‹ Le livre des peintres de Carel van ManderChapitre 194 sur 218 · De réglise de Saint-Bavon · texte numérisé non relu

De réglise de Saint-Bavon

4. Jacques Rauwaert. C'est à lui que Philippe Galle dédie, en 1:75, la suite des Acta Apostolonim d'après Heemskerck, en rappelant le généreux asile accordé par l'élève au maître.

5. Les musées d'Espagne ne possèdent pas d'(i;uvres de Heemskerck, du moins sous son nom.

(3. Heemskerck déshérita son neveu, Jacob W'illemsz, tils de son frère, et sa nièce Grietje Dirksdr., fille de sa sœur : « pour certaines considérations et bonnes raisons ». Sa succession passa, pour la

MARTIN HEEMSKERCK Syi

Dans le cimetière crHeemskerck, il fit ériger sur la tombe de son père une pyramide ou un obélisque de pierre bleue. Au sommet on voit l'image du père en sculpture; Tépitaphe est en latin et en flamand, et Ton voit aussi un génie s'appuyant sur une torche renversée et posant le pied droit sur un crâne'. Il semble que cela ait trait à rimmortalité. On lit au-dessous : Cogita mori ; puis viennent les armoiries du maître, coupées d'une demi-aigle éployée et d'un lion, le bas de l'écu occupé par un bras ailé tenant une plume ou un pinceau, le coude posé sur une tortue'.

Il y a là une illustration du précepte d'Apelle : qu'on doit éviter la paresse, mais ne point excéder l'esprit par le travail, ce qu'il reprochait à Protoaène.

Martin prit des dispositions pour l'entretien de cette pyramide, car si on la laissait tomber en ruine la source des revenus devait revenir à ses amis.

Il était bon dessinateur à la plume, traçait fermement ses hachures et procédait avec légèreté.

A Alkmaar, chez Jacques vander Heeck, son neveu, on voit son portrait peint à l'huile à diverses époques de sa vie-'.

Lorsque Martin eut brillé par son art d'un éclat peu ordinaire, il quitta ce monde l'an 1574, le i"' octobre, à l'âge de soixante-seize ans, ayant vécu deux ans de moins que son père. Son corps repose à Harlem, dans la grande église, côté nord, dans la chapelle. Mais l'art dont il fut un des flambeaux ne laissera point pâlir l'éclat de sa renommée, aussi longtemps que la peinture sera tenue en honneur auprès des hommes.

majeure partie, au fils de sa sœur, Jacob Dirckz vander Heck (voyez tome II, chapitre xliv), qui le soi£;na pendant sa maladie. En 16Ö2, l'arrière-petit-fils vendit la tombe. D'autre part, le peintre et sa femme, par un testament de i55!^, avaient le'gué des terres sises à Heemskerck à l'orphelinat de Harlem, à la condition que deux des orphelins pauvres se marieraient tous les ans sur leur tombe. La dernière de ces unions eut lieu le 19 novembre 1787. (Vander Willigen, pages lôq et suivantes.)

1. .M. C. W. Hruinvis, à Alkmaar, a publie', dans le Kunstbode àc 1880, page 227, l'c-pitaphe du père de Heemskerck, mort, k l'âge de soixante-dix-neuf ans, le iß septembre i535.

2. Cette armoirie est figure'e sous le portrait d'Heemskerck placé en tète des illustrations de l'Histoire des Juifs, grave'e par Philippe Galle, planclie que nous reproduisons.

3. \'oir aussi le portrait gravé dans le Tlieatrum Honoris de Hondius.

■h-ji LE LIVRE DES PEINTRES

COMMENTAIRE

Les compositions que Martin Heemskcrck a livrées aux graveurs révèlent une étude approfondie de certains peintres italiens, surtout de Michel-Ange et d'Andréa del Sarto. La vigueur parfois outrée de ses formes ne l'empêche pas de rester, en somme, très digne d'occuper parmi les maîtres de son temps et de son pays une place distinguée. Ses compositions ont un tour original qui explique fort bien leur succès, suffisamment attesté par les nombreuses éditions de presque toutes les suites d'estampes issues des presses de Jérôme Gock, Gérard de Jode, Philippe Galle et ses fils, N. J. Visscher, etc. Le travail de M. Thomas Kerrich donne une idée de l'importance de l'œuvre gravé du maître et qui permet suffisamment d'apprécier son style.

Quant aux peintures de Martin Heemskerck, bien qu'elles n'appartiennent pas aux œuvres recherchées, les musées où on les rencontre ne sont pas nombreux.

Citons notamment : Brunswick, Bruxelles', Copenhague, Dresde, Harlem, La Haye, Lille, Hampton Court, Mayence, New-York, Rennes, Rotterdam, Saint- Pétersbourg, Utrecht (musée archiépiscopal). Vienne (Belvédère .

Les Galeries particulières grossissent naturellement ce nombre, mais sans le porter à un chiffre très élevé.

Dans les anciens catalogues cités par Gérard Hoet, nous relevons les œuvres suivantes dont la présence jusqu'à ce jour n'a pas été signalée :

Le Serpent d'airain, tableau en largeur, 3 pieds 2 pouces sur i pied 1/2. (Grisaille au musée de Harlem datée de i55i.)

La Trinité, la Nativité (Harlem, n» 64^.

Le Baptême du Christ (Brunswick, n» 417), daté de i563.

Le Crucifiement, avec nombreuses figures, larg., 4 pieds ; haut., 3 pieds 2 pouces.

La Vierge et l'Enfant Jésus.

Saint Jérôme (musée de Mayence, n» 233).

Banquet des dieux.

Jugement de Paris.

Les Muses.

UAge d'argent.

L'Age de fer.

La Ville de Rome avec beaucoup de figures. (Anonyme au musée de Harlem, n» 171.I

I. Les panneaux exposés précédemment sous le n" 18, et qui représentent des scènes de la Passion, ont cessé de figurer au catalogue et dans la Galerie. Ces œuvres n'étaient évidemment pas de Heemskerck. Le musée possède, en revanche, un beau triptyque : le CItrist au tombeau, signé trois fois. Nous devons mentionner aussi un tableau de la Cène, par Heemskerck, figures trois quarts nature, appartenant aux Hospices de Bruxelles. Cette œuvre est également signée.

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