‹ Le livre des peintres de Carel van Mander (volume 2)Chapitre 164 sur 213 · Annales du Cercle archéologique de Mons · texte numérisé non relu

Annales du Cercle archéologique de Mons

3oo LE LIVRE DES PEINTRES

maîtres tels que Martin Fréminet, un Français, originaire de Paris', récemment entré au service du roi ^ et qui, en présence de son souverain, aurait exécuté, sans dessin préalable, un pied, une main, une tète, jetés comme au hasard sur une toile, le tout devenant, à la fin, une figure entière, au grand ébahissement du roi.

Du Breuil. — Il y a peu d^années il y avait encore à Paris un artiste, qui précéda Fréminet au service du roi, et se nommait Du Breuil, Parisien^. C'était le fils d'un sellier et il était fort habile et intelligent, surtout pour le dessin et le nu, car il avait longtemps étudié Fanatomie chez un barbier. Il recourait souvent aux Flamands pour peindre ses œuvres et les renforçait alors d'ombres vigoureuses, se servant parfois de noir pur.

11 excellait à jouer du luth, à jouter de la lance, et était passionné pour réquitation.

11 est mort jeune et presque subitement, après avoir fourni une course rapide pour venir de Saint-Denis recevoir quelques convives qu'il avait invités. Une ancienne lésion interne se serait, dit-on, rouverte en route ''.

Ce maître figure ici au nombre des vivants, ayant été omis plus haut. Il fut le contemporain de Fréminet et ils ont étudié ensemble à Paris chez un barbouilleur^.

BoLLERY. — Il y a encore un certain Bollery ^\ qui fait de beaux effets de nuit, des mascarades et autres fêtes semblables, ainsi que des

1 . Né à Paris le 23 septembre iSGy, mort dans la même ville le iS juin 1619. Il s'appelait, en réalité, Freminel. (Voyez A. Jal, Dictionnaire critique de biographie et d'histoire, page 616. Paris, 1872.)

2. Henri IV. Ce ne fut toutefois qu'en lôoq, dit M. Jal, que Fréminet fut d'abord porté sur les états de la maison royale.

3. Toussaint Du Breuil. Il était né vers i5t]o. (Jal, loc. cit., page 280.)

4. Le 22 novembre i()02. « Ce jour, Dubrevil, peintre de Sa Majesté, singulier en son art, et qui avoit faict et devisé tous ces beaux tableaux de St Germain, revenant dud. Sainct Germain à Paris, sur ung cheual qui estoit restif et alloit fort dur, fust à son retour surprins d'ung renuersement de boyaux que les médecins appellent miserere, qui en moings de vingt quatre heures l'envoya en l'aultre inonde. » Journal de Lestoile, 22 noNembre i(lo2. Jal, Dictionnaire, page 280.

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