GOMMENT JOSEPH RUDIER DEVINT ÉCONOME
Joseph Rudier avait pour compagnons de travail des compatriotes qui ne travaillaient guère et qui ne pensaient qu'à s'amuser. Un jour, il se laissa entraîner par eux au cabaret; il ne voulait pas d'abord y entrer; mais ils lui demandèrent s'il croyait qu'une dépense de deux sous allait le ruiner, et ils se moquèrent si bien de sa lésinerie, qu'à la fin il les suivit. Lorsqu'il fut rentré à l'atelier, Joseph se rappela ce qu'on lui avait dit sur les deux sous, et il se demanda combien deux sous dépensés par jour feraient au bout de l'année. Il n'eut pas de peine à calculer que cela ferait trente-six francs et dix sous. Avec trente-six francs, il comprit tout de suite qu'on pourrait acheter bien des choses utiles, et que, S'il s'appliquait à les faire valoir, il pouvait en tirer des profits de plus en plus considérables. En creusant cette idée, il ni que, s'il la prenait pour règle de sa conduite, et s'il l'appliquait à toutes ses dépenses en général, cela pourrait aisément le conduire à améliorer sa position, peut-être même à faire sa fortune. Dès ce jour, sa résolution fut prise ; il a eu le bonheur d'y rester fidèle, et s'il est aujourd'hui un des plus riches propriétaires de ce canton, son bonheur n'a pas d'autre cause.
Les élèves traduiront cette dictée à la première personne, en prenant pour titre :