Zeitschrift für bildende Kunst (1881), page
LES FRERES MATHIEU ET PAUL BRIL
Berlin. — Musée. (4 tableaux.)
Brunswick. — Musée. (2 tableaux.)
Dresde. — Musée. (9 tableaux, dont un daté de 1624.'!
Darmstadt. — ■ Musée, (i tableau. "1
Gotha. — Musée, (i tableau.)
Mayence. — Musée. La Tour de Babel, remarquable tableau. (Le musée de Berlin possède le même sujet.)
Munich. — Pinacothèque. (2 tableaux.)
Munich. — Ancienne résidence. (Miniatures nombreuses.)
Schleissheim. — Galerie. (2 tableaux. 1
Schwerin. — Musée. (2 tableaux.)
Bale. — Musée, [i tableau.)
Londres. — Hamptoii Court. (2 tableaux.)
Amsterdam. — Musée, (i tableau.)
Anvers. — Musée, (i tableau, attribué par Woermann à Lucas van Valckenborgh.)
Saint-Pétersbourg. — Ermitage. (2 tableaux, dont l'un daté de 1626.)
Stockholm. — ■ Musée. (3 tableaux.)
A ces œuvres figurant dans des collections publiques doivent s'ajouter les tableaux des Galeries de Lord Enfield, de Lord Normanton, du duc de Portland, du duc de Devonshire. du duc de Marlborough, etc., etc.
Cette liste est forcément très incomplète. On y verra peut-être figurer avec surprise des miniatures. Il est à remarquer, toutefois,' que l'on ne peut révoquer en doute l'originalité des œuvres de ce genre produites par notre peintre et qui sont au nombre des plus belles de la célèbre collection du palais de Munich. Du reste, par son testament, dont les principales clauses ont été publiées par M. Bertolotti, Paul Bril lègue à Gaspard de Ferraris une miniature sur parchemin, faite par lui-même ', et nous savons que le duc de Stettin possédait, en 1617, des œuvres analogues émanant de son pinceau-.
Ce testament est du 24 septembre 1626. Y sont mentionnés : la femme du tjstateur, Octavie Barra, sa fille Faustine, ses deux fils : Luca Rutilio, — auquel est léguée une somme de 200 écus pour se libérer des mains des infidèles chez lesquels il était esclave, — et Ciriaco; enfin, un neveu de Paul Bril, fils d'un frère défunt du testateur, nommé Pierre.
A en juger par les faits rapportés par M. Bertolotti, les fils de Bril étaient de fort mauvais sujets et Luc, que nous voyons prisonnier des infidèles en 1626, était en prison à Rome en 1624. Ciriaque, de son côté, avait maille à partir avec la justice pour une affaire de coups et blessures.
Mort le 7 octobre 1626, à l'âge de soixante-douze ans, Paul Bril fut inhumé dans l'église de Santa Maria dell' Anima, conformément à ses dernières volontés '^
1. Bertolotti, Artisti Bclgi cd Ol.xndcsi a Roma, page Syg. Florence, 1880.
2. Alex. Pinchart, Archives des Arts, Sciences et Lettres, tome II, page 14.
3. M. Ed. F'e'iis a consacre dans les Artistes belges à l'étranger, tome l"', page 143 (^Bruxelles, 1857), une notice étendue aux deux frères Bril.
Quelques eaux-fortes sont attribuées à Paul Bril. Exécutées d'une pointe légère et colorée, elles constituent des spécimens remarquables du genre ; il est assez difficile, toutefois, de les distinguer d'avec les travaux de Guillaume van Nieuwlandt, qui s'est appliqué avec beaucoup de bonheur à la reproduction des œuvres de son maître. Beaucoup d'autres graveurs ont pris les peintures ou les dessins de Paul Bril pour sujets de leurs estampes. Les Sadeler occupent une place importante parmi ces traducteurs.
De Balthasar Lauwers, cité par van Mander comme élève de P. Bril, nous n'avons rencontré aucune création.
Pour Guillaume van Nieuwlandt, il n'en est plus de même, tout au moins en ce qui concerne ses estampes, car les peintures du maître sont rares. (Musée de Copenhague, avec la date de 1609; Anvers, 161 i ; Belvédère de Vienne, 1612.) Ce sont des vues de Rome conçues dans l'esprit des œuvres de Paul Bril.
Les estampes de Guillaume van Nieuwlandt offrent un très grand charme à qui s'intéresse aux aspects de Rome au temps même où y travaillait le peintre. Tout y est rendu avec une extrême fidélité. On remarque, notamment, une vue de l'église de la Trinité des Monts avec une partie du Pincio, et surtout une grande estampe en trois feuilles, du Tibre et de l'ile Tiberine, où le peintre est vu dessinant dans une barque.
Cette planche fut publiée à Anvers, bien que Nagler assure qu'elle vit le jour en 1 600. On y lit des vers assez curieux dont voici un spécimen :
Voyci le pont Romain et toutes ses structures Le Tybre traversant par ses six curvatures Qu'on jadis Palatin, ou du Sénat nommoit, Et maintenant le nom de Sant' Maria reçoit...
Jean Meyssens, dans son précieux recueil, Images de divers hommes d'esprit sublime (Anvers, 1649), donne sous le portrait de Nieuwlandt cette biographie sommaire du peintre : « Guillaume de Nieulandt, natif d'Anvers, l'an 1584, peintre renommé partout, il faisoit des ruines de Rome parfaitement bien et adornées de petites figures et paysages, il illuminoit et faisoit des merveilles en eau-forte. Il fut entre les meilleurs poètes de son temps. Ayant appris son art chez Jacques Savery, à Amstelredam, l'an 099, et il est allé à Rome où il demeuroit trois ans auprès de Paul Bril et retournant de Rome l'an 1607, il est entré dedans la confrérie des peintres à Anvers, et ayant demeuré longtemps en ladicte ville, il retournoit à Amstelredam où il mourut l'an i635. »
M. F. J. vanden Branden a étudié Guillaume van Nieuwlandt comme peintre et auteur dramatique dans une étude des plus remarquables et à laquelle -nous avons emprunté quelques notes '.
G. van Nieuwlandt n'a pas exécuté que le paysage. Nous avons de lui uneestampeoù sont réunis, dans des médaillons, saint Ignace de Loyola, saint François Xavier, sainte Thérèse, sainf Philippe de Neri et saint Isidore Agricola, tous canonisés le 12 mars 1622. L'estampe est donc postérieure à cette date que, du reste, elle mentionne.
r. Willem van Niemvelandt, Schilder en Dichter. Gand, iSyS.
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La tille de Guillaume van Nieuwlandt épousa le peintre Adrien van Utrecht. Ce mariage fut célébré à Anvers, où l'époux travaillait encore en 1628 '.
Le fameux peintre Adrien van Nieuwlandt était un frère cadet de Guillaume, lequel, du reste, eut un tils nommé également Adrien, né en 1607, à Anvers. Meyssens, qui publia son portrait du vivant même d'Adrien, assure qu'il était âgé, en 1649, '^^ ^^'^" quante-neuf ans, et qu'il avait été en apprentissage chez François Badens, à Amsterdam, en 1607, après avoir travaillé chez Pierre Isaacsz, dans la même ville. Les créations d'Adrien van Nieuwlandt portent des dates assez reculées. Un tableau du musée de Copenhague est daté de i655-.
Comme autres élèves de Paul Bril, le catalogue du musée d'Amsterdam désigne C. Vroom, tils de Henri Vroom, et Spierings, sans doute le tils du célèbre fabricant de tapisseries de Delft. Toutefois, nous trouvons dans le livre de M. Bertolotti la mention d'un Charles-Philippe Spieringh, de Bruxelles, décédé à Rome en 1639, et qui, par conséquent, pouvait très bien être l'élève de Paul Bril.
I. Vanden Branden, loc. cit., page ii3. ■^. Vanden Branden, loc. cit., page 109.