‹ Le livre des permutations; petits exercices d'orthographe en texte suiviChapitre 123 sur 174 · EXEMPLE DE PERSÉVÉRANCE · texte numérisé non relu

EXEMPLE DE PERSÉVÉRANCE

Pierre Morel n'était qu'un pauvre soldat, et il ne gagnait que douze sous par jour, lorsqu'il apprit tout seul à bien parler et à bien écrire sa langue natale. Son lit de camp lui servait de chaise, son havresac de pupitre : une petite planche était sa table. Il n'avait pas d'argent pour acheter de la chandelle ; en hiver il étudiait au coin de la cheminée, et la lumière du foyer lui suffisait; encore ne pouvait-il s'en approcher qu'à son tour. Pour acheter une plume ou une feuille de papier, il était obligé de se priver d'une portion de sa nourriture. Il n'avait pas un moment qui fût à lui seul ; il lui fallait lire et écrire au milieu des soldats, dont les jeux et les chants troublaient son application. Ne vous moquez pas du liard qu'il mettait de côté pour acheter son papier, ses plumes et son encre : ce liard était une somme pour lui. Il était vigoureux, il prenait beaucoup d'exercice, et il était en pleine santé. Sa cantine payée, il lui restait jusqu'à quatre sous par semaine. Un jour, après avoir fait toutes les dépenses qui lui étaient nécessaires, il lui restait un sou, qu'il destinait à l'achat d'un hareng pour son modeste déjeuner du lendemain ; son papier et ses plumes avaient dévoré le reste. Il se déshabille; hélas! en se mettant au lit, si affamé qu'il avait besoin de tout son courage pour imposer silence à sa faim, il s'aperçut qu'il avait perdu son trésor : son sou avait disparu. Il cacha sa tête sous sa misérable couverture, et il pleura comme un enfant. Si, en de pareilles circonstances, il est venu à bout de son entreprise, y a-t-il un jeune homme qui puisse en regarder l'accomplissement comme impossible? En se rappelant son histoire, quel est celui qui

ne serait pas honteux de prétendre que le temps lui a manqué pour apprendre?

Les élèves traduiront cette dictée à la première personne, en prenant pour titre :

PIERRE MOREL RACONTE GOMMENT IL EST PARVENU A s'instruire

J'e n'étais qu'un pauvre soldat, et je ne gagnais que douze sous par jour, lorsque j'appris tout seul à bien parler et à bien écrire ma langue natale. Mon lit de camp me servait de chaise, mon havresac de pupitre ; une petite planche était ma table. Je n'avais pas d'argent pour acheter de la chandelle ; en hiver j'étudiais au coin de la cheminée, et la lumière du foyer me suffisait; encore ne pouvais-je m'en approcher qu'à mon tour. Pour acheter une plume ou une feuille de papier, j'étais obligé de me priver d'une portion de ma nourriture. Je n'avais pas un moment qui fût à moi seul ; il me fallait lire et écrire au milieu des soldats, dont les jeu^ et les chants troublaient mon application. Ne vous moquez pas du liard que je mettais de côté pour acheter mon papier, mes plumes et mon encre ; ce liard était une somme pour moi. J'étais vigoureux^ je prenais beaucoup d'exercice, et j'étais en pleine santé. Ma cantine payée, il me restait juste quatre sous par semaine. Un jour, après avoir fait toutes les dépenses qui m'étaient nécessaires, il me restait un sou, que je destinais à l'achat d'un hareng pour mon modeste déjeuner du lendemain ; mon papier et mes plumes avaient dévoré le reste. Je me déshabille ; hélas I en me mettant au lit, si affamé que j'avais besoin de tout mon courage pour imposer silence à ma faim, je m'aperçus que j'avais perdu mon trésor : mon sou avait disparu. Je cachai ma tête sous ma misérable

couverture, et je pleurai comme un enfant. Si, en de pareilles circonstances, je suis venu à bout de mon entreprise, y a-t-il un jeune homme qui puisse en regarder Taccomplissement comme impossible ? En se rappelant mon histoire, quel est celui qui ne serait pas honteux de prétendre que le temps lui a manqué pour apprendre?

Quatre-vingt-seiziôme Exercice

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