‹ Le livre des peintres de Carel van ManderChapitre 49 sur 218 · PEINTRE DE HARLEM · texte numérisé non relu

PEINTRE DE HARLEM

De même qu'au pied des Alpes neigeuses et des autres montagnes, on voit de minces filets d'eau sourdre du sol pour se réunir ensuite et former un torrent impétueux qui se précipite vers le vaste océan, de même notre art a pris naissance en des lieux divers pour arriver graduellement à la perfection, grâce au concours de puissants génies.

Le noble art de peinture n'a pas eu à souffrir d'avoir compté parmi ses représentants Gérard de Harlem, dit de Saint-Jean. Il est certain qu'en exposant aux yeux de la foule les qualités et les charmes de cet art en des temps si reculés, il n'a pu que contribuer à rehausser son prestige.

Etant encore très jeune, Gérard fut l'élève de van Ouwater et, sous plus d'un rapport, il a non seulement égalé son maître, mais Ta surpassé, notamment par la valeur de ses compositions, l'excellence des figures et des expressions, bien qu'il ait pu le lui céder sur d'autres points, tels que le fini, la délicatesse et la netteté du travail.

Le petit Gérard habitait chez les chevaliers de Saint- Jean, à Harlem, d'où lui vint son surnom ; toutefois, il n'était pas affilié à l'ordre.

Ce fut là qu'il peignit pour le maître-autel un grand triptyque, le Christ en croix, une œuvre admirable. Les volets étaient également de grandes dimensions et peints sur les deux faces. L'un de ces volets et le panneau central ont péri pendant les troubles religieux et le siège. Le volet sauvé a été dédoublé, et forme aujourd'hui deux beaux tableaux qui sont chez le commandeur, dans la grande salle du nouveau bâtiment'.

I. Us sont actuellement au musée du Belvédère, à Vienne, 2" étage, salle II, n"' 58 et 60.

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