AUX DEUX VOLUMES DU « LIVRE DES PEINTRES
Aertsen (Pierre). — Le musée du Belvédère, à Vienne, a récemment exposé une œuvre de Pierre Aertsen, retirée du dépôt. Elle est datée de i5 5o et représente une Fête villageoise de vingt et une figures. (Catalogue de 1884 : Ecoles néerlandaises, no 653.)
Nous avons mentionné, tome \", page 36 1, une petite estampe d'un Homme corpulent^ pouvant être attribuée à Pierre Aertsen.
Une pièce identique, mais en contre-partie, est signalée par M. J. Ph. vander Kellen, comme existant au Cabinet des estampes de Berlin dans l'œuvre de W. Buytewech, attribution d'ailleurs contestée par le savant iconophile hollandais. Dans l'épreuve de Bruxelles, le vieillard est tourné vers la droite. (Voyez le Peintre-Graveur hollandais et flamand, par J. Ph. vander Kellen, tome I", page i23.)
Aldegrever (Henri). — Ce maître a fait, comme peintre, l'objet d'une importante étude de M. Memminger dans le Repertorium für Kunstwissenschaft, tome VII, page 267 (1884). L'auteur de ce travail révèle l'existence, dans la Wiesenkirche, à Soest, d'une Adoration des Mages qu'il serait peut-être permis d'identifier avec la Nativité dont parle van Mander. (Voyez tome P^^ page 249.) L'œuvre est signée d'un monogramme H. T. Il résulte, en effet, des recherches de M. Memminger que le nom vrai d'Aldegrever était Trippenmeker, « le sabotier », et que le monogramme bien connu d'Aldegrever, en réalité celui d'Albert Dürer, avec la substitution du G au D, ne fut adopté par l'artiste qu'après la mort de son glorieux précurseur nurembergeois.
UAdoration des Mages, où Aldegrever a introduit son portrait, porte pour marque distinctive, indépendamment du monogramme H. T., un sabot.
Une lettre adressée, en i56i, par la municipalité de Soest à celle de Strasbourg, fait connaître qu'à cette époque Aldegrever avait cessé de vivre.
Antonello de Messine. — La Galerie Nationale de Londres est entrée en possession, en 1884, d'un Crucifiement, composition pareille, dans ses grandes lignes, à celle du musée d'Anvers, moins les larrons, toutefois. L'œuvre est datée de 1477, et conséquemment postérieure de deux années au tableau d'Anvers.
Beuckelaer (Joachim). — Le tableau des Quatre Évangélistes, cité par van Mander
comme appartenant à Hans Verlaen, à Harlem, a été, dans ces derniers temps, retrouvé parmi les anonymes de la Galerie de Dresde, n" 119 du catalogue de 1880. M. Max Lehrs, conservateur du Cabinet royal d'estampes à Dresde, y a relevé le monogramme de Beuckelaer. Cette composition, dont les personnages sont de grandeur naturelle, est reproduite en gravure dans YHistoire de la Peinture de M. Woermann, tome III, page 65, Leipzig, 1884.
Blés (Henri de). — M. Bode signale une œuvre importante du maître, la Décollation de saint Jean-Baptiste^ ïinsant pavÛQ delà coXlecûon Ha.mdiUcr, à Berlin. Cette peinture provient de la Galerie Pourtalès, où elle était attribuée à Albert Dürer. On en trouve une bonne eau-forte de M. W. Rohr dans le Jahrbuch der K. Preussischen Kunstsammlungen^ tome IV, page i32, Berlin, i883.
Bouts (Thierry;. — • Dans Y Annuaire des Musées Royaux prussiens, tome V, page i58, 1884, M. C. Justi révèle l'existence, dans la cathédrale de Grenade, des fragments d'un retable de Pierre Bouts.
Breughel (Pierre). — Van Mander cite, parmi les tableaux du maître (tome 1*"", page 3o3), une Folle Marguerite, en train de recruter pour les Enfers, en ajoutant : « Je crois que ce tableau se trouve au palais de l'Empereur. »
Le récent catalogue du musée du Belvédère, tome II, 1884, mentionne, sous le n° "53, une œuvre nouvellement exposée sous le nom de Pierre Breughel le Jeune, et qui n'est autre que la création désignée par van Mander. C'est, en réalité, une Tentation de saint Antoine, où une femme monstrueuse offre à boire au pieux anachorète, tandis que dans le ciel, une sorcière nue, montée sur un poisson ailé, engage à coups de balai un combat contre des guerriers fantastiques abrités derrière un gigantesque entonnoir. Ce tableau provient de l'ancienne Galerie de l'empereur Rodolphe.
CoRNELisz d'Oostsanen (Jacob). — (Tome I^'', page 108.) Nous avons , 'omis de dire, en parlant de ce maître, que la première identification de son monogramme appartient à M. le docteur W. Schmidt. (Jahrbücher für Kunt)jnssenscha/t, de A. von Zahn, tome V, page 48, Leipzig, 1873.)
M. A. Bredius [Academy, 29 décembre i883, page 439^ ajoute à l'œuvre de Jacob Cornelisz une Adoration des Mages, de la Collection Ycaman, exposée à Edimbourg, en i883.
Hemessen (Jean van). — Guichardin, comme on l'a vu itome L"'", page j-j^ comprend ce maître parmi les artistes décédés. Sur un tableau de la Femme adultère, offert en vente au musée de Bruxelles en octobre 1884, nous avons relevé l'inscription JoAiNNES De Hemessen me fecit 1575.
HoEFNAGEL (Gcorges). — L'estampe des Trois Parques, due à la collaboration de Georges Hoefnagel, de Jean van Achen et de Gilles Sadeler, et mentionnée au tome II, page 81, porte pour inscription Invent'" Hoefnaglii et non Inven. Ni Hoefnagel.