‹ Le livre des peintres de Carel van Mander (volume 2)Chapitre 91 sur 213 · I. C'est le nom porte jadis par le tabac · texte numérisé non relu

I. C'est le nom porte jadis par le tabac

CORNEILLE KETEL

Au même endroit, il y a, de Ketel, une autre allégorie dont le poème est ainsi conçu :

Gravis le haut Sion armé de prévoyance ;

Que la vieille expérience soit ta conseillère ;

Ne te laisse point tromper par la vaine apparence

Ou l'Illusion, non la réalité, sera ton partage.

Qui virilement essaie aura de Dieu la grâce

Quand la Jeunesse succombe à son très grand dommage.

Et puisque j'en suis à relater ces créations allégoriques, Je ne puis omettre le Miroir de vertu que Saenredam a gravé, et où il nous montre l'ingratitude de Thomme qui, recevant le soleil, répond au bienfait par des morsures, tandis que la reconnaissance reçoit la lune et la presse sur son cœur. L'estampe donne d'autres emblèmes et s'explique de la sorte ' :

La vertu représentée ici, le cœur reconnaissant. Si faible que soit le don, jamais ne l'oublie ; Mais l'ingrat sans tarder change le blanc en noir. Qui embrasse un tel ami, en retour est mordu. Obliger un ingrat est tentative vaine.

Poussé par son esprit ingénieux,. Ketel mit au Jour des œuvres, de tout genre destinées à traduire sa pensée sous des formes très diverses. Ainsi, en iSgS, il se mit à modeler, et fit en terre un groupe de quatre personnages nus, un desquels est lié par les pieds et les mains, illustrant la parabole évangélique sur le convive qui n'a point de robe de noces et est précipité dans les ténèbres extérieures-. L'ensemble du groupe est des plus remarquables et mérite l'admiration de tout vrai connaisseur.

Il s'est, depuis, adonné au modelage des figures de cire, à l'exemple des Italiens, ce qui est fort utile à l'exécution des tableaux. L'année

1. J. Sacnredani. (Bartsch, n" 106.) « Pièce emblJmatique sur le bon et le mauvais naturel. L'on y remarque la Bienfaisance sous la figure d'une femme qui fait don de ce qu'il y a de plus estimable, figure' par le soleil, à un homme ingrat qui lui enfonce un poignard dans le sein. » (A. Bartsch, Peintre-Graveur, tome III, page ■ib'?.)

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