Voyez tome II, chapitre xxv
rinconvenance était extrême de la part d'un homme qui, dans les arts, pouvait si peu prétendre à lui être comparé'.
En dernier lieu Pierre fit une Vénus pour laquelle on dit que sa femme avait posé; on loua grandement cette œuvre, mais, comme il a été dit, le lieu où se trouvait l'artiste pouvait lui procurer peu d'avantage ou de profit.
Les troubles et la guerre lui causèrent aussi un grand dommage.
Fait prisonnier entre Courtray et Tournay, par la soldatesque, il eut beaucoup à souffrir. 11 avait deux ou trois fillettes extrêmement jolies et qu'il aimait à voir parées à l'italienne; elles moururent de la peste, et lui-même succomba à cette maladie le mardi-gras de Tan i58r, âgé de quarante-quatre ans et demi. C'était un homme d'esprit éveillé pour son art, mais faisant trop peu de cas de lui-même.
Je passai chez lui plus d'un an ; il me dit à diverses reprises : « Si je savais que tu n'irais pas plus loin que moi, je te déconseillerais de persévérer. »
Il louait Frans Floris et d'autres maîtres, particulièrement les Italiens : Paul Véronèse, le Titien, le Tintoret, Raphaël, le Corrègc, et il parlait avec beaucoup d'admiration d'un Crucifiement, de l'église de Crémone ~.
Comme il fut mon second et dernier maître, je ne pouvais le passer sous silence, d'autant que ses œuvres, peu nombreuses, se trouvent presque exclusivement à Courtray et à Tournay, et encore parce que, très versé dans les diverses parties de l'art, il méritait bien aussi que son nom passât honorablement à la postérité.
Avant de quitter Courtray il y eut un élève, originaire de la ville : Louis Heme, dont la manière se rapprochait beaucoup de celle de son maître, particulièrement dans la représentation des monuments et perspectives, et c'est bien le meilleur représentant de notre art à Courtray ^.
Laissant là Pierre Vlerick, revenons à son second maître, Charles