‹ Le livre des peintres de Carel van Mander (volume 2)Chapitre 104 sur 213 · C'est le n° 104, où le jeune Tarquin donne un banquet · texte numérisé non relu

C'est le n° 104, où le jeune Tarquin donne un banquet

4. Nous avons dit dans l'Introduction que van Mander doit être tenu responsable, en bonne partie, de l'adoption par Goltzius du maniérisme excessif de Spranger et d'autres maîtres. On remarquera qu'il n'est dit nulle part que van Mander, Goltzius et Corneille de Harlem aient ouvert ensemble une école. Goltzius n'étant parti pour Rome qu'en iSgo, il est très vraisemblable que van Mander l'initia au style des maîtres qui avaient alors la vogue en Italie et dont il adopta lui-même la manière.

5. Goltzius fit le portrait dessiné de Zucchero qui parut à la vente Muilman, à Amsterdam, en i 773. Ur6i > ) ^ /yv«.£-^.— >-> ' 11 était daté de l'Jofi, d'après le catalogue de la célèbre collection hollandaise.

6. Bartsch, n" 377. Cette planche, gravée en 1587, reproduit le tableau envoyé en Hollande par Spranger et dont il a été question dans la biographie de ce maître au chapitre xxv, page 140.

,go LE LIVRE DES PEINTRES

traitées et dont les nus étaient excellemment compris. On eût dit des peintures en grisaille'.

A la même époque, je pus voir également, sur une grande toile en laro-eur, un Miiciits Scœvola que Goltzius avait peint à Fhuile en blanc et noir, pour décorer un salon de la splendide demeure alors occupée par le bourgmestre Gérard Willemsen, à Harlem, et qui appartient aujourd'hui à Goltzius.

Cette œuvre, aussi remarquable par la composition que par l'exécution, est toujours, si je ne me trompe, à l'endroit indiqué-.

La liste de ses estampes serait longue. Je citerai les Héros romains qui sont au nombre de ses premières œuvres, et disent assez son héroïsme comme dessinateur et les ressources de son burin ^.

Laissant de côté beaucoup d'œuvres remarquables, je parlerai surtout de six planches qu'il exécuta à son retour d'Italie ^

S'inspirant des diverses manières qu'il avait eu l'occasion d'étudier, il voulut, de sa propre main, reproduire ces divers styles et, ce qui n'est pas moins digne d'étonnement, il y parvint dans un espace de temps extrêmement court, car il voulait être prêt pour la foire de Francfort.

Les planches étant achevées et n'ayant été vues que d'un très petit nombre de personnes, il imagina un tour des plus plaisants, surtout pour la Circoncision, qui est dans la manière d'Albert Dürer et où Goltzius s'est lui-même représenté-".

A l'aide d'un charbon ardent ou d'un fer rouge, il fit disparaître ce portrait et le monogramme ; puis, ayant raccommodé l'épreuve, il l'enferma et la salit pour lui donner l'aspect ancien. Ainsi déguisée, l'estampe arriva à Rome, à Venise, à Amsterdam et ailleurs, excitant

1. Il n'est pas impossible que Saenredam nous ait conservé ces compositions dans une suite de gravures d'après Goltzius (Bartsch, n"~ yS-yq), mais ce sont beaucoup plus probablement les camaïeux dont la gravure est attribuée à Goltzius lui-même. (Bartsch, n" 232-237.)

2. Il existe, dans la suite des Romains illustres (Bartsch, n°" 94-103), un Miicius Scevola.

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