‹ Le livre des permutations; petits exercices d'orthographe en texte suiviChapitre 128 sur 174 · MADAME DE SÉVIGNÉ · texte numérisé non relu

MADAME DE SÉVIGNÉ

M"*® de Sévigné naquit en Bourgogne, dans le. vieux château de Bourbilly. Son nom de fille était Marie de Rabutin-Chantal. Elle perdit ses parents dès l'enfance et fut élevée par l'abbé de Coulanges, son oncle maternel. Quand elle eut atteint l'âge de dix-huit ans, on la maria au marquis de Sévigné; mais elle eut beaucoup à souffrir de son caractère et de sa légèreté. Il fut tué en duel après sept ans de mariage ^ et il ne laissa à M"™® de Sévigné qu'une fortune médiocre pour son rang et deux enfants qu'elle dut élever seule. Elle aurait pu Contracter de nouveaux liens, mais elle préféra se consacrer tout entière à ses devoirs de mère. L'établissement de son fils, l'éducation de sa fille l'occupèrent uniquement. Sa fille surtout, qu'elle maria plus tard au marquis de Grignah, fut le culte et la passion

de toute sa vie, et ce fut ce sentiment qui lui inspira ses plus belles pages, si Ton peut appeler ainsi des causeries sans prétention et sans apprêt. Depuis le moment où des circonstances impérieuses Tobligèrent à se séparer de sa fille, elle ne vit plus dans le monde qui Fentourait que son isolement et sa douleur ; elle revient sans cesse dans ses lettres vers les mômes idées de tristesse, vers les mêmes épanchements d^amertumes et de cuisants regrets, mais avec une abondance et une nouveauté d'images qui font oublier au lecteur la monotonie de ses plaintes. C'est dans sa correspondance avec M"« de Grignan que son talent prend tout son essor; c'est dans le cœur de sa fille qu'elle aime à répandre toutes les impressions de son âme sensible et tous les trésors de son esprit. Gomme elle le lui écrivait un jour, elle lui donne avec plaisir le dessus de tous les paniers, c'est-à-dire la fleur de son esprit, de sa tête, de ses yeux, de sa plume et de son écritoire.

Les élèves traduiront cette dictée à la première personne, en prenant pour titre :

Page 1