‹ Le livre des peintres de Carel van ManderChapitre 105 sur 218 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

3. Ad. Siret, Biographie nationale de Belgique, tome IV, page 25 1.

PIERRE KOECK . 191

Si Pierre Coeck a une grande part à la diffusion des principes architecturaux de l'Italie, il n'est point prouvé que lui-même ait bâti des édifices de quelque importance. On lui attribue l'ordonnance, au moins partielle, de la décoration des rues d'Anvers pour la réception de Gharles-Quint en 1549, et ce fut certainement lui qui dessina les planches nombreuses et très intéressantes des embellissements de la ville, pour le livre que Corneille Graphasus fit paraître en i55o sous le titre de Triomphe d'Anvers faict en la susception du prince Philippe d'Espaigne. « Imprimé à Anvers pour Pierre Goeck d'Alost libraire juré de l'impériale Majesté par Gilles van Diest. »

En 1548 il travaillait à l'ornementation du splendide hôtel que s'était fait construire à Anvers un bourgeois notable du nom de Mœlnenere. Il ne subsiste de ces embellissements que quelques épaves, déposées au musée archéologique d'Anvers : cariatides et fragments d'une cheminée monumentale. Une autre cheminée, œuvre monumentale aussi et, dans son genre, une des plus belles qui se puissent voir, est attribuée à Pierre Goeck. Elle orne la salle des Echevins de l'hôtel de ville d'Anvers et est conçue dans le style le plus riche de la Renaissance. Entièrement de marbre blanc, elle est ornée de bas-reliefs représentant la Cène, le Serpent d'airain, le Crucifiement et le Sacrifice d'Abraham '.

Le Géant d'Anvers, colossale figure que l'on promène aux jours des grandes solennités, est une œuvre authentique de Pierre Goeck et porte sa signature : Pet. Van Aelst . Pict. Imp. Carol. V. fecit A^ M. D. XXXIIII.

Certains cabinets conservent des dessins de Pierre Goeck. Il y en avait une douzaine dans la célèbre collection Grozat ; cinq de ces compositions étaient relatives à V Histoire de David et six représentaient des Victoires de Charles-Quint. Mariette faisait grand éloge de ces œuvres et les trouvait dignes de Giorgione.

Nous avons vu au Musée Britannique des sujets tirés deV Histoire de David et trois autres dessins, dont un Orphée, provenant du cabinet de Mariette.

Il y avait dans la collection du prince de Ligne, dont Bartsch rédigea le catalogue, une série de dix pièces représentant des Scènes de la vie turque. Nous ajouterons, à ce propos, avec Sir William Stirling Maxwell, que les œuvres de Pierre Goeck ont été le point de départ de toutes les représentations de figures orientales, parues au xvi« siècle, dans les recueils de Nicolay, Daret, Vecellio, De Bruyn.

Lucas de Heere, dans un recueil dessiné de costumes, conservé aux archives de Gand, a repris également un grand nombre de figures orientales à Pierre Coeck.

Il n'est pas sans intérêt, à ce propos, de signaler la présence de la suite des « Turcs » dans l'inventaire des objets d'art faisant partie de la riche collection formée par Rembrandt et que le grand artiste fut obligé de vendre par autorité de justice en 1657 et i658-.

Nous ne connaissons pas les œuvres du fils, ou plutôt des fils de Pierre Coeck, dont les descendants habitèrent sans doute la Hollande, car, le 23 décembre i638, Gérard Coeck d'Anvers, graveur, contracta mariage à Amsterdam-'.

1. Voir à ce sujet la notice de M. P. Ge'nard sur V Hôtel Mœlnenere et van Date à Anvers, inseiée dans le Bulletin des Commissions royales d'art et d'archéologie, pages 86 et 10 1. Bruxelles, i86y.

2. C. Vosmaer, Rembrandt, sa vie et ses œuvres, pages 332 et 333. La Haye, 1877.

Page 1