‹ Le livre des peintres de Carel van ManderChapitre 103 sur 218 · VII. La ville de Constantinoble, etc · texte numérisé non relu

VII. La ville de Constantinoble, etc

Il y a en tout dix feuilles, dont la réunion forme les sept sujets ci-dessus. L'ensemble formait sans doute une frise, ce qui explique la rareté du titre général et du colophon gravés dans des cartouches d'une remarquable élégance.

PIERRE KOECK 187

variés, toutes choses qui donnent une idée très avantageuse de Tintelligence de maître Pierre. 11 s'est représenté lui-même dans le septième morceau de la suite, costumé en Turc et tenant un arc. Il montre du doigt un personnage, placé près de lui, et qui tient une longue lance pourvue d'une flamme '.

A son retour, Pierre se remaria et prit pour femme Maeyken Verhulst ou Bessemers, dont il eut une fille, qui épousa Pierre Breughel, son élève*.

A cette époque, c'est-à-dire en i54g, il écrivit les livres d'architecture, de géométrie et de perspective. Et comme il était lettré, et très versé dans la langue italienne, il traduisit en notre langue les livres de Sébastien Serlio, et, de la sorte, par son labeur, il a éclairé les Pays- Bas et ramené dans la bonne voie l'architecture, qui s'était perdue. Grâce à lui, les passages obscurs de Vitruve peuvent être aisément saisis, et il est à peine besoin de lire cet auteur pour ce qui concerne les ordres^.

C'est donc de Pierre Koeck que procède la connaissance de la vraie manière de bâtir et l'adoption du style moderne^; il est seulement regrettable que Ton tente d'introduire l'affreux^ style moderne à l'alle-

1. C'est en réalité, dans la planche I" que le maître s'est figuré.

2. Marie Verhulst était Malinoise et artiste. Guichardin la mentionne parmi les quatre femmes peintres du Brabant. Il naquit trois enfants du second mariage : Paul, Catherine et Marie. (Vanden Branden, loc. cit.)

3. Tout ceci demande une explication. Van Mander publia d'abord, en flamand, un résumé de Vitruve qui parut à Anvers en février iSjq, sous le titre : Die inventie der Colommen met haren coronementen ende maten wt Vitnivio ende andere diversche auctoren opt coriste vergadert voer schilders, beeldsniders, steenhouders, etc., ter begheerten van goeden vrienden uitgegheven door Peeter Coecke van Aelst, ce qui veut dire : « L'invention des colonnes avec leurs couronnements et leurs proportions, d'après Vitruve et autres auteurs, le tout rassemblé de la manière la plus brève, à l'usage des peintres, sculpteurs et tailleurs de pierre et publié à la prière de quelques bons amis. » Cet opuscule in-8" est de la plus extrême rareté.

L'édition flamande de Serlio parut en diverses fois : le troisième livre en i54r); le quatrième en 1549; les premier, deuxième et cinquième livres ne parurent qu'après la mort de Pierre Coeck en i553. Mais la publication de la version flamande alternait avec celle d'une version française dont les livres parurent également à Anvers en i545, 1547 et i55o. L'auteur y assume le titre de « Libraire juré de Charles-Quint ».

4. Lorsque parut à Londres, en 161 1, la traduction anglaise de Serlio, elle était formellement donnée comme suivant le texte de l'édition d'Anvers. C'est donc par Pierre Coeck que s'est répandue, hors d'Italie, la connaissance des livres de Serlio. Cet illustre architecte n'étant mort qu'en i552, tout porte à croire qu'il contrôla personnellement l'œuvre du traducteur. (Voir, dans le Bulletin du Bibliophile belge de 1874, les notes que nous avons données sur Pierre Coeck à propos de la publication de Sir 'William Stirling Maxwell.)

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