PEINTRE EMINENT DE GORCUM
Le sort favorable a prescrit et disposé que la prévoyante Nature ferait choix d'Abraham Bloemaert pour venir, au printemps de la vie, parer de fleurs la peinture, cette fleur des arts ', et faire retentir de sa renommée la ville de Gorcum, où il vint au monde en i56j~, vers la Noël.
Son père, Corneille Bloemaert, était un habile sculpteur, architecte et ingénieur, né à Dordrecht ^, d'où il se vit contraint de s'expatrier par suite du refus de prêter certain serment ^. Pour échapper aux troubles imminents, il se rendit à Gorcum, non sans avoir eu en route de fâcheuses aventures. De Gorcum, le père Bloemaert s'en vint alors à Bois-le-Duc avec sa famille et passa ensuite à Utrecht^.
Ce fut chez son père que Bloemaert s'e.xerça d'abord à dessiner, prenant pour modèles des dessins de, Frans Floris ou des reproductions de ses œuvres. Son père l'envoya alors chez un barbouilleur du nom de Gérard Splinter^, pour qu'il apprît le maniement des couleurs, et, bientôt après, Bloemaert fut mis à peindre des drôleries pour un maître d'armes, son maître assurant qu'il en savait plus long que lui.
1. Jeu de mots sur le nom du peintre, Bloemaert étant presque synonyme de « parterre de fleurs ».
2. Il résulte de la déclaration même du maître qu'il avait vingt-sept ans en 1592, que, par conséquent, il avait vu le jour en i565. (Voir Kramm, De Levens en Werken der HoUandsche en Vlaamsche KimstschilderSj etc., page loi.)