Ce tableau n'a pas été' gravé
3. Naijier cite ce tableau sans indiijuer s'il existe encnre.
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tableau où Ton vôit une percée de nuages extrêmement bien faite'.
Ensuite, sur un petit cuivre, il représenta Rome, sous les traits d'une femme assise, ayant près d'elle le Tibre, la louve et ses nourrissons, la première de ses œuvres qui fût présentée au nouvel empereur-. 11 fit, également, une figure de la Vierge entourée de quelques personnages, d'un excellent coloris".
Six mois après l'élection de l'empereur, comme le temps était venu pour le souverain de faire sa joyeuse entrée dans sa capitale, Sprangher fut chargé par la municipalité d'ériger sur la Bauermarkt un grand arc de triomphe. Jean Mont, qui était bon architecte, composa l'ensemble. Il modela des figures hautes de huit à neuf pieds, qu'il bourra de foin et couvrit de terre glaise.
De chaque côté, étaient les images des empereurs Maximilien et Rodolphe, représentés au naturel, et d'autres figures, notamment un Neptune, représenté nu, dans une très belle pose; excellente création.
A la partie supérieure de l'arc, au-dessus d'une ouverture circulaire, le sculpteur fit un Pégase, car les musiciens devaient jouer là pour le passage de l'empereur. Ce cheval était deux fois grand comme nature et placé à une très grande élévation. Toutes ces figures de terre étaient peintes à l'huile et semblaient être de marbre blanc.
La peinture était l'œuvre de Sprangher. 11 représenta, comme de cuivre jaune, les figures allégoriques des Vertus : la Justice, la Sagesse, etc., interprétées à la moderne et à l'antique, le tout très intelligemment conçu et non moins bien exécuté. Il y avait, en outre, des génies, plus grands que nature et très bien peints également.
C'était un gigantesque ensemble, plus élevé que les plus hautes maisons de la place, car les magistrats de Vienne tenaient à faire une œ-uvre grandiose et, chose à noter, le tout fut parachevé en vingt-huit jours, bien que la pluie eût beaucoup contrarié les travaux. Je m'en
I. Galerie tic llaniplun (^mrt Palace, w" jß\ '': ; C"cst une peinture sur cui\rc, uvale.
•1. Grave par .1. Mathani ; également par Raphaël Cjuidi.
ji. 11 }• a Luie Sainte Famille de Spranger, avec Jeux anges taisant de la musique, ati musée de l'Académie des Beaux-Arts à N'ienne. N" 45.1 Gravure par !.. Kilian. Une autre Sainte Famille, avec trois anges, est au musée tle Ma\ence. 1 N" 5ü. ,
souviens parfaitement, car Sprangher me fit venir de Krems', où je travaillais alors à une fresque du cimetière.
Comme le nouveau souverain n'était pas d'abord très porté pour les arts, et, tandis que les deux artistes et amis ne savaient ce que Ton attendait d'eux, Tempereur partit pour Linz, en donnant Tordre que l'un d'eux suivît la cour et que l'autre demeurât à Vienne attendre son bon plaisir.
Jean Mont suivit et Sprangher resta à Vienne.
Enfin, la cour vint à Prague, où Jean Mont, après quelques mois, voyant qu'on le menait par le nez comme les buffles, sans que l'on prît aucune résolution à son sujet, perdit patience et, sans prévenir personne, s'en fut pour ne plus revenir.
Aux dernières nouvelles que l'on eut de lui, il était en Turquie et avait embrassé l'islamisme ; une bien grande perte pour l'art, à cause de l'éminent génie et de la grande manière dont il fit preuve dans ses œuvres, qui suffisent à démontrer qu'il ne l'eût cédé à aucun statuaire ancien ni moderne, si l'occasion lui avait été fournie de se produire dans des travaux importants.
J'avais été lié avec lui dès sa jeunesse, il était bon, serviable, ennemi de toute rudesse, mais peu endurant. Ceux qui veulent être courtisans doivent, au contraire, être doués d'une patience d'acier. Sprangher, qui était resté à Vienne, eut l'occasion de le constater et s'en affligea fort. A son tour, il quitta le service de l'empereur et accepta les commandes des particuliers, ce qu'il n'avait point voulu faire jusque-là, se proposant d'aller ensuite chercher fortune ailleurs.
Sur ces entrefaites, vint à Vienne le grand chambellan de l'empereur, le seigneur Rouff", qui, ayant su les intentions de Sprangher, le fit mander et le pria, au nom de son maître, de n'y point donner suite, mais d'attendre que l'empereur lui donnât ordre de se rendre à Prague, ce qui arriva effectivement.
A Prague, après quelques mois d'attente, Sprangher rentra au ser-
1. \'illc autrichienne sur la rivu gauche du Danube et au confluent de la Krems.
2. Wolfgang Rümpft', baron de Wielros et Weittrach, à qui le maître dédia ses Noces de Psyché, planche gravée par H. Goltzius. (Bartsch, n" 277.)
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vice de Tempereur avec une pension considérable. Se voyant ainsi fixé, il songea à prendre femme et à tenir maison, car, à peine arrivé à Prague, il avait eu le temps de devenir l'humble esclave d'une vertueuse fille de quatorze ans, dont la mère était originaire des Pays- Bas, et dont le père était un riche négociant ou joaillier allemand'.
Sprangher eut le bonheur de voir ses sentiments partagés par la jeune fille. Le père ayant été mandé auprès du grand chambellan par ordre de l'empereur, sa fille lui fut demandée en mariage pour Sprangher, et lui, sachant l'inclination de sa fille, donna le consentement voulu, à la condition, toutefois, que, vu l'extrême jeunesse de son enfant, on différerait la noce de deux années.
Les choses furent ainsi réglées, mais Sprangher sut si bien se faire venir des parents, qu'au bout de dix mois ils lui donnaient leur fille, et que la noce se faisait tandis que l'empereur était à Vienne.
Le premier grand travail exécuté à Prague par notre artiste fut la décoration de la façade de sa maison, qu'il peignit comme en bronze.
En haut apparaissent des génies grands comme nature; à droite, ils peignent et dessinent; à gauche, ils sculptent et mesurent. Au milieu, un Mercure ailé, de grandeur naturelle.
Plus bas, il y a des lunettes et une figure de la Renommée; audessous, Rome, une femme debout sur une sphère, portée par un aigle, lequel descend jusqu'à la frise.
Cette frise est décorée de captifs et de trophées d'armes et terminée à ses extrémités par des figures hautes de huit pieds , dont Tune représente la Justice et l'autre Hercule. Au milieu, sur la frise, un génie, plus grand que nature, élevant un cartel.
Tout cet ensemble est grandiose, les figures ont un puissant relief et sont remarquablement posées.
On voit encore de Sprangher, dans la ville neuve de Prague, à Saint-Egide, une épitaphe, figures grandes comme nature, le Christ
I. Elle s'appelait Christine Müller. Spranger peignit son portrait, qui est au Belve'dère de Vienne; il est e'galement grave' par E. Sadeler dans une admirable planche où Spranger est repre'senté dans un encadrement de figures allégoriques ayant trait à la mort de sa jeune femme. Vuy. page ii3.
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triomphant de la Mort et du Démon, avec des anges des deux côtés. C'est un travail de mérite'.
A réglise Saint-Thomas, il y avait aussi un Saint Sébastien, avec des figures d'archers hautes de trois à quatre pieds, à Tavant-plan. Ce Saint Sébastien ne resta dans Téglise que trois ou quatre ans; Tempereur l'offrit au duc de Bavière^, et Sprangher fit une nouvelle toile du même sujet. Les deux peintures étaient remarquables par le mouvement.
Sprangher exécuta ensuite une figure de la Justice entourée de plusieurs génies et en fit don à l'hôtel de ville.
Pour réglise des Pères Jésuites, il fit un tableau d'autel : V Assomption de la Vierge, avec des figures hautes de sept pieds, les douze apôtres et des anges; une excellente peinture.
Dans la vieille ville, au couvent de Saint-Jacques", il y a de Sprangher un Saint Jacques et un Saint Erasme en costume d'évêque, figures de grandeur naturelle; dans le fond, on assiste au martyre de saint Érasme dont les intestins sont enroulés sur un treuil. C'est encore une très belle œuvre.
A Saint-iMathias, petite église non loin de Saint-Jean, existe l'épitaphe du père de la femme de Sprangher, exécutée après la mort du personnage. C'est une Résurrection du Christ, avec des figures de grandeur naturelle, peut-être la meilleure des œuvres de Sprangher, sous le rapport du coloris.
Le Christ reçoit le manteau des mains d'un ange, grand comme nature, et des deux côtés sont agenouillés en prière les parents de la femme du peintre. Au-dessus du frontispice, il y a des anges sculptés par le célèbre Adrien De Vries et, dans ce même frontispice, est peint le Père Éternel.
1. 11 n'est pas fait mention de cette peinture, non plus que d'aucune des autres désignées par van Mander comme exécutées pour les monuments de Prague. M. le professeur Alwin Schulz, qui a bien voulu prendre pour nous cette peine, les a cherchées en vain.
Schottky mentionne l'épitaphe de Michel Peterle et sa famille à l'église Saint-Etienne, en ajoutant qu'une œuvre analogue existe au château de Friedland. Toutefois, il résulte d'une communication de M. Wilhelm Hecke, administrateur des biens du prince de Wallenstein, que nous devons à l'obligeance de M. le conseiller docteur Jules Hofmann, à Carlsbad, que le portrait, attribué à Spranger par la tradition, représenterait Melchior de Rederen et son jeune fils Christophe, œuvre exécutée vers i5oS.