I. AMBKKT LOMBARD
Grave par Wiericx.
2,o I-E LIVRE DES PEINTRES
de faire la nomenclature de ses œuvres, en sorte que van Mander ne perdit pas autant qu'il le croyait à ne pas connaître le travail qui avait fait l'objet de ses recherches.
Nouveau Squarcione, Lambert Lombard est, en réalité, le moins néerlandais des peintres, en ce sens qu'il fonde son art sur l'étude de l'antiquité, interprétée à la manière des maîtres de l'école de Padoue, particulièrement de Mantegna dont, en effet, les œuvres paraissent l'avoir beaucoup préoccupé. Avant son départ pour l'Italie il avait étudié sous Jean Gossaert (Mabuse), qu'il connut à Middelbourg et sous Arnould de Beer à Anvers '.
Protégé par l'évéque de Liège, Erard de la Marck, Lombard fut, grâce à ce dernier, emmené à Rome par le cardinal Pole pour lequel, nous apprend Lampsonius, il peignit en grisaille une composition de la Table de Cébes. La mort d'Erard de la Marck mit ßn au séjour du maître en Italie.
Il est à peine douteux que, revenu à Liège, Lambert Lombard v trouva des occasions nombreuses d'exercer ses talents de peintre, de dessinateur et d'architecte, et sa notoriété se juge également par le nombre et le mérite de ses élèves. On lui attribue diverses constructions, notamment un portail de l'église Saint-Jacques à Liège, tin fort beau morceau d'architecture dans le stvle de la Renaissance, mais nous ne nous portons pas garant de l'attribution.
Comme peintre, il y a une différence notable entre les œuvres qu'on a cru devoir lui attribuer, et dont un très petit nombre offrent de l'analogie avec les estampes nombreuses gravées d'après le maître.
A Liège, le musée ne possède qu'un seul tableau irrécusable : les Israélites s'apprêtant à sacrifier l'agneau pascal.
Les groupes de Lambert Lombard ont un caractère plutôt sculptural que pictural. Les formes, prononcées plus que de raison, trahissent le souvenir de Michel-Ange et de Baccio Bandinelli, système qui sera encore exagéré par Frans Floris.
11 n'existe point de peinture signée de Lambert Lombard ; dès lors il est légitime de ne fonder les attributions que sur l'analogie que peuvent présenter les œuvres peintes avec les compositions d'une origine positivement établie par des estampes. Nous ne connaissons que deux de ces œuvres : la Résurrection de Lazare, dans l'ancienne Galerie du roi de Hanovre [n° 336), attribuée par le catalogue à l'école de Florence, et la Descente de croix, du musée des Offices (n° 846 .
M. Helbig fait le relevé des œuvres de Lambert Lombard existant jadis dans les églises de Liège; toutes ont disparu à l'exception de V Agneau pascal, déjà cité, et qui faisait partie de l'ensemble, aujourd'hui démembré, d'un retable peint pour l'église de Saint-Denis, à Liège.
On doit à M. Edouard Fétis l'analyse d'un recueil de dessins de la collection d'Arenberg, à Bruxelles-; plusieurs de ces dessins sont signés, circonstance d'autant plus intéressante que, comme nous l'avons dit, les œ^uvres peintes du maître ne portent pas de signature.