Matth., X
HENRI GOLTZIUS igS
voit l'Amour allumant un feu qui se reflète sur les personnages. Je crois que cette œuvre est à Rome'.
Un autre travail du même genre est chez Tempereur ; c'est un Jeune Faune avec sa faunesse.
Chez les Fugger, à Augsbourg, il y a une chose exceptionnelle : une Pietà, où le Christ, descendu de la croix, est couché devant la 'Vierge, qui ne verse point de larmes mais paraît accablée de douleur. Plusieurs figures d'anges complètent la composition. Au fond, la Mise au tombeau.
Impossible de mieux faire, soit comme composition, soit comme exécution. L'œuvre fut présentée au roi d'Espagne, peu de temps avant sa mort"-'.
Il vint alors à l'esprit de Goltzius de dessiner à la plume sur des toiles préparées à l'huile, car, si grandes que fussent les feuilles de parchemin, il les trouvait encore trop petites au gré de son génie créateur. 11 dessina donc à la plume, sur une toile d'assez grandes dimensions, une figure de Femme nue que regarde en riant un satyre. Il rehaussa légèrement les chairs, et puis passa le tout au vernis.
Cette œuvre appartenait à François Badens, le peintre d'Amsterdam^; elle a passé depuis dans la galerie de l'empereur, qui fut très étonné du procédé, et montra le travail à plusieurs connaisseurs qui n'en furent pas moins surpris, car la chose mérite d'être étudiée.
11 fit encore, pour le même Badens, une Vénus couchée avec l'Amour''. Dans le fond, le concours entre Vénus et Cupidon, à qui fera la plus riche moisson de fleurs, et où la nymphe Péristère vient en aide à Vénus, ce dont l'Amour la punit en la changeant en colombe.
Le morceau est aussi parfaitement exécuté que conçu ; il est traité en longues hachures et vraiment irréprochable. Il appartient toujours à Badens.
1. Goltzius a gravé ce sujet, une de ses plus belles planches. (Bartsch, n° i55.)