‹ Le livre des peintres de Carel van ManderChapitre 13 sur 218 · De Laborde, tome 1°'', page 341, n · texte numérisé non relu

De Laborde, tome 1°'', page 341, n

3. On doit lire à ce sujet : les Commencements de l'ancienne École de peinture antérieurement aux van Ey^ck, par .\lph. Wauters. [Bulletin de l'Académie royale de Belgique, 3' série, tome V, page 37.)

4. Growe et Cavalcaselle, les Anciens Peintres ßamands, cd\X.\on'ivnnçz\s&,^ae,t 28. Bruxelles, 1862.

Tcxistcncc \ Pol de Limbourg, également mentionné comme peintre du duc de Berry-. Tout cela n'est plus à mentionner.

Ne nous étonnons pas trop de l'ignorance où van Mander et ses devanciers se trouvaient touchant les travaux de l'école primitive. Il faut savoir gré au peintre-historien de l'admiration qu'il professe pour des maîtres dont l'esprit et la manière étaient si peu d'accord avec les idées de la Renaissance. Sans doute il fait des réserves quant au style des draperies, quant au dessin de ces artistes que nous appelons gothiques, mais il sait rendre hommage à la délicatesse des procédés et au coloris de leurs œuvres.

Nous ne revenons pas sur la question, aujourd'hui épuisée, des débuts de la peinture à l'huile; nombre d'écrivains se sont étendus sur ce point. Toutefois, comme le prouve M. Alexandre Pinchart, dans ses notes précieuses à l'édition française de Crowe et Cavalcaselle, la peinture à l'huile ne devint vraiment un procédé courant et universellement adopté qu'à dater du jour où les artistes furent mis à même de voir les tableaux de Jean van Eyck. C'est ce qui ressort très évidemment des textes italiens les plus proches du temps où florissait le peintre brugeois.

L'on s'égarerait, toutefois, en croyant que les œuvres contemporaines fussent dénuées de valeur picturale, et l'on se tromperait surtout en acceptant -comme nécessairement exécutées à l'huile toutes les œuvres postérieures. Rien de plus difficile que de déterminer les procédés par lesquels ont été obtenus les tableaux des peintres primitifs, et les van Eyck eux-mêmes avaient, comme le dit van Mander, peint nombre d'a'uvres avant d'appliquer la nouvelle méthode; il est évident que la peinture à l'albumine, si lente qu'elle pût être, permettait d'arriver à un coloris très vigoureux, et les peintures de Melchior Broederlam, le peintre de Philippe le Hardi, que conserve le musée de Dijon, sont d'un coloris dont l'éclat a pu faire croire à un emploi partiel de la couleur à l'huile.

D'autre part, la peinture à la détrempe se pratiqua jusqu'au xvi'' siècle. Van Mander en parle comme d'un procédé courant, mais les spécimens du genre se rencontrent rarement dans les musées. On en trouve un curieux échantillon au Musée germanique, et deux tableaux de P. Breughel, au musée de Naples, sont particulièrement dignes d'être cités, même au point de vue du coloris. Les toiles de cette espèce avaient l'avantage de ne point briller ; Rubens, lorsqu'il plaça à Rome sa première peinture de l'église de Santa Maria in Vallicella, fut obligé de la remplacer parce qu'elle avait des luisants qui empêchaient de la voir de partout.

En ce qui concerne la vulgarisation de la peinture à l'huile, le procédé ne demeura certainement pas secret jusqu'au jour où Antonello de Messine réussit, à ce que l'on prétend, à pénétrer dans l'atelier de Jean van Eyck. Au mois d'avril 1425, Jean de Scoenere, peintre gantois, s'engage à peindre à l'huile la Vie de la Vierge et la Cène

1. Gachard, Rapport sur les archives de la chambre des comptes de Flandre à Lille, page 64. De Labor Je, les Ducs de Bourgogne, tome I°% page l; page 6.

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