Dans la biographie d'Albert Durer, tome I", page
2. Von Perger nous apprend que l'inventaire, du xvi° siècle, de la collection de Prague, ne mentionne pas moins de vingt-sept tableaux de Spranger. (Mittheilungen der Central-Commission, etc., tome X, page '23o.)
3. En 1587. — C'est une estampe en trois feuilles destine'es à être jointes. (Bartsch, n" 277.) [.e dessin, d'après Nagler, faisait partie du cabinet Grünling en 182.1. Par k- catalogue Hoet nous voyons qu'en 1739 et en 1749 le Banquet des dieux passa en vente à Amsterdam.
BARTHELEMY SPRANGHER 141
sont les musiciens, Cérès est majordome, Bacchus sommelier, etc., chaque figure agissant avec grâce, Sprangher ayant, à cet égard, une entente qui ne se rencontre point ailleurs.
En ce qui concerne ses aptitudes de coloriste, je me rappelle qu'il racontait, étant aux Pays-Bas, que, resté longtemps seul chez l'empereur et n'ayant personne auprès de lui, lorsqu'il lui arrivait de voir quelque échantillon de bonne peinture, il n'en était pas d'abord très frappé. Que, plus tard, ayant vu quelques travaux de Joseph Heintz, un Suisse, et de Jean van Achen', qui étaient d'excellents coloristes, il se mit à colorer tout autrement, car ces maîtres parvenaient à donner à leurs œuvres un effet étonnant et attiraient tous les regards.
Toutefois, dès le début, il a toujours régné dans ce qu'il a fait une grâce apellesque, laquelle maintenant unie à la fille de Vénus et de Mars : l'Harmonie, jointe à une belle couleur et à un dessin ferme et élégant, permet à ses travaux de braver la critique, et, mieux encore, d'être insurpassables.
En réalité, Sprangher a bien mérité d'être tenu en si haute estime par le César romain qui, non moins ami des arts qu'Alexandre, a trouvé en lui son Apelle.
Spranghe.r, après que sa patrie l'eut dès longtemps attiré, se résolut enfin à revoir sa terre natale et rçvint en 1602 dans les Pays-Bas, qu'il avait quittés depuis trente-sept ans. Et, après avoir assisté à quelques Diètes, — non pas aux frais de l'empereur, comme il l'eût pu, mais aux siens, — Sa Majesté lui donna mille florins pour son voyage aux Pays-Bas.
Ses confrères lui firent le meilleur accueil.
A Amsterdam, il reçut de la municipalité les cruches de vin d'honneur ; à Harlem, les artistes le traitèrent dignement, et il les régala à son tour.
Les membres de la Vieille Société de Rhétorique, sous la devise Troujp moet blycken"-^ l'honorèrent après dîner d'un esbatement de la