‹ Le livre des peintres de Carel van ManderChapitre 88 sur 218 · C'est-à-dire en i · texte numérisé non relu

C'est-à-dire en i

3. Le triptyque de V Ensevelissement du Christ fut commandé par la corporation des menuisiers d'Anvers en i5o8, mais aclievé seulement en i5ii. En iSyy, les menuisiers avaient consenti à le vendre à Elisabeth d'Angleterre pour i,ooo nobles à la rose, lorsque Martin de Vos lit des de'marches auprès du magistrat pour obtenir l'annulation du marché. En i582, le tableau fut transporté à l'hôtel de ville et replacé, en iSSg, à l'église de Notre-Dame. En lyqS il fut de nouveau remis en vente par les commissaires français au prix de 600 francs, avec tout l'autel de marbre sur lequel il était placé. Cette fois, ce fut Herreyns, le peintre, qui le sauva et le tit transporter à l'ex-couvent des Carmes. Pour être placé à l'hôtel de ville on équarrit le tableau et les volets qui étaient cintrés. Ce fut Michel van Coxcie que l'on chargea de cette opération. (Vanden Branden, Geschiedenis der Antwerpsche Schilderschool, page 62.)

4. C'est sans doute le tableau du musée d'Amsterdam, n° 476 du catalogue, gravé par C. E. Taurel pour VArt chrétien en Hollande et en Flandre. Il est déjà cité dans l'inventaire du marchand de tableaux Duarte, à Amsterdam, en 1682, et coté 3oo florins.

5. Jean Metsys naquit en iSog et mourut le 8 août iSyS. (Vanden Branden, loc. cit.)

Van Mander ajoute à V Appendice : « Quentin mourut en iSag; il était bon musicien et n'avait appris la peinture chez personne ».

Quentin mourut sans doute en i53o. 11 fut enterré, selon Fickaert, qui publia une biographie du

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COMMENTAIRE

Anvers et Louvain se disputent l'honneur d'avoir vu naître Quentin Metsys; si le litige n'est absolument tranché Jusqu'ici en faveur d'aucune des deux villes, il n'en reste pas moins avéré que c'est dans l'une et dans l'autre qu'il faut chercher les traces de son activité artistique. Si l'église de Notre-Dame d'Anvers possédait le tableau envisagé comme l'œuvre capitale du peintre : ï Ensevelissement du Christ, l'église de Saint-Pierre à Louvain gardait, elle aussi, un autre chef-d'œuvre de son pinceau : la Descendance de sainte Anne, peint en iSog. Ce fait est significatif, alors surtout qu'on le rapproche des textes où Quentin est mentionné comme Louvaniste.

Les titres d'Anvers ont été opiniâtrement soutenus par M. l'archiviste P. Génard, dans divers écrits insérés, notamment, dans la revue anversoise : De Vlaemsche School de i855, i856, 1869; par M. Max Rooses, dans sa grande Histoire de l'Ecole de peinture d'Anvers et par le catalogue du musée de cette ville. Ceux de Louvain ont été défendus avec une persistance non moins grande par M. E. van Even, particulièrement dans son Ancienne Ecole de Peinture de Louvain. (Bruxelles, 1870.)

M. Edouard Fétis, dans le Catalogue du Musée royal de Belgique, se prononce pour l'origine louvaniste. M. Woermann, au contraire, dans la Geschichte der Malerei, de même que les auteurs du catalogue du musée de Berlin tiennent pour Anvers. On doit reconnaître que les titres de cette dernière ville se trouvent bien affaiblis par les investigations de M. vanden Branden. Cet historien de l'école d'Anvers nous apprend que Jean Metsys, le forgeron de l'église de Notre-Dame, que les partisans de la thèse anversoise envisagent comme le père de Quentin, n'eut pas de fils de ce nom. Le môme auteur parvient à mettre un peu d'ordre dans la lignée du peintre et nous fait connaître plusieurs bourgeois d'Anvers portant le nom de Metsj^s, Massys et Matsys, avec le prénom Jean, qui n'ont aucun rapport avec le peintre, fils de Quentin.

Il nous apprend aussi que les Quintens, souvent cités dans les actes anversois et admis par les rédacteurs du catalogue du musée d'Anvers, et après eux par le catalogue du musée du Louvre, comme les descendants de l'illustre maître, constituent une famille absolument indépendante de celle du peintre.

Il résulte de tout ceci que lorsque des écrivains du xvi^ siècle : Guichardin, Opmcer et Molanus, sont d'accord pour désigner Quentin Metsys sous le nom de Quentin de Louvain, que lorsque, d'autre part, on voit le maître intervenir, à diverses reprises, à des actes passés dans l'ancienne capitale du Brabant, de telles circonstances militent en faveur de son origine louvaniste. C'est ainsi, par exemple, que nous apprenons l'âge de Metsys par une déclaration faite devant le magistrat

maître, en 1048, dans le couvent des Chartreux. .Ses ossements furent exhumés par les soins de Corneille vander Gheest et déposé.s au pied de la tour de Notre-Dame, k l'endroit où figure encore l'e'pitaphe du grand peintre : Qtiintino Metsys, incomparabilis artis pictori, cidmiratrix grataquc posteritas anno post obitum sœcnlari lO^q posiiit.

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de Louvain le lo septembre 1494. Quentin déclare, à cette date, être âgé de vingt-huit ans. Il est donc venu au monde en 1466 '.

Faut-il admettre avec la tradition, et avec van Mander, que Quentin Metsys n'eut point de maître? Le problème est, sans doute, fort difficile à résoudre en l'absence de toute indication précise. Molanus, un chroniqueur louvaniste qui écrivait en iS/S, assure qu'il fut élève de Roger vander Weyden, chose nécessairement inadmissible, puisque la mort de ce maître précèeic la naissance de son prétendu disciple. Nous ferons simplement observer que l'originalité la plus puissante n'exclut pas, dans les arts, la nécessité d'un apprentissage, pour le moins aussi difficile encore au xv<= siècle que de nos jours.

Quentin Metsys fut reçu franc-maître de la corporation de Saint-Luc d'Anvers en 149 1 ; s'il est venu au monde en 1466, il avait donc vingt-cinq ans lorsque son apprentissage prit tin. C'était l'âge normal et il n'a pu exercer son métier de forgeron que jusqu'à sa vingtième année. Le puits d'Anvers, que la tradition lui attribue, est, certes, une œuvre remarquable, et un tel ouvrier était artiste sans prendre le pinceau; mais s'agit-il de Quentin ou d'un autre Metsys? Cette question reste indécise.

La plus ancienne œuvre que l'on connaisse de Quentin Metsys est le grand retable du musée de Bruxelles, la Légende de sainte Anne (n« 38 du catalogue). Il porte la date de i5o9 et fut commandé par la confrérie de Sainte-Anne établie en l'église Saint- Pierre de Louvain -.

Dès l'année précédente, la corporation des menuisiers d'Anvers avait fait, au prix de trois cents florins, la commande du grand retable de V Ensevelissement du Christ, dont l'achèvement n'eut lieu qu'en i5ii, soit une vingtaine d'années après l'admission de son auteur à la maîtrise. On ne saurait admettre que cette longue période se soit écoulée sans donner naissance à d'autres peintures.

Un très curieux morceau parut aux Expositions rétrospectives de Bruxelles en 1880, et de Louvain en 1881; on l'attribuait à Quentin Metsys. Nous parlons de l'enseigne de la boutique de Josse Metsys de Louvain, ferronnier et horloger de la ville, et le père du peintre, d'après la thèse louvaniste. On y voyait, dans un cercle de i m. 40 de diamètre, un nombre considérable de petits épisodes se rapportant aux saisons, aux mois, aux jours, etc. Dans un des tableaux, un intérieur, étaient au travail un horloger et un peintre. On en concluait que Quentin Metsys s'était représenté là en compagnie de son frère ou de son père, serruriers et horlogers^. Dans tous les cas, l'a'uvrc était extrêmement intéressante.

A l'Exposition de l'Art ancien au pays de Liège, organisée en 1881, parurent aussi deux tètes de femmes, peintes sur toile et à la détrempe n"^ 12 et i 3 du catalogue de la !'■'= section).

Ces œuvres capitales reproduisaient, de grandeur d'exécution, deux des saintes

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