‹ Le livre des peintres de Carel van ManderChapitre 14 sur 218 · De Laborde, tome I"', Introduction, page cxxi · texte numérisé non relu

De Laborde, tome I"', Introduction, page cxxi

pour Téglise de Saint-Sauveur, à Gand'. A cette époque, Hubert van Eyck était encore en vie et travaillait seul à ï Adoration de l'Agneau.

On ne connaît aucune œuvre authentique de Tainé des frères van Eyck-. Rien n'est plus légitime que l'assignation à ce peintre d'une partie du retable de Gand, mais quelle sera cette partie? On veut aujourd'hui que les trois grandes figures de Dieu le Père, de la Vierge et de saint Jean représentent sa part du travail. Sans rejeter en aucune sorte la supposition, nous n'en devons pas moins faire observer qu'il est hasardeux de juger un peintre sur la foi d'une pure hypothèse. Si, toutefois, Waagen et ses successeurs sont dans le vrai à cet égard, Hubert van Eyck l'emportait sur son frère.

Le Saint Jérôme du musée de Naples a longtemps passé pour être de lui; non seulement cette attribution est contestée, mais certains auteurs vont jusqu'à faire de cette page une œuvre italienne''. Il est fort difficile, nous le répétons, de donner une peinture à un maitre dont aucun travail certain n'est venu jusqu'à nous; mais nous n'hésitons pas, pour ce qui nous concerne, à ranger parmi les œ^uvres flamandes le Saint Jérôme et à l'envisager comme émanant d'un peintre de haute valeur. L'attribution à Colantonio del Fiore est naturellement sans portée, puisqu'il est admis que ce peintre mystérieux n'a jamais existé '. Pourquoi d'ailleurs vouloir rattacher à l'école italienne une peinture que ni son coloris ni son style ne permettent d'assimiler à l'œuvre d'aucun maitre connu de la péninsule italique ? Les détails qui sont semés à profusion dans le tableau du musée de Naples, l'éclat et la puissance de la coloration, le type et la physionomie générale annoncent, à notre avis, un tableau essentiellement flamand.

Quoi qu'il en soit, nous le répétons, Hubert van Eyck n'est, jusqu'à ce jour, représenté par aucune œuvre authentique.

En ce qui concerne Jean, ses débuts sont également incertains. Mentionné une première fois, en 1421, dans le livre de la corporation artistique de Gand ^, on le trouve, l'année suivante, à La Haye, au service de Jean de Bavière, l'ancien évêque de Liège. Il est remarquable que, sous la même date 1422, il lui est alloué une somme pour avoir peint un cierge pascal pour la cathédrale de Cambrai". En 1425, il est au service de Philippe le Bon.

Nous ne revenons pas sur les faits énumérés déjà dans la biographie et les notes : une chose est aujourd'hui acquise, c'est que, très vraisemblablement, le grand peintre ne

1. E. De Busscher, Recherches sur les peintres gantois, page 144. Gand, 1849.

2. L'inventaire des œuvres d'art de l'archiduc Ernest d'Autriche, dressé en i5g8, mentionne de <i Rupert » Van Eyck : Sainte Marie avec l'Enfant et près d'elle un ange et saint Bernard. (Bulletin de la Commission royale d'histoire, tome XIII, page 140.)

3. Der Cicerone par J. Burckhardt, 4° édition, revue par W. Bode, page 614. Leipzig, 1879. L'éditeur allemand de Crowe et Cavalcaselle se prononce, au contraire, pour l'origine flamande.

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