‹ Le livre des permutations; petits exercices d'orthographe en texte suiviChapitre 136 sur 174 · MENSCHIKOFF RACONTE SA VIE · texte numérisé non relu

MENSCHIKOFF RACONTE SA VIE

Je naquis en 1674 ; les uns prétendent que j'étais le fils d'un pâtissier, les aiitres d'un valet de chambre. Quoi qu'il en soit, je plus à Pierre le Grand par ma physionomie ouverte, par la vivacité de mes reparties et par quelques bouffonneries. Ce prince me fit donner des maîtres ; je me formai aux affaires et me rendis bientôt nécessaire à l'empereur. Je vis alors rapidement augmenter ma fortune, et, après m'être distingué au siège de Schlussebourg, je fus nommé gouverneur de cette ville en 1702. L'année suivante, j'assistai au siège de Nieuzehauts, petite ville sur les ruines de laquelle fut élevé SaintrPétersbourg. De nouveaux ser-

vices et une fidélité éprouvée me méritèrent de nouvelles faveurs. Je fus élevé au rang de général-major, décoré du titre de prince et nommé gouverneur de ringrie. Je commandais en 1706 à Posen, et je défis les Suédois en bataille rangée près de Kalisch. Je contribuai au succès que le czar obtint Tannée suivante sur le Borysthène et. fus détaché ensuite avec un corps de cavalerie dans l'Ukraine, où j'eus encore différents avantages. Je commandai l'aile gauche à Pultava, et j'eus trois chevaux tués sous moi dans la mêlée. Après la victoire, m'étant mis à la poursuite des fuyards, je forçai un général suédois à capituler avec son corps d'armée.

J'avais toujours vécu avec une grande simplicité; je ne tardai pas à étaler un faste inconnu en Russie. Je me fis construire un superbe palais, augmentai ie nombre de mes domestiques et donnai des fêtes somptueuses. J'étais devenu si riche, que je pouvais aller de Courlande en Perse sans cesser de coucher sur mes terres. Le czar me pardonnait ma grande fortune à cause de mes services, ou bien il se contentait de m'infliger quelques amendes, dont il me faisait ensuite la remise en me demandant pardon de sa colère.

Après la mort de Pierre le Grand, je me hâtai de faire proclamer Catherine impératrice, et, sous le nom de cette princes0e, je devins le seul maître de la Russie.

Mais je vis bientôt arriver le terme de ma fortune. Disgracié au commencement du règne de Pierre II, je fus condamné à passer ma vie dans les neiges de la Sibérie. Ma femme mourut avant d'arriver au lieu de notre exil. Ma fille aînée expira au bout de six mois; elle fut inhumée dans un oratoire que j'avais fait con-

struire ; je marquai la place où je voulais être enterré auprès d'elle, et je ne tardai pas à Toccuper. Je montrai une âme égale dans ma disgrâce; étranger au monde entier, après en avoir gouverné une partie, je me suffis à moi-même, parce que je devins sage. On m'avait laissé dix roubles ou environ quarante francs par jour pour ma subsistance. Des épargnes que je faisais sur cette somme, je bâtis une église à laquelle je travaillai moi-même comme charpentier. Je mourus de la maladie des ministres disgraciés, laissant à mes pareils une leçon inutile, parce qu'ils ne sont disposés à la suivre que quand ils ne peuvent plus en faire usage.

Les élèves traduiront cette dictée à la troisième personne du singulier, en prenant pour titre :

MENSGHIKOFP

Menschikofî naquit en 1674; les uns ont prétendu qu'il était le fils d'un pâtissier, les autres d'un valet de chambre. Quoi qu'il en soit, il plut à Pierre le Grand par sa physionomie ouverte, par la vivacité de ses reparties et par quelques bouffonneries. Ce prince lui fit donner des maîtres ; il se forma aux affaires et se rendit bientôt nécessaire à l'empereur. Il vit alors rapidement augmenter sa fortune, et, après s'être distingué au siège de Schlussebourg, il fut nommé gouverneur de cette. ville en 1702. L'année suivante, il assista au siège de Nieuzehauts, petite ville sur les ruines de laquelle fut élevé Saint-Pétersbourg. De nouveaux services et une fidélité éprouvée lui méritèrent, de nouvelles faveurs. Il fut élevé au rang de général-major, décoré du titre de prince et nommé gouverneur de ringrie. Il commandait en 1706 à Posen, et il défit les

FERMtJTATIONS. — UVRE DU MAITRE. 7

Suédois en bataille rangée près de Kalisch. Il contribua au succès que le czar oMint Tannée suivante sur le Borysthène, et fut détaché ensuite avec un corps de cavalerie dans l'Ukraine, où il eut encore différents avantages. Il commanda Taile gauche à Pultava, et il eut trois chevaux tués sous lui dans la mêlée. Après la victoire, s'étant mis à la poursuite des fuyards, il força un général suédois à capituler avec son corps d*armée.

Il avait toujours vécu avec une grande simplicité ; il ne tarda pas à étaler un faste inconnu en Russie. 11 se fit construire un superbe palais, augmenta le nombre de ses domestiques, et donna des fêtes somptueuses. Il était dévenu si riche qu^il pouvait aller de Courlande en Perse sans cesser de coucher sur ses terres. Le czar lui pardonnait sa grande fortune à cause de ses services, ou bien il se contentait de lui infliger quelques amendes, dont il lui faisait ensuite la remise en lui demandant pardon de sa colère.

Après la mort de Pierre le Grand, il se hâta de faire proclamer Catherine impératrice, et, sous le nom de cette princesse, il devint le seul maître de la Russie.

Mais il vit bientôt arriver le terme de sa fortune. Disgracié au commencement du règne de Pierre II, il fut condamné à passer sa vie dans les neiges de la Sibérie. Sa femme mourut avant d'arriver au lieu de leur exil. Sa fille aînée expira au bout de six mois ; elle fut inhumée dans un oratoire qu'il avait fait construire; il marqua la place où il voulait être enterré auprès d'elle, et il ne tarda pas à Toccuper. Il montra une âme égale dans sa disgrâce : étranger au monde entier, après en avoir gouverné une partie, il se suffît à lui-même, parce qu'il devint sage. On lui avait laissé

dix roubles ou environ quarante firancs par jour pour sa subsistance. Des épargnes qu'il faisait sur cette somme, il bâtit une église à laquelle il travailla luimême comme charpentier. Il mourut de la maladie des ministres disgraciés, laissant à ses pareils une leçon inutile, parce qu'ils ne sont disposés à la suivre que quand ils ne peuvent plus en faire usage.

Cent sixième et Cent septième Exercices

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