‹ Le livre des peintres de Carel van ManderChapitre 22 sur 218 · Kunstbode, iSîSi, page · texte numérisé non relu

Kunstbode, iSîSi, page

HUGUESVANDERGOES Sy

qui se trouvaient, en i568, dans le susdit hôtel'. Notre savant confrère estime que les Sept Sacrements, tableau porté sur la liste avec la mention : « ouvrage ancien », pourraient être i'ctiuvre de vander Goes notée par Dürer.

Nous ne pouvons non plus passer sous silence une Descente de Croix en hauteur, figures à mi-corps, que la tradition assigne à Hugues vander Goes, dont le prototype (?) existe à l'église de Saint-Sauveur à Bruges et dont les répétitions nombreuses se rencontrent aux Pays-Bas et dans le nord de la France.

M. le docteur Scheibler incline à attribuer au maître le petit tableau de la Mort de la Vierge, au palais Sciarra, à Rome-.

Le musée de Padoue possède une Présentation au Temple et une Adoration des Mages attribuées à vander Goes, mais, en réalité, très arbitrairement.

S'il avait été permis de douter que le document des archives de Louvain, mentionné plus haut, se rapportait à Hugues, l'identité du peintre fut bientôt établie. Le grand artiste passa les dernières années de sa vie au couvent du Rouge-Cloitre, non loin d'Auderghem, dans la forêt de Soigne. Il y eut sa sépulture. On doit à M. Alphonse Wautcrs le récit de cette période de la vie du maître, qui s'écoula dans le prieuré brabançon ; il est extrait d'une chronique manuscrite rédigée par un frère du couvent, Gaspard Ofhuys de Tournay ^.

M. Wauters estime que l'entrée de vander Goes à Rouge-Cloitre suivit de près la fin de ses fonctions de doyen de la gilde des peintres de Gand, soit l'année 1476. On nous saura gré de reproduire le récit intégral de la Chronique de Rouge-Cloître, d'après la traduction de M. Wauters ' :

« En l'an du Seigneur 1482 mourut le frère convers Hugues, qui avait fait ici profession. Il était si célèbre dans l'art de la peinture qu'en deçà des monts, comme on disait, on ne trouvait en ce temps-là personne qui fût son égal. Nous avons été novices ensemble, lui et moi qui écris ces choses. Lorsqu'il prit l'habit et pendant son noviciat, parce qu'il avait été bon plutôt que puissant parmi les séculiers, le père prieur Thomas^ lui permit maintes consolations mondaines, de nature à le ramener aux ponipes du siècle plutôt qu'à le conduire à l'humilité et à la pénitence. Cela plaisait très peu à quelques-uns : « On ne doit pas, disaient-ils, exalter les iiovices, mais les humilier. « — Et comme Hugues excellait à peindre le portrait, des grands et d'autres, même le très illustre archiduc Maximilien, se plaisaient à le visiter, car ils désiraient ardemment voir ses peintures. Pour recevoir les étrangers qui lui venaient dans ce but, le père

1. Alexandre Pinchart, Archives des sciences, des lettres et des arts, tome I", page ic)5. — Id. Notes à rédition française de Crowe et Cavalcaselle, page cclxvii.

2. Repertoriiim fur Kunstwissenschaft, tome VII, page 3r, note 11.

3. Mort en \bi'i, âgé de soixante-sept ans. Le titre de la chronique citée par M. Wauters est: Originale Cenobii Riibeevallis in Zonia prope Bnixellam in Brabantia. Voyez Alph. Wauters, TTtigiies vander Goes, sa vie et ses œuvres. Bruxelles, 1872.

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