‹ Le livre des peintres de Carel van ManderChapitre 7 sur 218 · Il s'agit en effet d'un sceptre et non d'une croix · texte numérisé non relu

Il s'agit en effet d'un sceptre et non d'une croix

3. C'est un chœur d'anges formant un volet à part. L'original de ce volet est au musée de Berlin; il est remplacé à Gand par la copie de Michel van Coxcie.

4. Les volets d'Adam et Eve sont au musée de Bruxelles. Eve parait tenir à la main un citron.

5. Il s'agit d'un ange touchant de l'orgue. Ce volet, comme son pendant, est au musée de Berlin; il est remplacé à Gand par la copie de Michel van Coxcie.

6. Nous avons prévenu le lecteur que Philippe le Bon ne figure pas au nombre des dix-neuf cavaliers formant les volets inférieurs de gauche. Ces volets sont également au musée de Berlin.

la droite de son frère par droit d'aînesse et paraît âgé comparativement à Jean. Il est coiffé d'un singulier bonnet, garni sur le devant d'une précieuse fourrure. Jean a une belle coiffure dans le genre d'un turban, dont les bouts flottent par derrière. Sur une robe noire il porte un collier rouge avec un médaillon ^

Pour tout dire, l'œuvre est exceptionnelle et prodigieuse pour ce temps-là sous le rapport du dessin, des attitudes, de la conception, de la pureté et du fini exceptionnel de l'exécution. Les étoffes sont drapées à la façon d'Albert Dürer, et les couleurs : le bleu, le rouge, le pourpre, sont inaltérables et si belles qu'on les dirait dans toute leur fraîcheur, et elles l'emportent sur toute autre œuvre.

L'habile peintre qui m'occupe était un observateur des plus scrupuleux et l'on pourrait croire qu'il se donnait pour tâche de démentir l'assertion de Pline, qu'un peintre qui entreprend de réunir un nombre considérable de personnages en fait toujours quelques-uns qui se ressemblent, parce qu'il est dans l'impossibilité d'égaler la nature, laquelle, sur mille visages, n'en produit pas deux qui soient identiques. Dans le cas présent il y a bien trois cent trente figures ~ et pas une ne ressemble à l'autre. De plus, les têtes nous donnent les expressions les plus diverses : le recueillement divin, l'amour, la foi. La Vierge semble remuer les lèvres et prononcer les paroles du livre qu'elle lit.

Le paysage nous montre plusieurs arbres exotiques ; on peut déterminer la nature de chaque petite plante et la végétation et les terrains sont extraordinairement jolis. Il serait possible de compter les cheveux de la tête des personnages et les crins de la crinière et de la queue des chevaux, et cela est fait avec une telle transparence que les artistes en sont frappés de stupeur ; oui, l'œuvre dans son ensemble les décourage.

Nombre de princes, d" empereurs et de rois ont vu cette peinture avec non moins de plaisir. Le roi Philippe, trente-sixième comte de Flandre'^,

1. Les portraits des frères van Eyck du recueil de Lampsonius sont empruntés à VAdoratio)! de l'Agneau.

2. C'est le nombre indiqué par van Vaernewyck. Nous comptons, sur les deux faces, deux cent cinquante-huit personnages. 11 est vrai que le tableau avait originairement unsprcdella qui fut anéantie.

Page 1