L^ÂRAIGNÉE SE DÉPEINT ELLE-MÊME
Mon habileté à fabriquer des fils et à en former une trame est un fait unique dans Thistoire des animaux. Vous avez vu mille fois dans les jardins ces toiles fondes que je tends si régulièrement et qui forment les pièges où se prennent et s'embarrassent les insectes dont je me nourris. Blottie au centre de mon habitation, j'attends ma proie avec impatience; aussitôt que je suis avertie, par l'ébranlement de ma toile, qu'une mouche s'y est laissé prendre, je m'élance comme un trait, saisis le petit insecte avec mes tenailles, le perce de mon dard imprégné de venin, lui suce le sang ou l'emporte au fond de ma retraite pour m'en repaîtra plus paisiblement.
Si j'ai pris une mouche trop grosse ou une autre araignée (car nous nous dévorons entre nous lorsque nous parvenons à nous surprendre), de peur que ma victime ne se défende ou ne s'échappe, je l'enveloppe lestement d'une grande quantité de fils, je la garrotte au point qu'elle ne puisse remuer ni ailes ni pattes, puis je l'emporte toute vivante dans mon nid et lui enfonce mes crocs pointus dans le corps pour lui sucer le sang.
Quelquefois la mouche est si grosse que je désespère de la vaincre; alors je prends mon parti :je déchire l'endroit de la toile oii la mouche est retenue, la détache, la jette dehors, et, au même instant, je raccommode les mailles déchirées pour me mettre de nouveau à Taffùt Dans ces circonstances, je ne laisse aucune trace de cruauté capable de rendre ma demeure suspecte.
Les élèves traduiront cette dictée à la troisième personne, en prenant pour titre :
L^ÂRAIGNÉE
Son habileté à fabriquer des fils et à en former une trame est un fait unique dans Thistoire des animaux. Vous avez vu mille fois dans les jardins ces toiles rondes qu'elle tend si régulièrement, et qui forment les pièges où se prennent et s'embarrassent les insectes dont elle se nourrit. Blottie au centre de son habitation, elle attend sa proie avec impatience; aussitôt qu'elle est avertie, parTébranlement de sa toile, qu'une mouche s'y est laissé prendre, elle s'élance comme un trait, saisit le petit insecte avec ses tenailles, le perce de son dard imprégné de venin, lui suce le sang ou l'emporte au fond de sa retraite pour s'en repaître plus paisiblement.
Si elle a pris une mouche trop grosse ou une autre araignée (car elles se dévorent entre elles lorsqu'elles parviennent à se surprendre), de peur que sa victime ne se défende ou ne s'échappe, elle l'enveloppe lestement d'une grande quantité de fils, elle la garrotte au point qu'elle ne puisse remuer ni ailes ni pattes, puis elle l'emporte toute vivante dans son nid, et lui enfonce ses crocs pointus dans le corps pour lui sucer le sang.
Quelquefois la mouche est si grosse qu'elle désespère de la vaincre ; alors elle prend son parti ; elle déchire l'endroit de la toile oîi la mouche est retenue, la détache, la jette dehors, et, au même instant, elle raccommode les mailles déchirées pour se mettre de nouveau à l'affût. Dans ces circonstances, elle ne laisse aucune trace de cruauté capable de rendre sa demeure suspecte.
Quatre-vingt-quinzième Exercice