‹ Le livre des peintres de Carel van ManderChapitre 100 sur 218 · De là le surnom de Kock ou Kok, le cuisinier, le coq · texte numérisé non relu

De là le surnom de Kock ou Kok, le cuisinier, le coq

2. L'excellent catalogue de Hampton Court, par M. Ernest Law, le fait mourir en i552 et lui attribue un certain nombre d'œuvres, portraits de personnages de la cour de Henri VII! (n" ?h-i, bb^., 565, 5f")7), et un portrait de Marguerite d'Autriche (n" 023). L'attribution, du reste, est purement conjecturale. Voici comment s'exprime, à ce sujet, M. Law (A historical Catalofçue of the pictiircs in the royal collection at Hampton Court, London, George Bell and Sons, 1881, page 187) : « L'attribution à Lucas Cornelisz de ces petites tètes, copie'es sans doute pour Henri VllI d'après des originaux de grandeur naturelle, est récente. Le peintre hollandais dont il s'agit vint en Angleterre sous Henri \'1I1, et l'on sait qu'il y peignit une série de copies réduites des portraits des connétables du château de (^ueenborough, lesquelles se trouvaient, et se trouvent probablement encore, à Penshurst. On peut

LUCAS CORNELISZ DE KOGK 179

négociant, M. Hans de Hartoogh, un tableau venu crAngIcterre, il y a peu d'années, et dont la manière offre beaucoup d'analogie avec celle du peintre.

A répoque où le comte de Leiccster fut appelé à prendre le gouvernement de nos provinces, plusieurs personnages de sa suite se montraient fort désireux d'acquérir, où ils le pouvaient, les œuvres de Lucas Cornelisz qu'ils avaient appris à connaître dans leur pays. Là se bornent mes renseif^nements sur ce maître.

COMMENTAIRE

Il est très évident que si Lucas Cornelisz vint au monde en 1495, il n'a pu, comme l'avance Sandrart, arriver en Angleterre avec une femme et huit enfants après iSog, l'année de l'avènement au trône du roi Henri VIII. L'assertion de Sandrart est purement arbitraire, car il n"a pu être mieux renseigné que van Mander. En supposant que Lucas se soit marié entre les années i5i5 et 020, ses sept enfants — prenons le minimum, — pouvaient tous être au monde en i527-i53o. Attribuons maintenant au peintre un séjour de cinq ans en Angleterre, et nous pourrons accepter comme très vraisemblable sa présence à Fcrrare, signalée hypothétiquement par M. Eug. Müntz'.

D'ailleurs, Holbein était de retour en Angleterre en i532 et n'allait pas tarder à prendre le pas sur tout autre artiste-.

Luca Cornelio, Liica d'Olanda, parait au service de la cour de Ferrare comme associé à la fabrication des tapisseries sous Hefcule II, entre les années i535 et iSqj, etil composa les cartons des Cités de la maison d'Esté et ceux des Grotesques^ ainsi que ceux des Chevaux favoris du prince''.

Nous inclinons d'autant plus à accepter l'hypothèse de notre savant confrère que van Mander nous signale particulièrement, parmi les œuvres de Lucas, de vastes toiles peintes à la détrempe.

De Jongh, l'éditeur de la troisième édition de van Mander, attribue à Lucas Cornelisz un certain nombre d'estampes marquées des lettres L. K., séparées par une petite cruche, et M. Taurel répète cette assertion. Parmi les iconophiles, les estampes dont il

donc lui attribuer aussi les œuvres présentes. » Waagen ne mentionne pas ces peintures parmi celles qu'il eut l'occasion de voir dans les collections anglaises. Walpole (Anecdotes of Paint in g in England, édition Dallaway, tome II, page ii3) va jusqu'à transcrire le monogramme de Lucas Cornelisz £ d'après une des peintures de Penshurst.

1. Histoire générale de la tapisserie : École italienne, page .^4. Paris, 1878.

2. Alf. Woltmann, Holbein und seine Zeit, tome I"'', page 363. Leipzig, 1874.

3. Eug. Müntz, la Tapisserie {Bibliothèque de l'enseignement des Beaux-Arts), page 227. Paris, Quantin.

iSo LE LIVRE DES PEINTRES

s'agit sont acceptées comme procédant de Louis Krug, de Nuremberg, et classées dans l'école allemande. (Bartsch, Peintre-Graveur, t. VII, p. 535; Passavant, id., t. III,

Il existe aussi un maître graveur, L &? , dont les initiales figurent sur quelques estampes. (B., t. VI, p. 36i ; Pass., t. II, p. 288.) Il faudrait certainement rapporter ces œuvres à Lucas Cornelisz, en l'absence de la date 1492 qui exclut la possibilité de l'attribution.

JEAN DE CALCAR

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