FAMEUX PEINTRE, GRAVEUR ET ARCHITECTE DE NUREMBERG
Au temps où Tltalie, dans tout Téclat de sa splendeur artistique, s'imposait à Tadmiration du monde, rAllemagne sortit des ténèbres, par le rayonnement d'un génie qui devait s'élever assez haut pour illuminer son siècle et aborder avec succès toutes les branches des arts du dessin, sans qu'il lui eût été donné de fouler le sol de la Péninsule '^ ni d'allumer son flambeau à l'ardent foyer de la statuaire antique^. Tel fut le rôle de l'universel Albert Dürer, qui vint au monde à Nuremberg en 1470 ''.
Fils d'un très habile orfèvre'', on peut croire qu'au début il pratiqua le métier paternel, apprenant, en outre, à graver sur cuivre, car il ne semble pas que, dès sa jeunesse, il ait rien produit de marquant dans notre art. Il étudia aussi la peinture et la gravure sous le Beau Martine
1. Quelques travaux de grande valeur, sur l'illustre peintre allemand, nous serviront de guide dans les annotations de sa biographie. Une monographie, véritable monument d'érudition et de conscience, a été consacrée au maître par M. M. Thausing, de Vienne, sous le titre : Dürer; Geschichte seines Lebens und seiner Kunsi ; Leipzig, 187Ô. Une édition française de cet ouvrage a vu le jour à Paris en 1878; elle est due à la plume de M. Gustave Gruyer. M. Ch. Ephrussi, indépendamment de plusieurs articles insérés dans la Gaiette des Beaux- Arts, a publié, également à Paris, un très beau livre : Albert Dürer et ses dessins (Quantin, 1882); M. le docteur Fréd. Lippmann a donné, pour sa part, les Dessins d'Albert Dürer; grand in-folio. Berlin, i883.
2. Van Mander entend par l'Italie, Rome et Florence, car lui-même connaît par Vasari le voyage de Dürer à Venise (i5o5-i 507). M. Thausing nous semble avoir établi que le voyage d'étude d'Albert Dürer ne se fit pas dans les Pays-Bas, mais à Venise et en I4q3 ou 1404.
3. Cette question a été étudiée avec talent par M. le docteur Henry Thode dans le Jahrbuch der K. Preussischen Kunstsammlungen, tome III, 1882, page 106.