Bartsch, tome 111, pages
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Goltzius n'eut pas d'enfants, tout au moins pas de fils, — mais le fils de Hubert Goitzius et par conséquent le cousin, issu de germain, de l'illustre graveur.
Le nom Je Goltzius se propagea rapidement grâce à ses estampes. Non moins connu en Italie que dans les Pays-Bas, il fut proclamé, en 1614, membre de l'Académie romaine de Saint- Luc'. Lorsque Sir Dudley Carleton, l'ambassadeur d'Angleterre, arriva en Hollande en 16 16, une de ses premières lettres fit part à ses amis des craintes inspirées par l'état de santé de Goltzius-.
L'œuvre gravé de Goltzius a été décrit avec beaucoup de soin par Bartsch et dans le supplément au Peintre-Graveur que Weigel fit paraître à Leipzig en 1843. Plus récemment, M. Eugène Dutuit [Manuel de V Amateur d'estampes, Paris, A. Lévy, 1881, Ecoles flamande et hollandaise, tome I«'', page 4o5) a publié de nouveau la liste des planches du maître. Il y a, toutefois, un certain nombre d'estampes qui sont restées inconnues tant à Weigel qu'à M. Dutuit et qu'il peut être utile de mentionner.
Jésus-Christ, appuyé sur la croix et triomphant de la mort et du péché, tient captifs Adam et Eve. Le sujet principal est entouré d'une bordure où paraissent les figures allégoriques de la Charité, etc. : Absorpta est mors in Victoria. A. de Weert, Inventor, iSjj. Sans nom de graveur. Haut., 245 millim.; larg., igS millim.
Jésus-Christ assis, vu de profil, tenant sa croix. Dans le fond, la soumission divine lui amène un pécheur. Bordure ornée. Passio Chri. Planche non signée, appartenant à la suite décrite par Bartsch, n^^ 60-75. Haut., 265 millim.; larg., i85 millim.
Le Christ assis. Petit in-folio. (Cité par Nagler.)
Jésus-Christ en jardinier, chassant d'un cœur les sentiments impurs. Dans le fond, un ange lave de ses souillures un pécheur. Planche avec bordure : Ablatio malorum. Henr. Goltzius, sculp. Theod. Galle, excud. Haut., 255 millim.; larg., 190 millim.
La Croix adorée par les anges : apparebit signum filii hominis, etc. Adrian Collaert excudit. Sans nom de graveur. Haut., 285 millim.; larg., i85 millim.
Sainte Famille, avec l'adresse de Kloeting. (Cité par Nagler.)
La Vierge et les saintes Femmes sur lesquelles descend une pluie de fieurs et de fruits. Planche avec bordure : Benedicta tu in mulieribus. Signé au bas, à gauche, du monogramme de Goltzius. Haut., 268 millim.; larg., i85 millim.
Madeleine pénitente, répétition modifiée de la planche décrite par Bartsch. (Citée par Nagler.)
Educatio Liberorum. Intérieur d'une école. Planche emblématique avec bordure. Phil. Galle exe. Sans nom de graveur. Haut., 25o millim.; larg., 190 millim.
Andromède, planche plus petite que celle décrite par Bartsch. (Citée par Nagler.)
Aveugle conduit par un aveugle, i586. (Pièce ronde citée par Nagler.)
Un Buveur, in-4°. (Cité par Nagler.)
Joueur de musette, planche ronde signée et datée de i6o5.
1. Cav. A. Bertolotti, Artisti Belgi ed Olandesi a Rom.-i nei secoli XVI e XVII, page 23o. Florence,
2. \V. N. Sainshury, Original iinpublished papcrs illustrative of the Life of Sir Peter Paul Rubens, page i3. Londres, iSSg.
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Portrait de G. Bredero, le poète, eau-forte entourée d'une couronne de laurier, signée H. G. In-8°.
Marine avec un navire voguant à pleines voiles. (Citée par Nagler.) In-40.
On remarquera que plusieurs des pièces rangées sur la présente liste sont anonymes. Nous ne pouvons nous porter garant des assertions de Nagler. Pour celles des pièces que nous avons eu personnellement l'occasion de voir et qui existent toutes au Cabinet des estampes de Bruxelles, aucun doute n'est possible, attendu qu'elles appartiennent à des séries décrites par Bartsch lui-même. En outre, il existe de nombreux portraits dont il ne fut probablement tiré que quelques épreuves destinées aux amis des personnes représentées. "Weigel en a décrit plusieurs que Bartsch n'a point connus et d'autres ont été signalés à diverses reprises dans les ventes d'estampes. Il y a aussi quelques pièces fausses. Le Cabinet d'Amsterdam possède une série de têtes, découpées dans de grandes planches de Goltzius, avec l'intention de les faire passer pour des portraits inédits.
Comme peintre, Goltzius n'est représenté que par un petit nombre de tableaux dans les galeries publiques.
La liste suivante pourrait certainement être complétée :
Adam et Eve, ligures de grandeur naturelle. [Musée de Saint-Pétersbourg, n» 495.)
Le Déluge (esquisse). iSga. (Musée d'Oldenbourg, n" i3i.)
Adoration des Bergers, attribuée à Goltzius. (Musées de Stuttgart, n" 352, et de Turin, n° 33o.)
Adoration des Mages. (Vienne, palais Liechtenstein, n" iiSj; musée de Saint- Pétersbourg, n° 494.)
La Circoncision. (Musée de Saint-Pétersbourg, no493.)
Baptême du Christ, figures de grandeur naturelle. (Musée de Saint-Pétersbourg, n" 496.)
Ecce homo. (Musée Kunstlie/de, Utrecht, n« 34.)
L'Age d'or, petit tableau, iSgS. (Musée d'Arras, n» 78.)
Le'da, attribuée à Hubert Goltzius. (Musée de Valenciennes, n» gS.)
Danaé, tableau cité par van Mander'. (Vente Braamkamp, 1771.)
Tityus dévoré par le vautour, 161 3. (Musée de Harlem, n° 45.)
Jugement de Paris, attribué à Hubert Goltzius. (Musée de Valenciennes, n° 96.)
Vénus et l'Amour, figures de grandeur naturelle. (Galerie de Schleissheim.)
Mercure protecteur des arts et des sciences ; au fond, la Médisance, grande figure, 1 6 1 1 . (Musée de La Haye, n° 34 a.)
Minerve, entièrement nue; au fond, Midas. Grande figure. (Musée de La Haye, n° 34 c.)
Hercule; au fond, le Cadavre de Cacus. Grande figure, 161 3. (Musée de La Haye, n" 34 b.)
I. Feu M. A. D. de Vries, conservateur-adjoint du Cabinet d'Amsterdam, voulut bien nous apprendre que la Danaé passa du Cabinet Braamkamp au Cabinet vander Dussen et se repre'senta en vente en 1774. Notre savant confrère ignorait ce qu'elle est devenue depuis.
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Mercure remet à Junon les yeux d'Argus, i(Ji5. (Musée de Rotterdam, n" 96.)
Allégorie. Un législateur assis sur le trône reçoit les conseils de Minerve et parait n'y point prendre garde. La Vanité (?) aux côtés durci est environnée des attributs de la richesse et de la science; au fond, des hommes et des dames réunis à une table. Peinture absolument remarquable, signée et datée A." 161 i. (Musée de Bàle, n" 265.)
M. le docteur His Heusler n'a pu arriver, nous dit-il, à pénétrer le sens de cette allégorie dont il a bien voulu nous donner une description détaillée.
Un guerrier appuyé sur son casque, demi-tigure, petit tableau. Musée de Turin, n" 32 5.1
Les dessins de Goltzius abondent. Le catalogue de Bartsch nous fait connaître les nombreuses compositions que gravèrent ses élèves. Il existe, en outre, quantité de portraits magistralement traités, et dont un des plus beaux, de grandeur naturelle, et daté de 1608, est au British Museum.
La Bibîiothèciue royale de La Haye possède la Pompe funèbre du prince d'Orange, Guillaume le Taciturne, dessin à la plume rehausse de couleur, daté de 1584. Cette œuvre, qui forme une longue frise, a été reproduite en gravure par le maître lui-même. Bartsch range à tort cette suite parmi les œuvres douteuses du grand artiste.
Le musée Fodor à Amsterdam conserve les portraits dessinés au crayon rouge d'Anna Roemes Visscher, « la Sapho hollandaise «, et de sa sœur Tesselschade. Ces créations merveilleuses atteignirent la somme de 821 florins à la vente du baron Verstolk de Soelen, en 1847.
F. Müller [Beschrijvende catalogus, n" 1902) cite un portrait de la collection Muilman 1773), qualifié «la belle-mère de Goltzius : Agathe Scholiers, épouse de Jean Dartsen ». Il est vrai que ce dessin, ajoute l'auteur, reproduisait les traits de la dame gravée par Goltzius et que l'on désigne sous le nom de Catherine Dekker. (Bartsch, n° 210.)
La môme collection possédait deux portraits de Goltzius par lui-même; l'un se vendit 90 florins et l'autre i5i florins.
Le musée de Saint-Pétersbourg possède le Noli me längere, figures à mi-corps, dessin à la plume, et la Descente du Saint-Esprit sur les Apôtres.
M. vander Willigen cite les dessins suivants, particulièrement dignes d'être rappelés; ils parurent en 1778 à la vente Rutgers, à Amsterdam :
Portrait de Marguerite Jans, épouse de H. Golt:{ius.
Portrait de Sophia Goltzius (?)
Portrait de Stijntge (Augustine) van Poelenburg, belle-sœur de J. Matham.
Deux portraits de Jacques Matham, datés de i586.
Nous avons cité plus haut un autre portrait de Matham, daté de 1592.
Si nous pouvons croire à l'existence d'un nombre de tableaux très supérieur à celui précédemment cité, a fortiori doit-il en être de même pour les dessins du maître.
Le portrait de Goltzius a été plusieurs fois gravé. Jeune, il s'est représenté dans le fond de sa grande planche de la Circoncision. A une époque plus avancée de sa carrière, il nous donne la grandiose effigie (Bartsch, n» 172) que nous reproduisons.
HENRI GOLTZIUS 207
Jacques Matham et Jonas Suvderhoef ont répété cette planche dans leurs estampes. (Bartsch, n'^"^ 22 et 23; Wussin, n"J 3o.) Robert de Baudouz utilisa le portrait de Goltzius jeune, extrait de la composition religieuse citée plus haut, pour sa planche du Theatrum honoris de Hondius.
Quant au portrait gravé par G. Edelinck (Rohert-Dumesnil , n" 216), nous ne pouvons y voir qu'une œuvre de fantaisie.
HENRI CORNELISSEN VROOM, DE HARLEM
Certains parents s'imaginent ne pouvoir mieux contribuer au bonheur et à Tavenir de leurs enfants que par une sollicitude jalouse. Ils les enchaînent au logis, les abritent, comme qui dirait sous les plis de leur robe, sans se douter que, précisément, ces soins exagérés tournent au détriment de ceux qui en sont Tobjet. Il en est de cela comme de la guenon, laquelle, à ce que Ton prétend, étouflre ses petits à force de tendresse, en les pressant contre son sein.
Le contraire se voit aussi pourtant. Lorsqu'un enfant, sevré d'affection^ est de bonne heure livré à lui-même, il se préoccupe de gagner sa vie et on le voit, par la suite, arriver à Taisance et à une position honorable, par cela même qu'il a dû tirer ses propres flèches, travailler de ses mains et préparer lui-même son avenir. Tel fut le cas de Henri Vroom, peintre de Harlem, dont la mère, s'étant remariée, fut cause que le jeune homme déserta de bonne heure le foyer paternel, victime qu'il était de la dureté d'un beau-père. Il dut à cette circonstance de pouvoir suivre sa vocation pour les beaux-arts.
Vroom naquit à Harlem en i566. Son père. Corneille Henricksen, était un tailleur d'images qui s'adonnait aussi à la fabrication des faïences ou porcelaines, et comme il était habile dessinateur, il faisait de curieuses cannettes dont on ne savait comment se servir pour boire', et d'autres choses de l'espèce, extrêmement jolies par leur couleur.
Son frère, c'est-à-dire l'oncle de Vroom, Frédéric Henricksz, un excellent sculpteur, versé dans la géométrie, l'architecture et la perspective, était architecte de la ville de Dantzig'^.
Le grand-père de Vroom, Henri Vroom, était aussi un habile
1. Vases que les cérainographes appellent pots à surprise. M. vander Willigen (les Artistes de Harlem, page 354) e'inet l'opinion que Corneille Hendricksz fut l'inventeur de ce genre de poteries.
2. Il y a probablement un lien de parenté ou peut-être aussi confusion entre ce sculpteur Frédéric
Henricu^ Vroom: Hatllï^ivien^i^
PiCXOR.
VJcojvfitT^ ^tc -multutn, terres jaj tatiu- e.t alto
Dut itû-cuit vitn multci jer ervLi p^o'u-ô Nnufr-Ana, et HibuCizs ^ S covuL r ^ coi.lvau& Kutnas y 'am- oertc fu^t p^otuit vttta-er^ tVttrio Jutt
HENRI VROOM.
D'après la gravure de S. Frisius.
tailleur de pierre et sculpteur, de sorte que notre peintre est issu d'une souche essentiellement artistique.
Le beau-père de Vroom le poussait vers la peinture des faïences, dans laquelle le jeune homme se montrait déjà assez entendu. Mais, comme ses aspirations étaient plus élevées, qu'il voulait être peintre tout court, se trouvant libre, il chercha à se placer en divers endroits chez des maîtres, tirant simplement parti de la peinture sur faïence comme d'un gagne-pain, et s'amusant à peindre de petits bateaux et d'autres choses sur des carreaux de terre émaillée'.
Ayant eu, de la sorte, l'occasion de visiter quelques villes des Pays-Bas : Enckhuisen, Bruges, en Flandre, etc., il arriva enfin à Rotterdam, s'y embarqua sur un navire espagnol pour San Lucar, gagna ensuite Séville, où il se plaça chez un médiocre peintre flamand du nom de Pintemony^, ou « peintre de singes », se remit ensuite à peindre des faïences chez un Italien, et, enfin, s'embarqua de nouveau, cette fois pour Tltalie, au grand péril des corsaires turcs.
Il prit terre à Livourne, se rendit à Florence et ensuite à Rome, vécut un certain temps chez un chanoine espagnol oli il peignit, et, en même temps, fit assez bien de niches. Il passa également deux années chez le sérénissime cardinal de Médicis^, peignant d'après des estampes et autrement, s'exerçant aussi à peindre sur cuivre des compositions, des portraits et des paysages, et profitant des conseils de Paul BriP, qui venait fréquemment le voir.
Vroom s'en fut alors à Venise où il peignit des majoliques, et, après un séjour d'environ un an dans cette ville, partit pour Milan et se plaça chez un mauvais peintre néerlandais du nom de Valerius, qu'il quitta au bout d'une couple de mois, pour se rendre à Gênes. Il régnait dans cette ville une aff^reuse disette et le peintre n'y put
Hendricksz et le Gérard Heinrich (Hendricksz), originaire d'Amsterdam, mort à Dantzig en i585, au sujet duquel M. le professeur Alwin Schulz a publie' une inte'ressante notice résumée par M. Victor de Stuers dans le Nederlandsche Kunstbode, 1880, page 405.
1. Les carreaux de cette espèce abondent en Hollande et en Belgique où, jusqu'à ce jour, ils servent de revêtement aux cuisines, aux vestibules, etc.