‹ Le livre des peintres de Carel van ManderChapitre 71 sur 218 · Ce tableau n'existe plus · texte numérisé non relu

Ce tableau n'existe plus

en croix, du musée de Leyde , qui dénote une originalité singulière, dit M. Henri Havard [Histoire de la Peinture hollandaise, p. 36|, le peintre s'écarte des maîtres qui l'ont précédé. Sa couleur, plus fluide, plus transparente, a moins de brillant que celle de l'école de Bruges, et ses types, franchement copiés sur la nature, présentent déjà ces déformations étranges et caractéristiques que nous retrouverons plus tard chez Brauwcr, chez Ostade, chez Steen et chez Cornelis Dusart. » On pressent qu'il doit naître d'un tel artiste un ordre nouveau de qualités. Malheureusement, les tableaux de Corneille Engelbrechtsen sont extrêmement rares et, parmi ceux qui lui sont attribués, il n'en est point qui le soient avec certitude, hormis les «ouvres citées par van Mander.

Nous avons à mentionner un Christ en croix, à la Pinacothèque de Munich, n" 91 ; deux panneaux peints sur les deux faces, au musée d'Anvers : Saint Léonard délivrant des prisonniers (au revers Saint Georges], n°s 127-128 ; Translation du corps de saint Hubert [au revers Saint Hubert, n"^ 129-130, œuvres certainement remarquables, bien qu'elles aient beaucoup souffert, et non trop éloignées du style du maître.

Un Ecce homo, rouge de sang, apparaissant à la Vierge, se trouve au musée archiépiscopal d'Utrecht. Saint Jean, qui assiste à la rencontre, pleure en s'essuyant les yeux. Enfin, M. Bredius signale quatre peintures qu'il eut l'occasion de voir à l'Exposition de Lisbonne en 188 1 '.

L'excellence des estampes de Lucas de Leyde à fait attribuer à Corneille Engelbrechtsen, son maître, une certaine influence sur les progrès de la gravure. Des auteurs ont prétendu identifier le père de ce dernier avec le maître E. S. de 1466 et l'on affirme, sans plus de preuve, d'autre part, que ce même Engelbrechtsen le vieux était graveur sur bois. M. G. E. Taurel qui a donné jusqu'ici la monographie la plus complète du maître, dans son Art chrétien en Hollande et en Flandre, ne le mentionne que comme menuisier. L'auteur ajoute, il est vrai, qu'en ces temps reculés, tout homme qui travaillait le bois pouvait fort bien être qualifié menuisier. Cela nous paraît un peu hasardé.

Il n'est guère possible d'accepter avec plus de confiance comme une preuve du séjour de Corneille Engelbrechtsen à Anvers, en 1492, l'inscription à la gilde de Saint-Luc, d'un maitrQ Cornelis de Hollandere (Corneille le Hollandais)^. En présence du petit nombre de renseignements que van Mander parvint a se procurer sur Engelbrechtsen, moins d'un siècle après la mort de celui-ci, on doit nécessairement se montrer très réservé dans l'acceptation des données nouvelles. Quant aux archives hollandaises, elles sont restées jusqu'à ce jour muettes en ce qui concerne le fameux artiste.

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