‹ Le livre des peintres de Carel van ManderChapitre 193 sur 218 · Cette assertion ne concerne que la gravure au burin · texte numérisé non relu

Cette assertion ne concerne que la gravure au burin

3. Cette suite, publie'e à Anvers par Jérôme Cock, est fort rare. La première édition, inconnue à M. Kerrich, est de i556. Elle est, comme la seconde (i358), dédiée à Philippe II. Les trois éditions subséquentes se tirent par Philippe Galle, Ch. de Mallery et Jean Boel. L'ensemble se compose de douze planches accompagnées de quatrains en français et en espagnol. La planche de Corneille Bos porte le n" 2. 11 est à remarquer que du premier dessin, l'Empereur sur le tronc ayant près de lui ses ennemis vaincus, il existe à la Bibliothèque Vaticane un bas-relief d'argent qui passe pour avoir été exécuté, d'après Michel-Ange, par Benvenuto Cellini. M. Pion, qui reproduit cette œuvre dans son magistral ouvrage : Benvenuto Cellini, Paris, i8<Sji, planche XXXlV, attribue l'œuvre à Leone Leoni. (Voir sur l'ensemble des victoires de Charles-Quint : Stirling Maxwell, The chief Victories of the Emperor Ch.irles the fifth. London and Edinburgh, 1870. Cette reproduction est elle-même des plus rares, n'ayant pas été mise dans le commerce.

370 LELIVREDES PEIN TRES

A trois OU quatre ans de là, Heemskerck peignit les volets déjà mentionnés du Massacre des Innocents, de Corneille Corneliszoon, à la Cour du Prince à Harlem'.

11 épousa, en secondes noces, une vieille fille douée, non de beauté ni de sagesse, mais de fortune", et pourtant si convoiteuse du bien d'autrui qu'elle achetait beaucoup de choses sans argent, ou les trouvait avant qu'elles fussent perdues, au grand désespoir du pauvre Martin, qui prévenait les gens de ne pas lui faire d'affront et, en honnête homme qu'il était, payait tout le monde.

Pendant vingt-deux ans, et jusqu'à sa mort, il fut marguillier à Harlem'^. Lorsque, en 1572, la ville fut assiégée par les Espagnols, il s'en alla, avec l'autorisation de la municipalité, prendre séjour à Amsterdam chez Jacques Ravaert*.

Par tempérament il était économe et fort âpre au gain, et si pusillanime qu'il se sauvait jusqu'au haut de la tour lorsque les arquebusiers allaient dans la procession, tant leurs salves lui causaient d'eftVoi.

11 craignit toujours d'avoir une vieillesse misérable et, pour ce motif, porta jusqu'à la fin de ses jours, cousues dans les plis de ses vêtements, un bon nombre de couronnes d'or.

Après la paix de Harlem ses œuvres passèrent en Espagne, saisies par le vainqueur, sous prétexte d'en vouloir faire l'achat^, sans parler des productions excellentes que les sauvages iconoclastes détruisirent, de sorte que l'on ne trouve pas grand'chose de lui dans les Pays-Bas.

Devenu riche et puissant, et n'ayant pas d'enfants, Martin fit plusieurs dispositions charitables à exécuter après sa mort. 11 donna, notamment, une pièce de terre dont les revenus devaient servir à doter les jeunes gens dont le mariage se célébrait tous les ans sur sa tombe, ce qui a lieu encore ''.

I. Must-e royal de La Haye, n° 19. (Les volets 40 bis et 40 ter.) Le Musée d'Amsterdam possède un autre Massacre des Innocents de Corneille de Harlem (n» io5). •2. Marytgen Gerritsd. (Marie fille de Ge'rard.) Taurel, loc. cit.

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