‹ Le livre des peintres de Carel van ManderChapitre 147 sur 218 · C'est-à-dire en · texte numérisé non relu

C'est-à-dire en

ADRIEN DE WEERDT 271

van Achen; le style des compositions de Speeckaert corrobore cette assertion. Nagler ajoute qu'il vivait encore à Rome en i582. Son portrait, peint par lui-même, est au Belvédère à Vienne (2= étage, salle IV, n° 70.) L'œuvre est signée H. Spccart. Nous ne connaissons aucune autre peinture de lui.

Par contre, G. Sadeler, Crispin de Passe, Corneille Cort et Pierre Perret ont gravé les compositions du maître, etil peut être utile de donner l'indication de ces estampes :

V Annonciation, la Visitation, V Adoration des Bergers, V Adoration des Mages, la Circoncision, V Assomption de la Vierge, gravures de Gilles Sadeler; Joseph et la femme de Putiphar, par Pierre Perret ; la Peinture et la Sculpture, figures allégoriques par le même; la Vierge, l'Enfant Jésus et Saint Jean, environnés d'anges, par Crispin de Passe (Francken, io5); Saint Laurent, par Corneille Cort; Saint Roch, par le même.

Jugé sur ces estampes, Speeckaert appartient à l'école des maniéristes de la tin du xvi<= siècle.

HENRI ET MARTIN VAN CLEEF

GuillaumCj Gilles, Martin (II). — Georges et Nicolas, tils de Martin.

La peinture doit un éclat peu ordinaire au nom de van Cleef, car il a existé plusieurs bons peintres de ce nom, à Anvers notamment, deux frères^ Henri et Martin'.

Henri s'adonna au paysage, visita Tltalie et d'autres contrées, faisant d'après nature un grand nombre de sites dont il tira bon parti pour ses œuvres. Il n'eut pas, cependant, l'occasion de voir tous les lieux que l'on voit paraître dans ses estampes : villes, ruines et antiquités -, mais il obtint beaucoup d'études d'un Osterlin du nom de Melchior Lorch, qui avait fait à Constantinople un long séjour^.

Henri avait une jolie manière de dessiner d'après nature, et il était aussi des plus habiles quand il prenait le pinceau. C'est lui qui a peint la majeure partie des fonds de Frans Floris, adaptant si bien sa manière à celle de ce maître que le tout paraît procéder de la main de Frans, car il était excellent paysagiste.

11 fut admis à la gilde des peintres d'Anvers en i533^ J'ignore la date de sa mort\

Martin était élève de Frans Floris et débuta par de grands sujets. Il s'appliqua ensuite à des œuvres d'un format réduit et fit, à lui seul,

I. Ils étaient tils de Guillaume van Cleve. Henri vint au monde vers i525, Martin en iSay; ils furent admis à la L;ilde de Saint-Luc en i.S5i et figurent au nombre des élèves de Frans Floris.

■1. Ruinarum varii prospectus, riiriinii^ aliquot dclincationcs, suite dédiée à vander Haept d'Anvers par Philippe Galle. Nous en connaissons l-i7 pièces in-4".

3. Melchior Lorch, né à Flensbourg en 1527, mort à Rome en i586. Son œuvre gravé est décrit par Bartsch [Peintre-Graveur, tome IX, page 5oo), et par Passavant (tome IV, page 180). II peut être utile de faire observer que les Ostrelins, Osterlins, étaient les habitants des côtes de la Baltique.

4. On trouve, en etTet, sous la date de i534, l'inscription à la maîtrise de Henri van Cleve. D'autre part, les trois frères Henri, Martin et Guillaume sont inscrits ensemble sous la date de i55i. Il s'agit donc en i534 d'un homonyme qui n'est pas le tils de Josse van Cleve, attendu que celui-ci ne laissa qu'un seul fils. Corneille. Nous reviendrons sur ce point.

5. Van Mander ajoute à Y Appendice que le peintre est mort en i38ij d'une attaque de rhumatisme.

HENRI ET MARTIN VAN CLEEF

beaucoup de Jolis tableaux que Ton trouve chez les amateurs, et d'autres dans lesquels les fonds étaient peints par son frère. Egide de Conincx-

HENRI VAN CLEEF.

Fac-similé de la gravure de H. Hoiidius.

loo et beaucoup d'autres artistes de talent ont recouru à lui pour étoffer leurs paysages et avec grand profit.

Martin ne sortit pas du pays; il avait de fréquents accès de goutte et mourut âgé d'environ cinquante ans '.

Guillaume van Cleef. — 11 y eut aussi Guillaume van Cleef, frère du précédent, bon peintre de grandes figures. 11 est mort il y a longtemps^.

Gilles, Martin, Georges et Nicolas, fils de Martin van Cleef. — Les fils de Martin : Gilles, Martin, Georges et Nicolas, ont été, ou sont encore, de bons peintres. Martin partit d'Espagne pour les Indes; Georges et Gilles ^ sont morts. Georges avait excellemment débuté dans les petites choses, mais il était grand viveur et mourut jeune. Nicolas vit encore à Anvers'',

COMMENTAIRE

Le nombre considérable d'artistes ayant porté le nom de van Cleve rend doublement extraordinaire l'absence presque complète des œuvres de cette lignée de maîtres ayant tous joui d'une certaine réputation. Quatre Henri van Cleve, Josse van Cleve et son fils Corneille, trois Guillaume, deux Martin, sans parler de Georges, de Nicolas et de Gilles van Cleve, manient le pinceau et à peine — en cherchant bien, — trouve-t-on deux tableaux de Martin et un tableau d'Henri!

La principale des deux œuvres du premier est au Palais impérial de Prague. Elle porte, au revers du panneau, le nom de son auteur. C'est une Scène de pillage où les paysans sont aux prises avec les soldats^; petit tableau, semble-t-il, mais œ^uvre expressive et plus vigoureuse de coloris que l'unique spécimen conservé dans les Galeries publiques : une Fête rustique dans un intérieur, au Belvédère de Vienne !2« étage, salle II, n° 36).

Au Belvédère aussi nous trouvons un tableau de Henri van Cleve, œ^uvre unique jusqu'à ce jour (2"= étage, salle 11, n" 53) : Episodes de la vie de l'Enfant prodigue, encore un petit tableau. Ces sujets ne nous reportent pas aux œuvres décrites par van Mander.

Le monogramme inscrit sur les estampes exécutées d'après Henri van Cleve se

1. En i58i. (Vaiiden Branden, page 297.) Van Mander ajoute à V Appendice que Martin entra dans la L;ilde en 1 55 i .

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