‹ Le livre des peintres de Carel van ManderChapitre 32 sur 218 · Copie au musée de Carlsruhe, n · texte numérisé non relu

Copie au musée de Carlsruhe, n

DE PLUSIEURS PEINTRES ANCIENS ET MODERNES yS

M. Alexandre Pinchart a publié de nombreux extraits de comptes relatifs à des payements faits à Gérard Horebout, pour travaux exécutés sur la commande de Marguerite d'Autriche, gouvernante des Pays-Bas '. Il résulte de ces mentions que Gérard fut, pour ainsi dire, exclusivement peintre de miniatures. Pourtant une certaine somme lui est allouée en payement d'un portrait de Christian II de Danemark, alors que ce prince dépossédé séjournait aux Pays-Bas. Le peintre est désigné sous le nom de « Gérard Haremboiirg, peintre et illwnineiir résident à Gand ». A l'époque où Albert Dürer visita l'artiste, celui-ci avait une « fillette « âgée d'environ dix-huit ans, habile miniaturiste, et Ton part de cette circonstance pour tixer vers l'année 1480 la date de naissance de Gérard Horebout, que son talent Ht plus tard appeler à Londres, où il mourut en 1540.

M. James Wcale a retrouvé à Londres la plaque tombale de l'épouse de Gérard Horebout, décédée à Fulham en j52q-.

Il existe des manuscrits nombreux pour lesquels la participation de Gérard est en quelque sorte établie. On en trouve l'analyse dans un travail de M. E. Harzen-'. Le catalogue Quaritch (i883, page 1414) cotait, au prix de 18,750 francs, les Heures d'Isabelle la Catholique, recueil attribué à G. Horebout.

La grande notoriété du maître, dans le genre spécial de la miniature, légitime la supposition que c'est à lui que se rapporte la mention Girardo di Guant, un peintre que l'Anonyme de Morelli désigne comme l'auteur des miniatures du Bréviaire Grimani, conjointement avec « Liévin d'Anvers ». Il ne s'agirait pas davantage ainsi de Gérard vander Meire que de Liévin de Witte, tous deux Gantois, mais de Liévin van Laethem qui, lui, était Anversois, et fut admis en i4()3 comme franc-maître de la gilde de Saint-Luc '.

Des tableaux authentiques de Gérard Horebout ne se sont pas retrouvés jusqu'à ce jour. Feu M. G. Onghena, artiste graveur et grand collectionneur à Gand, possédait un diptyque de l'Abbé de saint Baron, Liévin Hugenois en adoration devant la Vierge et l'Enfant Jésus, attribué, sans aucune preuve, à notre maître; ce n'était qu'une œuvre estimable"'.

Si l'attribution à Horebout du diptyque du musée d'Anvers iMemling, n" 256 du catalogue!, mise en avant par quelques auteurs, pouvait être établie, le peintre se

1. Archives des arts, sciences et lettres, tome I°^ pages 16-18.

2. Cette cpitaphe est reproduite par M. De Busscher dans ses Recherches sur les peintres et les sculpteurs gantois, tome II, page 3-25.

3. Archiv de Naumann, tome IV, pages 2-if). Voyez aussi dans le Belgisch Museum, tome I"' (1837), page 200, la reproduction d'une miniature, le portrait de Marguerite d'Autriche, extrait d'un des manuscrits attribués à Gérard Horebout.

4. L'opinion exprimée à ce sujet par M. Alexandre Pinchart dans ses notes à Crowe et Cavalcaselie est confirmée par M. Alph. Wauters dans ses Recherches sur l'histoire de l'Ecole flamande de peinture, pages 7Ü et suivantes. 1882. Par contre, M. W^auters persiste à maintenir Gérard vander Meire parmi les collaborateurs du Bréviaire Grimani.

5. Gravure au trait dans le Messager des sciences historiques {i833), accompagnée d'un article sur Horebout. Pour les Eglises de Gand, de M. Kervyn de Volkaersbeke, M. Onghena reproduisit également une chape du trésor de Saint-Bavon, exécutée d'après les modèles fournis par Gérard.

placerait au premier rang des maîtres de son époque. L'cL-uvre dont il s'agit représente un abbé de l'ordre de Cîteaux, agenouillé dans un intérieur merveilleusement détaillé. Un monogramme G. H., inscrit sur l'un des corbeaux du plafond, a donné naissance à la supposition que M. Harzen appuie de son autorité. En réalité, il s'agit plutôt d'une miniature que d'un tableau. M. A. J. Wauters (la Peinture flamande, page 65) observe avec raison que les initiales sont celles du personnage représenté : Chrétien de Hondt.

Nous ne trouvons pas, dans les catalogues anglais, d'œuvres qui soient attribuées à Gérard Horebout. La Société royale des Antiquaires, à Londres, conserve un portrait de Ghristian II qui serait peut-être celui que mentionnent les comptes rappelés plus haut '.

Quant à Suzanne, tille de Gérard, l'épitaphe de sa mère lui donne le titre d'épouse de John Parker, trésorier du roi. Guichardin vante beaucoup le mérite et la délicatesse de ses miniatures, et il ajoute que le roi Henri VIII Ht appeler à Londres la jeune artiste.

LiÉviN -DE Witte. — Les documents que M. E. de Busscher a rassemblés sur ce maître tendent à nous montrer en lui, tout à la fois, un peintre, un architecte et un mathématicien. Malheureusement, les archives gantoises ne mentionnent qu'un seul travail de Witte : une bannière de chambre de rhétorique, faite en i538. Aucun tableau de Liévin ne paraît être venu jusqu'à nous, du moins sous le nom de son auteur. Liévin vivait encore en février iSjS. Il ne paraît pas avoir été allié au fameux Pierre de Witte (P. Candido), qui travailla en Italie et en Allemagne. (Voyez tome II, chapitre xxxni.)

Lancelot Blondeel. — • Désigné par Guichardin comme « merveilleux à représenter par la peinture un feu vif et naturel, tel que fut le saccagement de Troie- », indication empruntée à Vasari, qui la tenait de Stradan, le peintre brugeois.

Les œuvres de Lancelot, venues jusqu'à nous, le montrent comme un peintre de sujets religieux. « On reconnaît le plus souvent ses tableaux, dit M. Weale^, à l'habitude qu'il avait d'entourer ses objets d'ornements architecturaux d'un dessin hardi et bizarre et presque toujours peints en or. »

Rapprochant les diverses notices que le même auteur a insérées dans le Beffroi, dans le Catalogue du Musée de Bruges et dans Y Art chrétien de G. E. Taurel '', des documents publiés par M. van de Casteele"', la carrière du maître se reconstitue comme suit :

Lancelot Blondeel naquit dans l'échevinage de Poperinghe; il mourut à Bruges

1. Waagen, Trcasures of art, tome III, page 482, parle d'une copie du portrait de Henri VIII de Holbein (?) par G. Horebout, à Luton-House.

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