La Mort, le Jugement, le Paradis et VEnfer
3. C'est-à-dire en iSyS. La même année il recevait encore un élève : Jacques Comperis. Un tableau du musée de l'Ermitage, le Christ guérissant les malades, est daté de iSyS. Il est vrai que cette œuvre a longtemps passé pour être de Holbein.
4. Le portrait de Beuckelaer, inséré dans le Thcatrum honoris de Hondius, représente un homme âgé de beaucoup plus de quarante ans. Nous reproduisons cette planche.
pas un seul n'est relevé dans les nombreuses Galeries dont Gérard Hoet a publié les catalogues.
Le musée de Naples est, par contre, extraordinairement riche en œuvres du maître. Nous en comptons jusqu'à huit de la plus belle qualité (salle V, n^^ 6, 8, 14, 21, 25, 3i, 36 et 43,1. h' Intérieur de cuisine (n» 8) est particulièrement remarquable. Il y a là des têtes de bœufs écorchés, des quartiers de viande qui sont d'une brutale fidélité. Le charcutier, vu presque de dos, tient sa choppe en souriant. Dans le n» 5, deux hommes et deux femmes vendent des fruits, des oiseaux et même des singes; au fond, la bourse d'Anvers; toutes ces œuvres, qui sont anonymes, représentent des étalages de comestibles avec figures à mi-corps. M. Jean Rousseau donne une description animée de quelques-unes de ces créations dans un article sur les maîtres flamands du musée de Naples ' .
A Stockholm, quatre tableaux (321-324I représentent également des marchés au fond desquels se déroulent les épisodes suivants : \c Portement de la croix [\56\)\ Ecce Homo (i565); le Christ et la femme adultère ^i565); le Christ devant Pilate (1570).
Un sixième tableau (n° 325) représente un intérieur de cuisine avec une femme plumant une volaille.
A Prague, une Cuisinière.
A Munich, outre VEcce Homo déjà cité, nous \TO\i\on?, \xn Marché aux poissons avec un homme, qu'on dit être Beuckelaer lui-même, caressant une femme. (Signé et daté de i568.)
Au musée de Lille (n" 33', un Homme portant un chevreuil, suivi d'une femme portant un panier de volailles et de fruits. (Anonyme.) C'est peut-être le tableau dont M. vanden Branden trouvait la mention dans un ancien inventaire.
Les « Cuisines » et les « Marchés » dont parle van Mander n'étant pas décrits, il est impossible de les identifier.
]. Bulletin des commissions royales d'art et d'archéologie, tome XXI, page 178.
CÉLÈBRE PEINTRE d'aNVERs'
Corneille, Jacques et Jean Floris.
Les peintres italiens, surtout les praticiens médiocres, recourent volontiers dans les nus à une manière fondue qui les dispense de prononcer les muscles. Il leur arrive souvent ainsi de laisser à désirer sous le rapport de TefFet, comme à nos Flamands de pécher par excès de maigreur, système qui cependant exige la connaissance approfondie des muscles, des nerfs et des veines. Pourtant les œuvres du grand Buonarotti se signalent par une consciencieuse étude anatomique et par une belle ligne musculaire, preuve d'un grand savoir, et qu'un maître d'une telle éminence Jugeait nécessaire pour arriver à l'expression de la beauté la plus parfaite.
Chez les artistes de l'antiquité aussi l'on observe dans l'étude des formes des différences résultant de l'âge des figures représentées. A côté d'un Antinous à la délicate structure, on voit un Hercule vigoureux, un nerveux Laocoon ; d'où il est permis de conclure qu'une telle variété de nature peut très bien se rencontrer dans une même conception, selon les exigences de celle-ci.
Cela n'empêche qu'il est des gens qui reprochent au Laocoon sa sécheresse, et cela par pure ignorance, car ils oublient la nature des
I. Les élèves de Frans Floris cite's dans ce chapitre sont les suivants. Nous faisons suivre les noms de ceux auxquels van Mander consacre une notice spe'ciale, de l'indication du volume et du chapitre de notre ouvrage. Benjamin Sammeling — Crépin vanden Broeck — Georges de Gand — Martin et Henri van Cleef (I, xxxv). — Lucas De Heere (II, i). — ■ Antoine Blocklandt (I, l). — ■ Thomas de Zierickzee — Simon Kies d'Amsterdam — Isaac Cloeck de Leyde — François Menton — Georges Boba — François Fourbus (II, vi) — Jérôme, François et Ambroise Francken — Josse De Beer — Jean De Maier — Apert Francken (vander Houven) — Louis de Bruxelles — Thomas de Cologne — Le Muet de Nimégue — Jean Daelman • — Evrard d'Amersfoort — Hermann vander Mast — ■ Damien de Gouda — Jérôme de Vissenaeken — Etienne Croonenburgh — Thierry vander Laen.
vieillards dont le corps perd de sa souplesse avec Tâg-e et va s'amaigrissant.
C'est pour sa sécheresse aussi que d'aucuns se font les détracteurs de Frans Floris, honneur de Tart dans nos contrées. Je fais surtout allusion aux Italiens, qui jugent exclusivement par des estampes, lesquelles ne ressemblent pas aux peintures, mais laissent de côté bien des choses.
Voici comment s'exprime Vasari au sujet de Frans Floris :
ce Celui-ci est considéré comme très supérieur et a pratiqué tous les genres, de telle sorte que personne, disent-ils (les Flamands), n"a mieux rendu les mouvements de l'âme, la douleur, la joie et les autres émotions, et ils le surnomment, par analogie : « le Raphaël flamand », bien que les estampes faites d'après ses œuvres ne justifient pas complètement une telle qualification. Car le graveur, si habile qu'il soit, n'égale jamais à beaucoup près le dessin, la manière d'une œuvre originale. »
Voilà donc le témoignage de Vasari touchant Floris, et son jugement, comme il est dit, repose sur des estampes gravées, en majeure partie, sur les dessins que les élèves ou d'autres artistes avaient exécutés d'après les œuvres du peintre. J'ai tout lieu de croire que si l'écrivain en question avait vu les beaux et savants traits du pinceau et la manière pleine d'effet de Frans, sa plume — si toutefois elle n'avait été guidée par une hostilité préconçue envers les étrangers — eût consigné son souvenir en termes autrement élogieux.
Arrivant maintenant à la filiation de Frans Floris, je dirai qu'il y avait à Anvers un honorable bourgeois du nom de Jean De Vriendt, dit Floris. C'était un homme instruit ayant fort à faire comme arpenteur: il mourut en 1400, laissant deux fils, Corneille et Claude.
Claude Floris fut un sculpteur éminent qui laissa de beaux travaux dont plusieurs se voient encore à Anvers ' ; Corneille se fit tailleur de pierres. 11 mourut en 1540- et fut le père de Frans De Vriendt, communément appelé Floris^.
1. Reçu à la gildc de Saint-Luc, comme franc-maître en i5'i'.\ et doyen en i51î8.