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3. La date de la naissance du peintre n'est pas connue; on accepte coinmunément i52o. Il est
Ce Corneille, le père de Frans, eut quatre fils qui étaient exceptionnels dans la pratique des diverses branches des arts graphiques. Corneille, frère de Frans, fut un excellent sculpteur et architecte'. Frans un peintre de mérite supérieur, Jacques un très bon peintre verrier', et Jean Floris un très célèbre faïencier qui n'eut jamais son égal dans les Pays-Bas et que, pour son mérite, le roi Philippe appela en Espagne où il mourut jeune ^.
Il était extrêmement habile à peindre sur ses faïences ou porcelaines toutes sortes d'inventions : des histoires, des personnages. Floris possédait dans sa maison un bon nombre de ces objets qui étaient dig-nes d'être vus.
Corneille fit beaucoup de magnifiques travaux à Anvers, notamment ce noble édifice : l'hôtel de ville, la maison des Ostrelings, et beaucoup d'autres choses. Il mourut en iDyS.
Pour Frans, que le sort avait prédestiné à exceller dans la peinture, il débuta comme sculpteur, faisant surtout des images de cuivre sur les tombes, dans les églises ^.
certain qu'en i54i, dit M. vanden Branden, Frans Floris n'avait pas atteint sa majorité, c'est-à-dire sa vingt-cinquième année. D'autre part, M. Max Rooscs (Histoire de l'Ecole de peinture d'Anvers; édition flamande, page 145) fait observer que, reçu franc-maître en 1540, Frans Floris, qui s'était rendu à Liège à l'âge de vingt ans, y était nécessairement avant i538, époque à laquelle Lambert Lombard se mit en route pour l'Italie. C'est donc en i5i6 qu'il faut tixer la date de la naissance du peintre anversois, selon M. Rooses qui nous parait absolument dans le vrai.
1. Il naquit en i5i4 (Vanden Branden, page 174) et publia divers recueils de « Grotesques ». Voyez sur lui, tome II, chapitre xlv.
2. Né en 024 (Ibid.), mort en i58i. Il dessina plusieurs planches d'ornements. Sa tille épousa François Fourbus l'aîné.
3. Inscrit en qualité de faïencier [geleyspotbacker) à la gilde de Saint-Luc d'Anvers en i55o. M. Pinchart, dans une étude sur les Fabriques de verres de Venise d'Anvers et de Bruxelles au XVI" et au XVII" siècle [Bulletin des commissions royales d'art et d'archéologie, tome XXI, page 3öq, note i), donne sur Jean Floris les renseignements suivants : D'après Céan Bermudez, le maître alla d'abord à Plasencia et fut ensuite employé aux travaux du palais de l'Alcasar, à Madrid, et à ceux des résidences royales du Pardo et du Bois de Ségovie. Le roi lui accorda le titre de maître des a^ulejos (carreaux émaillés), par cédule du 29 mars i5G3 à en jouir à partir du 24 juin de l'année précédente. M. Pinc'nart a retrouvé son nom dans un compte d'ouvrages exécutés pour les palais dont il vient d'être question. Jean De Vriendt fut nommé gardien du Pardo, le 18 juillet i58o, en remplacement de Jean Gil qui était flamand comme lui. (Archives de Simancas.) Jean De Vriendt est le premier potier dont le nom lïgure dans le registre de la gilde de Saint-Luc. Postérieurement à son admission, plusieurs artistes sont admis en la même qualité.
4. Il s'agit nécessairement de ces beaux ornements en haut-relief que l'on rencontre encore dans les églises et les cimetières de certaines villes de l'Allemagne. Il n'est guère douteux que Corneille et Jacques durent prêter leur concours à leur frère pour la composition de ces motifs dans lesquels eux-mêmes excellaient.
Mais comme il plut à la nature de lui permettre de suivre sa véritable vocation, à peine eut-il atteint sa vingtième année qu'il partit pour Liège où il devint le disciple du célèbre Lambert Lombard, peintre liégeois dont il suivit de très près la manière qu'il garda toute sa vie, comme on peut le constater par les oeuvres des deux maîtres. J'ai môme entendu raconter à ce sujet l'anecdote suivante :
Visitant un jour son élève à Anvers, Lambert trouva chez lui un excellent accueil. Tandis qu'on festoyait, il quitta la table inaperçu, et se rendit à l'atelier sans être connu des élèves qu'il y trouva occupés.
Ayant considéré un temps les œuvres, il se mit à parler du maître, disant qu'il avait été dès l'enfance un voleur émérite. Là-dessus les élèves, entendant un propos si blessant pour leur cher maître, commencèrent à murmurer et à être fort irrités contre Lambert, de sorte que la troupe lui eût peut-être fait un mauvais parti s'il n'eût enfin expliqué ses paroles, savoir que Frans, son élève, lui avait dérobé son art, comme on avait dit d'Apollodore, que l'art de peindre lui avait été dérobé et que Zeuxis était le voleur.
Lambert Lombard ayant rejoint la compagnie demanda à Frans quelle sorte de gens il avait dans son atelier, ajoutant qu'ils l'avaient presque battu, puis, enfin, il raconta son aventure qui fit beaucoup rire, et loua fort les élèves d'avoir si énergiquement pris le parti de leur maître.
Très amoureux de son art, Frans partit pour l'Italie et passa son temps à Rome à dessiner tout ce qui pouvait venir en aide à ses facultés, reproduisant au crayon rouge plusieurs académies d'après le Jugement dernier ^ ou la voûte de la Chapelle Sixtine de Michel-Ange et des figures antiques, dessins qui étaient très fermement touchés et dont j'ai vu plusieurs calques, car certains de ses élèves s'étaient secrètement emparés de ces dessins et en avaient fait des reproductions qui passèrent de main en main et qu'on rencontre encore.
A son retour dans les Pays-Bas, Frans Floris se signala bientôt par ses œuvres comme un grand maître, conquérant les suffrages des