Il est à observer que le père de Fréminet était peintre
6. Nicolas Bollery, né à Paris en i5')3 ('), mort dans la même ville en octobre iG3o. (Jal, page 244.) i)"après F'élibien, Jérôme Baullery (le père de Nicolas) travailla au Louvre.
FRANÇOIS STELLAERT. — MARTIN FRÉMINET 3oi
troupeaux à la manière du Bassano. Il se comporte en grand seigneur et se promène à cheval suivi d'un laquais.
François Stellaert. — A Lyon demeure un excellent paysagiste et dessinateur, non moins habile peintre de figures que de compositions et de portraits, un Flamand du nom de François Stellaert dont j'ignore le lieu et la date de naissance'.
COMMENTAIRE
Martin Fréminet. — Si nous ouvrons le livre de Félibien : Entretiens sur la vie et les ouvrages des excellents peintres anciens et modernes, publié à Paris en 1648, c'està-dire bien peu de temps après la mort du peintre, nous y lisons cette observation de « Pymandre » : « Vous serez obligé de m'avouer qu'il n'y a guère eu de peintres dont la réputation ait si peu duré que celle de Fréminet, car je n'entends point parler de luy, je ne voy aucun de ses ouvrages dans les cabinets ; et si j'ose vous parler librement, je vous dirai qu'ayant considéré plusieurs fois la chapelle de Fontainebleau, je n'ai rien trouvé qui m'ait pu plaire, quoique je tâchasse de me conformer en quelque sorte au jugement de ceux qui en faisoient estât, à cause peut-estre que l'ouvrage n'estant faict que pour les sçavans, j'ai trop peu de connoissance pour en découvrir les beautés-. »
Dans sa réponse, Félibien ne fait aucune difficulté de convenir des défauts de Fréminet.
Le Louvre possède un tableau de ce maître : Mercure ordonne à Enée d'abandonner Didon; au musée de Tours, on voit un Jugement dernier, que M. Clément de Ris jugeait des plus médiocres ; au musée d'Orléans se trouve une figure de Saint Jean VEvangéliste ; enfin, la chapelle de Fontainebleau conserve le seul des grands ouvrages de Fréminet qui ait survécu, mais qui n'a guère suffi à sauver son nom d'un oubli total.
« Ce magnifique ouvrage, qui subsiste encore et que la gravure, au grand regret des artistes et des amateurs, n'a jamais reproduit, mérita à son auteur le cordon de Saint-Michel », dit M. Robert-Dumesnil ■'.
Fréminet obtint successivement la faveur cfHi-'ni'i IV et de Louis XIII, et le titre de
1. Il s'agit nécessairement ici de François Stella, que F'élibien dit uriginaire de Malines et qui, d'après cet auteur, mourut à Lyon en ifjo5, âgé de quarante-deux ans. 11 serait donc né en i5'").i. M. E. Neefs, l'auteur d'une très consciencieuse Histoire de la peinture et de la sculpture à Malines, n'a rien trouvé, absolument, qui ait trait aux Stellaert ou vander Sterre. D'autre part, nos recherches dans les archives de la gilde artistique d'Anvers ont été également infructueuses.
2. Voyez sur Martin Fréminet la notice de M. Charles Blanc dans l'Histoire des Peintres {Ecole française, Paris, 1873), avec une gravure de la Chute des Anges, à Fontainebleau.
3. Le Peintre-Graveur français, tome VIII, page 170. Paris, i85o.
3o2 LE LIVRE DES PEINTRES
premier peintre du Roi. Il mourut en 1619. Son buste, par Francheville, est au Louvre.
Marié deux fois, Martin Fréminet épousa en premières noces Françoise de Hoey, la petite nièce de .lean de Hoey (Doué , dont il a été question dans la biographie de Lucas de Leyde.
Les auteurs ne sont pas unanimes à croire que Fréminet visita Tltalie ; Félibien est très formel dans l'affirmative; d'autres, Tabbé de Marolles, par exemple, assurent que le peintre se forma exclusivement en France. M. Jal, dans son précieux Dictionnaire, discute ces deux opinions et juge comme très probable le séjour en Italie, en quelque sorte prouvé par la publication, à Rome, de quelques estampes d'après le maître, et d'une eau-forte de lui-même. ^Robert-Dumesnil, n" 1 : la Vierge et V Enfant Jésus.)
Toussaint Du Breuil. — M. Ludovic Lalanne, dans Y Inventaire des tableaux et autres curiosités qui se trouvaient au Louvre en i6o3 ^ reproduit un passage intéressant de Sauvai, où il est dit : « La Gallerie des rois est la mieux peinte et la plus accomplie de Paris. Bunel et Dubrueil, tous deux excellents maîtres, lui ont donné tous les ornements qui la font admirer. Chacun en a peint la moitié. Dubrueil a peint la partie la plus proche de l'appartement du roi, Bunel l'autre où Porbus a fait le portrait de Marie de Médicis; ils ont tous réussi et se sont surpassés eux-mêmes. » Ces peintures ont péri dans l'incendie du 6 février 1661.
Du Breuil travailla aussi aux châteaux de Fontainebleau et de Saint-Germain ; il restaura dans la première de ces résidences royales la Galerie d'Ulysse de Niccolo deir Abbate-, et exécuta pour la Galerie des Cerfs treize plans à vol d'oiseau des maisons royales ■'. Il portait le titre de peintre et de valet de chambre du Roi. Le style du maître permet de le ranger à la suite de l'école dite « de Fontainebleau ». Il existe des estampes gravées d'après lui par Pierre Fatoure '.
Quant aux Flamands qui furent les associés du maître dans ses grands travaux, leur nom n'est pas mentionné, mais il est permis de les chercher parmi ces maîtres que désigne van Mander comme ayant trouvé à s'employer aux travaux décoratifs des palais royaux de France : Jean de Maeyer, Ambroise Francken, etc.
Du Breuil fut chargé de fournir les dessins de plusieurs tentures à la fabrique ancienne des Gobelins. Une série de huit pièces représentant la Fable de Diane, contenant 43 aunes, sur 3 aunes 3/4 de haut, entourée d'une bordure de festons, de Heurs et fruits, rinceaux et cartouches, était tissée de laine, de soie et d'or. Elle fut détruite par ordre du Directoire, avec d'autres œuvres analogues, en vue d'en tirer l'or, le 26 prairial an V ■'.
1. Archives de l'Art français, tomu III, page 49. Paris, i853-i855.
2. Les Peintres de Fontainebleau, par Albert de la Fizelière. {Ga:;ette des Beaux-Arts, tome 111, page 201. 1859.)
3. Voyage d'Évelyn à Paris en / 644, publié par la Société des bibliophiles français, page 245, note 2. Paris, 1873.
4. Ces pièces, au nombre de quatre (d'après Heineken), sont datées de liJoQ à 1619. (Voyez aussi Robert-Dumesnil, le Peintre-Graveur français, tome VI, page H^O