‹ Le livre des peintres de Carel van ManderChapitre 97 sur 218 · JÉRÔME VAN AKEN, DIT BOSCH · texte numérisé non relu

JÉRÔME VAN AKEN, DIT BOSCH

Fac-similé de l'estampe du recueil de Lampsoiiius.

le musée de Madrid. Philippe II ne possédait pas moins de seize peintures de sa main;

I. Un tableau rc'pondant à cette description, mais fort détiguré par des retouches, se trouve au muse'e de Saint-Omer.

huit périrent dans l'incendie qui éclata au palais du Pardo en 1600. Sauf une seule, Un Enfant monstrueux, les autres représentaient la Tentation de saint Antoine. Le roi avait fait exposer, dans la cellule où il mourut, un tableau de Jérôme Bosch avec les Sept péchés capitaux. Au centre, le Christ dans une gloire et l'inscription : Cave Cave Dominus videt !

Il importe cependant de ne pas perdre de vue l'observation de Philippe de Guevara, qui déjà met ses lecteurs en garde contre les imitations d'œuvres de Jérôme p»ar un « élève » qui les signait, dit-il, du nom de Bosch pour les mieux vendre ^ Les œuvres du maitre sont incontestablement fort rares, et M. Woermann n'accepte môme comme authentiques que deux des tableaux de Madrid, les n°* 1175 et 1176, c'est-à-dire le triptyque de Y Adoration des Mages et la Tentation de saint Antoine. 11 faut remarquer, pourtant, que les autres tableaux de la même Galerie, deux Tentations, la Chute des anges et la Création, proviennent de l'Escurial, et que la Vision [n° i iSi), où un ange montre à un jeune homme les supplices de l'Enfer, appartint à Philippe II. Une grande Tentation de saint Antoine, au palais Colonna, à Rome, une autre au musée d'Anvers (n« 25), œuvre signée, devraient être tenues pour véritables, si l'on ne savait que des imitateurs signaient fréquemment du nom de Bosch. U Adoration des Mages au musée de Turin (n« Sog , le fragment d'un Jugement dernier au Musée Germanique de Nuremberg (n°69), et la Descente aux Limbes de la Galerie de Hampton Court (n° 753), donnée à Charles I" par le comte d'Arundel, ne s'annoncent nullement comme des copies.

Mais les œuvres capitales de Jérôme Bosch sont certainement le grand triptyque du Jugement dernier, au musée de l'Académie de Vienne, peut-être le tableau commandé par Philippe le Beau en 1504, dont au musée de Bruxelles, la Chute des anges rebelles [n° i85) reproduit la partie supérieure-; les Epreuves de Job, au musée de Douai, et un Jugement dernier attribué à Roger vander Weyden^; la Sainte Famille avec sainte Catherine et sainte Barbe, au musée de Naplcs i^salle V, n° 39); entin, un volet de la Chute des Damnés, appartenant à M"'- la comtesse Duchàtel, à Paris, et que l'on a pu voir à l'Exposition des Alsaciens-Lorrains ''.

William Stirling parle aussi"' d'un tableau de Jérôme Bosch existant au musée de

1. Commentarios de la Pintnra, Madrid, 1787, 41-43. Le 11° 1 182 du musée de Madrid est catalogué comme imitation.

2. Reproduction complète au musée de Berlin, attribuée d'abord à Lancelot Blondcel, et depuis à Jean Bellejambe. Voir au sujet de ce tableau Max Rooses, Geschiedenis der .inUverpiche Schilderschool, page 1 1 5.

3. Nous nous permettons de renvoyer à notre article Sur quelques œuvres d'art conservées en Flandre et dans le nord de la France (Bulletins des Commissions royales d'art et d'archéologie, tome XXII, page 208), pour l'examen des motifs qui nous portent à cette détermination.

4. Un des volets du triptyque de Vienne, le Jugement dernier, représente également les Supplices de l'Enfer.

b. Annals of the .-irtists of Spain, tome 1°'', page 122; Passavant, Die christliche Kunst in Spanien, fait également l'éloge de cette création dont les figures sont de grandeur naturelle. « Trois grands tableaux de vieillards grimaçants, mais bien remarquables comme couleur, comme modelé; ils sont au nombre des meilleures choses de cet artiste si original. » Fernand Petit, Notes sur l'Espagne artistique, page 79. Lyon, 1878.

Valence en Espagne et provenant de la chapelle de los Reyes du couvent de San Domingo. Il est signé en lettres gothiques : Hieronymus Bosch, et représente, sur un panneau circulaire, le Christ couronné d'épines et bafoué par les soldats.

M. A. Bredius cite, comme un spécimen remarquable du maître, une Tentation de saint Antoine, au palais de Ajuda, à Lisbonne'.

Le musée de Valencicnnes possède également un petit tableau curieux, malheureusement fort repeint, où Ton voit Un roi sur le trône jugeant des monstres divers'-^. Au fond, un ermitage avec un saint précédé d'un ange auquel des monstres rendent hommage.

Le musée de Rouen possède Un sorcier arrivant au sabbat.

En dehors des estampes exécutées par Alart du Hamel, œuvres fort rares et qui sont décrites par A. Bartsch ^ et par Passavant '', il existe plusieurs gravures expressément désignées, dès le xvi= siècle, comme reproduisant des compositions de Jérôme Bosch. Les principales sortent de la boutique de Jérôme Cock et ont pour graveur Pierre à Merica (Mirycenis ou vander Heyden) ; la Soif de l'or, la Baleine éventrée, dont les flancs laissent échapper des poissons plus petits qui tous en dévorent d'autres, la Cuisine hollandaise, la Parabole des Aveugles constituent des sujets extrêmement typiques et prennent la tête de ce groupe d'œuvres dont Renouvier avait rangé les auteurs sous la dénomination générale de « maîtres drôles ».

Quant à la très curieuse et rare estampe de la Tentation de saint Antoine, gravée sur bois et portant la date de i522, elle peut représenter une composition du maître, mais le millésime exclut toute idée d'un travail personnel de Jérôme de Bois-le-Duc.

Il existe au palais de Madrid un certain nombre de tapisseries d'après les cartons de Bosch : le Jugement dernier, et plusieurs épisodes de la Vie de saint Antoine.

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