‹ Le livre des permutations; petits exercices d'orthographe en texte suiviChapitre 132 sur 174 · AMYOT RACONTE SA VIE · texte numérisé non relu

AMYOT RACONTE SA VIE

S'il fallait s'en rapportera certains historiens, ma

naissance et ma jeunesse seraient entourées de circonstances romanesques ; mais, si Ton ne connaît pas positivement la profession de mon père, on sait du moins que je suis né d'un modeste boutiquier de campagne. De bonne heure j'entendis au dedans de moi-même une voix qui me promettait la célébrité ; je quittai le village voisin de Melun, où j'étais né le 30 octobre 1513, et où j'avais commencé mes études; je vins les achever à Paris. Ma mère m'envoyait chaque semaine un peu d'argent mis de côté pour moi ; mais cette somme était bien insuffisante pour mes besoins, et moi, le futur précepteur de deux rois de France, je fus obligé, pour vivre, de servir de domestique à d'autres écoliers de mon collège. Telle était mon ardeur pour l'étude, que la nuit, à défaut d'huile ou de chandelle, je travaillais à la lueur de quelques charbons embrasés. Quand je fus reçu maître es arts, je me rendis à Bourges pour y étudier le droit civil ; j'obtins bientôt, par l'entremise de Marguerite, sœur du roi, une chaire dans l'Université.

Je traduisis quelques fragments de la Vie des hommes illustres de Plutarque, et je dédiai cet essai à François I"; pour que ma traduction fût aussi parfaite que possible, je désirai consulter les manuscrits qui se trouvaient en Italie, et je m'y rendis à la suite de l'ambassadeur de France. Je fis un assez long séjour dans la capitale du monde chrétien, et je fus ensuite chargé de quelques missions délicates dont je m'acquittai avec zèle. Je fus ramené à Paris par le cardinal de Tournon, qui m'avait pris en grande estime et qui me proposa et me fit agréer au roi comme précepteur de ses deux fils. C'est pendant le cours de cette éducation que je terminai ma traduction des Hommes illustres de Plutarque et que je commençai celle des Œuvres mo-

raies ^ que j'achevai sous le règne de Charles IX, mon élève, auquel j'en fis hommage. Nommé évêque d'Auxerre et grand aumônier de France, je me retirai dans mon diocèse, après la mort de Henri III, et j'y passai mes dernières années, uniquement occupé de l'étude et de l'exercicQ de mes devoirs. Je mourus à Auxerre le 6 février 1593 ; j'avais alors quatre-vingts ans.

Les élèves traduiront cette dictée à la troisième penoime du sUigulier, en prenant pour titre :

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