COMMENT JE DEVINS ÉCONOME
J*ayais pour compagnons de travail des compatriotes qui ne travaillaient guère et qui ne pensaient qu*à s'amuser. Un jour, je me laissai entraîner par eux au cabaret ; je ne voulais pas d'abord y entrer, mais ils me demandèrent si je croyais qu'une dépense de deux sous allait me ruiner, et se moquèrent si bien de ma lésinerie, qu^à la fin je les suivis. Lorsque je fus rentré à râtelier, je toe rappelai ce qu'on m'avait dit sur les deux sous, et je me demandai combieh deux sous dépensés chaque jour feraient au bout de Tannée. Je n'eus pas de peine à calculer que cela ferait trente-six francs et dix sous. Avec trente-six francs, je compris tout de suite qu'on pourrait acheter bien des choses utiles, et que, si je m'appliquais à les faire valoir, je pouvais en tirer des profits de plus en plus considérables. En creusant cette idée, je vis que si je la prenais pour règle de ma conduite, et si je l'appliquais à toutes mes dép^ises en général, cela pourrait aisément me conduire à améliorer ma position, peut-être même à faire ma fortune. Dès ce jour, ma résolution fut prise ; j*ai eu le bonheur d'y rester fidèle, et si je suis aujourd'hui un des plus riches propriétaires de ce canton, mon bonheur n'a pas d'autre cause.
Quatre-vingt-sixième Exercice
APH6RISMES MORAUX
L'homme sage s'entretient avec lui-même et il considère pourquoi il a été créé. Il oont^nplé ses facultés, envisage tous ses besoins, réfléchit sur tout ce qui
Tenvironne; c'est par là qu'il s'instruira des devoirs de la vie et qu'il, trouvera une règle sûre pour le conduire. Il n'ouvre point la bouche et il n'agit point qu'il n'ait mûrement pesé ses paroles et les conséquences de chacun de ses actes. Il ne se fie pas à ses propres lumières ; il pèse les conseils d'un ami et ne rougit point de reconnaître ses erreurs quand il en a commis. Il détourne son oreille des louanges exagérées et ne loue lui-même dans les autres que ce qui lui paraît réellement digne d'éloge. Il n'est point égoïste ; en cherchant ce qui lui est avantageux, il n'oublie jamais que les autres hommes ont les mêmes droits que lui et qu'il ne lui est pas permis de sacrifier leur bonheur au sien propre. Il met quelquefois sa gloire, au contraire, à immoler ses propres intérêts pour assurer le bien général.
Les élèves traduiront cette dictée à la deuxième personne dn singulier de l'impératif, en prenaru pour titre :