Chronique des Arts, page 332. Paris, i
NICOLAS BOLLERY. — JACQUES BUNEL 3o3
Nicolas Bollery ou Bauleuy. — Nous n'avons aucun renseignement sur ses peintures. On connaît des planches de Jean Leclerc d'après lui '.
François Stella, que van Mander qualifie de paysagiste et peintre de figures, était, selon l'acception commune, originaire de Malines. Félihien consacre à la famille des Stella plusieurs pages de renseignements qu'il n'a certainement pu rassembler par oui-dire, et que probablement il tenait de Jacques, le tils même de François, mort en 1657. Voici donc, à défaut d'aucun renseignement authentique, le passage de Félibien concernant le maître cité par van Mander :
« Les ancêtres de Jacques estoient Flamans. Son grand-père, nommé Jean, estoit peintre, et faisoit sa demeure à Malines. S'estant retiré sur la tin de ses jours à Anvers, il y mourut âgé de soixante-seize ans. Il laissa deux filles et un tils nommé François, qui fut aussi peintre. François estant allé à Rome y demeura quelque temps et ensuite vint en France. S'estant arrêté à Lyon, il s'y établit et prit pour femme la tille d'un notaire de la Bresse, avec laquelle il ne vescut pas longtemps, car il mourut âgé de quarante-deux ans l'an i6o5. »
Nous avons dit qu'à Anvers pas plus qu'à Malines, les Stellaert ne tigurent dans la liste des peintres.
Une sanguine de Demarteau porte le nom de Stellaert. Ce n'est toutefois qu'une reproduction du Christ au tombeau de Michel-Ange de Caravage, aujourd'hui à la Pinacothèque du Vatican. Les musées de Lyon et de Toulouse conservent des peintures de Franç(jis Stella.
BuNEL. — 11 y a encore à Paris un bon maître qui travaille à la cour et habite le faubours: Saint-Germain. 11 a une belle manière de peindre et tire bon parti de ses couleurs. Son nom est Bunel- et il se comporte avec dignité.
On vante sa femme comme étant supérieure à lui-même et à d'autres bons maîtres dans la peinture-'.
COMMENTAIRE
Jacob Bunel fut, pour les travaux de la petite Galerie du Louvre, première Galerie d'Apollon, le collaborateur de Du Breuil; à la mort de celui-ci, il acheva les peintures
1. Comme le Roy alla incontinent à l'église Xostre-Damc rendre grâces solennelles à Dieu. — Sortie des Espagnols de Pans. Charles Le Blanc, n"* lo et 1 1.
2. Jacques Bunel, né à Tours en i558 (?), mort k Paris au mois d'octobre i'Ji4. Il peignit beaucoup pour le roi, au Louvre et ailleurs. (Jal, page 296.)
3. Elle s'appelait Marguerite Bahuche, était ne'e à Tours et peignait le portrait. Après la mort de
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commencées. La femme de Bunel, Marguerite Bahuche, fut chargée d'une partie des portraits qui, d'après les plans de Du Breuil, faisaient corps avec la décoration '.
Bunel lit de nombreux voyages en vue de ces portraits. <c II peignit d'après le naturel ceux des personnes qui vivoient de son temps. Pour déterrer les aultres, il voyagea par tout le royaume, et prit les stucs des cabinets, des vitres, des chapelles et des églises où ils avoient été peints de leur vivant-. >> Ces travaux périrent, on l'a vu plus haut, en 1661.
Félihien cite encore de Bunel un grand tableau de la Descente du Saint-Esprit, à l'église des Grands-Augustins, et une Assomption de la Vierge, aux Feuillants, rue Saint-Honoré. Pourtant Bunel, de même que sa femme, était calviniste'' et fut enterré comme tel.
Après la mort de son mari (1614 , Marguerite Bahuche, « en considérationdeslongs et fidèles services que feu Jacob Bunel vivant l'un des peintres ordinaires ayant la charge des peintures des Galleries du Louvre et des Thuilleries a cy devant rendus », obtint sa demeure sa vie durant au Louvre, à charge d'y accommoder son neveu Robert Picou, également peintre. Il leur était, en outre, accordé conjointement le traitement de douze cents livres dont avait joui Bunel ''.
Thomas de Leu a gravé d'après Jacques Bunel un certain nombre de portraits.
Gaspard Heuvick. ■ — ■ Il y a bien loin en Italie, à Bari, dans la Fouille, chez Tévêque, je crois, un très bon maître dans toutes les branches de la peinture et qui a bien réussi en cet endroit écarté, tant comme artiste que comme marchand de grains, à Tépoque de la disette dont Tltalie a eu naguère à souffrir. Je Tai connu à Rome ; il est originaire d'Audenarde, en Flandre, et s'appelle Gaspard Heuvick^.
Il a vécu un certain temps chez Costa, le peintre de feu le duc de
son mari, elle convola en secondes noces avec Paul Galland, receveur de la province de Touraine, et le pre'ce'da dans la tombe. M. Jal (page 29?) affirme qu'elle niourut avant le (j octobre lùZi.
I. Voir à ce sujet les Archives de l'Art français, tome III, page 34.
■2. Sauvai, apiid Lalanne, loc. cit.