‹ Le livre des peintres de Carel van Mander (volume 2)Chapitre 24 sur 213 · Ibid., page · texte numérisé non relu

Ibid., page

mille ducats, somme énorme alors, ptjur obtenir la copie de ï Agneau inj-stique de van Evck ', et lui demande les dessins des victoires de l'empereur -.

A Bruxelles, Coxcie peint pour la ville un Jugement dernier (i552 , et touche une pension municipale pour les cartons qu'il livre aux fabricants tapissiers^; il v dessine des verrières pour l'église de Sainte-Gudule et en t'ait de même à Gand, pour l'église Ue Saint-Bavon. A Anvers, la municipalité, songeant à décorer son hôtel de ville , à peine rééditié après la furie espagnole, lui confie, comme au plus digne, l'étrange mission d'équarrir le panneau, jusqu'alors cintré, de V Ensevelissement du Christ , le chef-d"(L'avre de Quentin Metsvs, sauvé des mains des menuisiers". Le magistrat, processionnellement, comme pour un prince, va au-devant du peintre lorsqu'il arrive à Anvers, en i582, pour y traiter de l'exécution d'un tableau pour le palais municipal, tableau qui se pave 700 florins"'.

Ainsi donc, partout la présence des oeuvres de l'artiste témoigne de l'admiration que son talent inspire à ses contemporains. A Malines, où il habite un véritable palais'", resté, de nos jours même, une demeure patricienne, les peintres eux-mêmes lui donnent pour mission de compléter par des volets le chef-d'œuvre de Mabuse, créé par ce grand peintre pour l'autel de leur saint patron.

On a vu, par la biographie de Pierre Aertsen tome L', page 355 , que la fabrique de l'Eglise Neuve d'Amsterdam songea à confier à Coxcie l'exécution d'une Nativité , commande que le maître refusa d'accepter lorsqu'il connut la Mort de la Vierge de son confrère.

Coxcie eut le bonheur de jouir jusqu'à sa mort de cette position privilégiée, tout en voyant l'aîné de ses tils, Raphaël, comblé lui-même d'honneurs. En i588, la ville de Gand confiait à ce dernier l'exécution du grand tableau du Jugement dernier^ aujourd'hui placé au musée de la ville', et, en i5f)6, après la mort de son père, Raphaël fut chargé de faire les portraits de Philippe II, d'Elisabeth de France et d'Anne-Marie

I. Cette copie, aclieve'c en i55i), ne Fut jamais transporte'e en Espagne. Ses frat;ments sont aujourd'iiui partage's entre Gand, lîerlin et Munich. Mais c'est évidemment à tort que l'on de-sii^ne comme proce-dant également de Coxcie une autre reproduction qui Tut à l'hôtel de ville de Gand jusqu'en iSoO, et qui était exécutée sur toile, à ce que nous apprend une lettre de M. Goesin ^'erhaege, adressée en 1814 à M. le comte de Lens, maire de la ville de Gand. Le retable, mis en vente publique, fut adjugé à M. Hissette, serrurier gantois. (Renseignement dû à l'obligeance de M. l'avocat Du Bois, conseiller communal à Gand., C'est le même tableau qui passa plus tard en Angleterre et figura à l'Exposition de Manchester en 1857 comme appartenant à .M. Lemmé. (W. Bürger, Trésors d'art eu Angleterre, page i5i, et Rapport annuel de l'Académie royale des Beaux-Arts à Anvers, iSiji'i, par M. Kempeneers, administrateur.) Il est aujourd'hui au musée d'Anvers.

•2. Alph. Wauters, les Tapisseries bruxelloises, page yS. Bruxelles, 1878.

3. Ibid., page 129. Le successeur de Coxcie fut le célèbre peintre Pierre de Kempeneer (Pedro Campana).

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