Alvin, Catalogue des Wierix, n
5. Führer in das Museum der Stadt Main:;, tome VIII, page 239.
QUENTIN MESSYS 167
tenailles. C'est une œuvre curieuse, mais qui n'offre pas assez d'analogie avec la facture du maître pour que Ton puisse accepter une détermination exclusivement fondée sur la présence des tenailles.
Le tableau de Tarquin et Lucrèce, au musée de Lille (n" 812), fort intéressant aussi, doit se rattacher à van Hemessen. La Sainte Famille, de l'église San Donato, à Gênes, n'a pas plus de titres à être admise dans l'œuvre de Quentin Metsys, malgré l'avis de certains critiques.
La cathédrale d'Aix, en Provence, conserve un ensemble de quinze magnifiques tapisseries de haute lisse représentant des épisodes de la vie de la Vierge et du Christ . M. Achille Jubinal leur a donné une place dans son important ouvrage : les Anciennes Tapisseries historiées Paris, 1838), et mentionne un article de M. Fauris de Saint- Vincens qui, déjà, en 18 12, émettait l'idée que le dessin de ces créations procédait de Quentin Metsys.
M. Alfred Michiels (l'Art dans l'Est et le Midi de la France*) appuie cette manière de voir. La date de i 5 i i , inscrite sur l'une des tentures, range l'ensemble immédiatement après le grand triptyque du musée d'Anvers, dans la chronologie des œuvres du maître connues jusqu'à ce jour.
Une tapisserie représentant la Femme adultère (collection de M. Chahrières, à Paris) se rattache certainement aussi à Quentin Metsys-.
Deux fils, issus d'un second mariage de Quentin Metsys, Jean et Corneille, embrassèrent la carrière des arts. Les recherches de M. vanden Branden'' établissent que Jean vint au monde en 009, à Anvers. Elève de son père, selon toute vraisemblance, il fut reçu franc-maître de la gilde de Saint-Luc en i53 i. On lui attribue, un peu facilement peut-être, les répétitions nombreuses des scènes de Changeurs et d'Avares qui se rencontrent fréquemment dans les Galeries. Il fut à tous égards un fils du xvi'^ siècle, abandonnant de bonne heure le style de son père pour suivre les tendances italiennes. C'était, du reste, un peintre de grand mérite, comme le prouvent ses tableaux des musées d'Anvers, de Bruxelles et de Carlsruhe.
Adhérent aux idées de la Réforme, Jean Metsys fut banni d'Anvers en 044 pour n'y rentrer qu'en i558. Le musée d'Anvers possède de sa main une œuvre datée de 1564 : le Jeune Tobie rendant la vue à son père, et le musée de Bruxelles, Loth et ses filles, daté de i565. Cette même date fii^ure sur un Saint Jérôme de la Galerie de Schleissheim et sur un Elle et la veuve de Sarepta, au musée de Carlsruhe. Il mourut dans une position voisine de la misère, le 8 août ibj5. Son fils, Quentin Metsys le jeune, fut également peintre et reçu comme tel, en 1574, à la gilde de Saint-Luc d'Anvers. Il mourut à Francfort, selon M. vanden Branden ''.
1. Pages 7 et suiv. — Wauiers, les Tapisseries bruxelloises, page 435.