages de Tournefort, vol. i, let. a.

gousse d’une liane ( Vanilla planifolia) originaire du Mexique, mais qu’on a introduite récemment dans l’île de la Réunion, où elle réussit admirablement. Cette colonie en produit maintenant cinq à six mille kilogrammes par an, et fournit à la majeure partie de la consommation. Le vanillon (Vanilla pompona) est une espèce de vanille bâtarde qu’on récolte aux Antilles et à la Guyane, mais qui a peu d’emploi.

La série artificielle se compose des essences dues à des procédés chimiques. La seule dont les parfumeurs fassent un usage régulier est la mirbane ou nitrobenzine, au moyen de laquelle on imite dans les savons ordinaires l’odeur de l’amande amère. On produit aussi des essences artificielles de citron et de cannelle, mais elles sont trop imparfaites jusqu’à présent pour avoir été adoptées. Les essences artificielles de fruits, qui servent plus à la confiserie qu’à la parfumerie, sont toutes des éthers ; l’essence de poires est un éther amylique, l’essence de pommes un éther

valérianique, et l’essence d’ananas un éther butyrique. Avant de les employer, on les étend de cinq à six fois leur poids d'alcool.

A l’exception de quelques importations récentes, que nous signalerons plus tard, les douze séries que nous avons décrites renferment toutes les matières premières qui servent jusqu'à présent à la parfumerie. Nous vivons, toutefois, dans un siècle de progrès, et il est à espérer que cette nomenclature s’enrichira bientôt d’une foule de substances aromatiques réparties sur toute la surface du globe, et dont on ne tire aucun parti, soit en raison d’une production insuffisante, soit par suite des difficultés d'exploitation ou de communication. Nous énumérerons ici brièvement celles qui sont tombées sous notre observation, et qui nous ont paru pouvoir à la fois augmenter les ressources du pays de production, et offrir au parfumeur de nouvelles odeurs dont il est avide. Nous en donngns aussi un tableau plus complet dans un appendice à la fin de l’ouvrage.

La Provence produit déjà beaucoup de matières premières, mais elle pourrait en augmenter le nombre en cultivant des arbres et des plantes qui se plaisent, dans son heureux climat. Nous citerons parmi les premiers le néflier du Japon et le calicanthus precox. dont les fleurs ont une grande suavité, et les eucalyptus à feuillage odorant, dont on peut tirer une bonne essence. Quant aux plantes aromatiques, la flore de Nice à elle seule en contient plus d’une centaine qui

croissent à letat sauvage et n ont aucun emploi 1 .

Les mêmes remarques peuvent s’appliquer à l’Italie méridionale, dont le climat est encore plus favorable que celui de la Provence pour certaines espèces.

L’Espagne et le Portugal sont admirablement situés pour fournir leur contingent à la parfumerie, mais jusqu’à présent cette industrie a été assez négligée dans les deux pays. Faisons toutefois exception pour les belles plantations créées dans la fertile Huerta de Valencia, par M. Robillard, horticulteur français qui est à la fois un bon distillateur et un infatigable novateur. Les échantillons qu’il exposait en 1867 comprenaient, outre le géranium rosat, pour lequel il a une réputation bien méritée, des essences très-remarquables de géranium odorant [géranium odoratissimum ), de verveine ( aloysia citriodora), d’alpin ia , d artemisia. de schinus. ainsi que deux essences concrètes obtenues par le procédé Millon, celle de cassie et celle d ’escallonia vis cos a, originaire des Montes dos Orgâes qui s’élèvent derrière Rio-de-Janeiro.

La Turquie, qui fournit l’essence de roses, pourrait en donner bien d’autres. Il y avait à l’Exposition de 1862 une collection fort intéressante d’essences indigènes exposées par Faïk-Bey; en 18 67, les spécimens nous ont paru moins nombreux et ne contenaient qu’une nouveauté dénommée aïvadané.

L’Algérie est appelée à contribuer un jour large-

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