Le 8 des ides d'avril, c'est-à-dire le 6 avril i
2. Si le voyageur trouve au cimetière de Nuremberg la tombe d'Albert Dürer, ce n'est plus dans son état primitif. En re'alite', la pierre tum.ulaire ne remonte guère plus haut que le xvii« siècle. Elle fut re'tablie en 1681 par Joachim Sandrart et, dans la même fosse où avaient reposé les restes du glorieux représentant de l'art allemand, on déposa successivement la dépouille des artistes étrangers qui ne possédaient aucun terrain dans le cimetière. Le terrain avait été légué par Sandrart à l'Académie de Nuremberg qui ne crut pouvoir en faire un plus noble usage. « Ces faits expliquent, dit M. Thausing, comment le crâne que l'on a choisi en 181 1 dans le tombeau, parmi plusieurs autres crânes, et que l'on conserve encore à Nuremberg comme celui de Durer, peut avoir droit à porter le nom du maître. » (Page 5o3.)
Troisième dpitaphe par le même.
Si la vie, Albert, par nos larmes t'était rendue, Ton corps ne serait point livré à la corruption Dans la terre impure; mais puisque le destin N'est point rcylé par les pleurs que nous versons. Nous te faisons, par nos tristes souvenirs. Des funérailles par nos pleurs.
« En souvenir crAlbert Dürer, homme vertueux et le plus parfait de son temps, qui, non seulement parmi les Allemands a, le premier, complété et rehaussé Tart par ses règles sévères, mais par ses écrits a dirigé ses successeurs, pour ces motifs, et surtout pour son honnêteté, sa prudence, son extraordinaire habileté, il a été cher non seulement aux Nurembergeois et aux étrangers, mais encore au puissant empereur Maximilien, à son neveu Charles et à Ferdinand, roi de Hongrie et de Bohême, qui lui octroyèrent une pension et Thonorèrent de leur faveur. Il mourut, non sans avoir été regretté, le 8 avril i528, âgé de cinquante-sept ans.
« Bilibald Pirkheymer a érigé ceci à son fidèle ami, parce qu'il en était digne. »