‹ Le livre des peintres et graveursChapitre 16 sur 44 · I.E LIVRE DES PEINTRES · texte numérisé non relu

I.E LIVRE DES PEINTRES

Anguier a de son nom beaucoup de connoissancc, Dans son architecture il donne un agrément Qui porte à son ouvrage un parfait ornement ;

De Melun, qui le suit, tempère sa science.

Les graveurs sont ccux-cy de qui la renommée Ne dit rien au-dessus de ce qui leur est dû : L’œuvre de Rousselet est partout entendu,

Et l’unique au burin d’une force estimée.

Ce Rousselet, si sage, a d’une vertueuse Une fille et six fils, l’aîné religieux,

Les autres, comme luy qui sont ingénieux,

Ont une discipline à profiter heureuse.

Audranj Le Clerc de Metz, travaillent à l’eau-forte, Leur poinçon est exquis, l’on en fait de l’estât,

Le Brun mesme leur donne aussi de son éclat,

Et dans ses beaux desseins chacun d’eux se com-

[porte .

Le Fèvre, tapissier, excelle en haute lice ;

Jean Jans excelle aussi dans un pareil employ, Suivant les grands desseins qu’on a faits pour le Tout le monde admirant un si grand artifice, [roy.

Quant à la basse lice f où la règle est plus seurc, Deux artistes flamants, de La Croix et Mozin, Qui seuls pourroient fournir un royal magazin, N’y mettroient pas un fil sans sa juste mesure.

Jean-Baptiste Tubi 404 , Cosuan' 0S , pour la sculpture, De Rome et de Lyon, excellent en cet art ;

Les portraits du dernier ne sont point du hazard, En son œuvre égalant la plus docte peinture.

De Vilcrs et scs fils sont dans l’orfèvrerie Des hommes achevez ; Alexis Loir, comme eux, De Paris, tous les quatre ont des desseins heureux Meslant à ce qu’ils font une rare industrie.

Horace et Ferdinand, deux frères de Florence, Lapidaires tous deux, nommez Mcgliorini,

Et leur compatriot, l’ingénieux Branchi,

Pour pièces de rapport sont merveilleux en France.

Pour la sculpture en bois là sont venus de Rome, D’entré les bons sculpteurs, Philippe Cassien^* 4 ,

Et du mesme païs Dominique Cassi ;

Que partout en leur art justement on renomme.

Prou 1 ”, menuisier du Roy, doit y tenir sa place ; Que la sienne y conserve aussi, Bellan'“% brodeur. Et la sienne Fayette, autre excellent La Fleur.

On ne dira jamais que ce soit par audace.

LXXX 1 Architectes.

Jacques Franquart*°% Bourdin, sont pour l'architecture ; ,

On ne se défend point d’y comprendre Mansar ;

Et, pour les bastimens, l’architecte Ponsar,

Savot,et Le Muet, si juste en sa structure.

Isac et Salomon de Caux font des machines Pour enlever les eaux et les font rejaillir ;

De Ville fortifie avant que d’affaiblir ;

Claude de Chastillcn répare les ruines .

On donne à Jean Le Cœur les familles de Rome, La perspective est due à Du Brcuil et Bachet l, % Briot a la monnoye et La Pierre la fait ;

La médaille en de Bie a fait un honneste homme.

I . Ces quatre derniers quatrains sont extraits de l’ouvrage que nous avons cité plus haut, intitulé Le roy, les personnes de la cour , etc. Us se trouvent dans ce volume parmi les Gens de lettres, à la page 48 .

Serruriers.

De l’art de serrurier et de Porfevrerie Mathurin Jousse estoit écrivain autrefois;

Jean Toulin*'*, grand orfèvre, au canton de Danois A fait la mesme chose, honorant sa patrie.

FIN

NOTES

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NOTES

DU

I. Louis Odespun de la Mechinière, né à Chinon, ancien agent du clergé de France et doyen de Chinon, a son portrait gravé au burin dans la suite publiée par Balthazar Moncornet. On connaît de lui : « Concilia novissima Galliæ a tempore Concilii tridentini celebrata in editionibus régla Parisiensi et Coloniensibus omissa quæ nunc in unum prodeunt, additis eorum actis quam pluribus ex M. M. S. C. Cod. opéra et studio Ludovici Odespun, presbyteri Turonensis, » Paris, 1646, in-fol. Quant aux ouvrages relatifs aux ordres de chevalerie et aux discours touchant les recueils d'estampes qu'il avait rassemblés , livres que cite l'abbé de Marolles dans ses Mémoires , nous n’avons pu les rencontrer et nous le regret tons d’autant plus que, dans les Discours, nous eussions certainement trouvé quelquct renseignements intéressants pour l’histoire de l’art.

Z. Ne serait-cc pas Jacques Kerver, imprimeur, rue Saint- Jacques, à la Licorne, que veut ici désigner l’abbé de Marolles ? Le goût qui distingue les ouvrages sortis des presses de cet

imprimeur au milieu du xvi* siècle, nous semble autoriser une semblable supposition. ..

3. Dieudonné-Charles Delorme, médecin. Mariette dit, en parlant du portrait de ce personnage gravé par Jacques Callot en 1630 : « Cette estampe est dédiée à M. Delorme par Jacques Callot. C’étoit un des plus grands curieux d’estampes de son temps, surtout de celles de Callot. Apparemment qu’il étoit à la suite de Gaston, duc d’Orléans, dont il estoit le pre. mier médecin, qui, dans cette année, estoit, ce semble, à Nancy. »

4. Claude Maugis, abbé de Saint-Ambroise , aumônier de la reine Marie de Médicis, eut son portrait gravé par Lucas Vorsterman. Il possédait non-seulement des estampes et des dessins qui passèrent chez Delorme et de là chez l’abbé de Marolles; il avait également des tableaux et nous en avons la preuve dans Y Histoire de France de Mezeray (Paris, 1643, 3 vol. in-fol.). En effet les portraits de Charles , fils de Jean, roy de France, premier Dauphin; de Charles V, roy de France, et de Charles II, Dauphin de France, contiennent ces mentions: Du cabinet de mons T I abbé de St- A mbroise ; tiré du cabinet de mess'* Claude Maugis, cons’ T du Roy et de la Reir.e mère et son aumosnier , abbé de St- Ambroise ; du cabinet de Mons

P abbé de St- Ambroise .

5 . Ce FretonVilliers doit être Alexandre Le Ragois de Bretonvillier8, prêtre, successeur au séminaire de Saint-Sulpice de Jean-Jacques Olier, mort le 1 3 juin 1676, âgé de 56 ans. Son portrait, peint par Montagne, est gravé par L. Barbery.

6. Petau, conseilier au parlement, était fils de Paul Petau dont on grava le Cabinet à Paris en 1610 et que l’on publia, sans titre; une seconde édition imprimée à Amsterdam en 1 757 est intitulée : « Explication de plusieurs antiquités recueillies par Paul Petau, conseiller au Parlement de Paris. » Marollcs nous apprend, dans ses Mémoires (tome III, p. 337), que Petau avait réuni quelques portraits en taille-douce.

7. Louis Tronson dont le portrait a été gravé deux fois. par..

NOTES

Claude Duflos d’apiès N. Guerry. Au bas du plus gland de ces portraits on lit : Ludovicus Tronson presbyter, tertius scminarii Sancti Sulpitii superior. Vir in nobili gravitate simplex et facilis, in rerum varietate semper sibi constans, in pietate insigni minime singularis, doctus sine fastu, sine astutia prudens; sine disciplinae remissione mansuetus, quam typis féliciter edidit formam cleri factis fclicius expressit. Obiit 26 fehruarii anno Domini 1700, aetatis 79.

8. # M. de Montmor, rue Saint-Avoyc, tableaux, livres, etc.» (Noms des curieux de Paris par Spon.)

9. La Noue possédait des estampes et des dessins à la main par les plus excellents peintres. Il était mort en 1656, époque à laquelle fut publiée la première édition des Mémoires de l’abbé de Marolles.

10. Evrard Jabach étaitun richebanquier,originairedeCologne, qui avait réuni une des plus belles collections d’objets d’art, tableaux et dessins, qui aient jamais existé. Il habitait à Paris un hôtel qu’il s’était fait construire rue Saint-Méderic et dans lequel étaient accumulées ses collections . Le 29 mars 1671 une grande partie des peintures et dessins réunis par Jabach passèrent dans la collection royale; 10 1 tableaux et 5,542 dessins furent acquis par les ordres de Colbert pour la somme de deux cent mille livres. Le portrait de Jabach, au milieu de toute sa famille, peint par Charles Lebrun, se trouve aujourd’hui au musée de Berlin; une planche dessinée et gravée par Michel Lasne en 1652, nous fournit un bon portrait de ce collectionneur célèbre.

fi . Roger de Gaignières .

ri. Il s’agit ici de Cherubino Alberti, graveur italien ' mort à Rome le 8 octobre 1615, âgé de 63 ans, qui 'a reproduit " plusieurs compositions de Michel- Ange avec une exagérât* on qui convient peu aux ouvrages originaux.

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