‹ Le livre des permutations; petits exercices d'orthographe en texte suiviChapitre 137 sur 174 · CLOVIS · texte numérisé non relu

CLOVIS

Clovis fut le premier roi chrétien et, après son baptême, le seul prince catholique de son temps, ce qui lui fit donner le nom de roi très chrétien. A l'âge de seize ans, il se trouva, parla mort de son père, à la tête de la tribu salienne, qui occupait le territoire de Tournai ; décidé dès lors à étendre au loin ses conquêtes, il fit un appel à son peuple. Le roi de Cambrai, Ragnacaire, s'untt à Clovis; d'autres chefs vinrent se ranger sous ses drapeaux, et lui fournirent environ cinq mille hommes. Chef suprême de cette petite armée, Clovis traverse la forêt des Ardennes, et il attaque d'abord la partie de la Gaule soumise aux Romains. Il livra à Syagrius, près de Soissons, une bataille qui fut décisive, et, délivré de ses premiers ennemis, il tourna ses regards vers le royaume des Burgondes. Il demanda en mariage Clotilde, fille de Chilpéric et nièce du roi Gondebaud. Sur ces entrefaites, les hordes suèves, connues sous le nom d'Allemands, se jetèrent sur le royaume des Francs ripuaires, gouvernés par Sigebert; Clovis marcha au secours de son compatriote, quoique jusqu'alors il r^ût regardé comme son ennemi. Les Francs

plièrent d'abord, mais ils ressaisirent bientôt la victoire, grâce à la vigueur avec laquelle Clovis les rallia et les reconduisit au combat. C'est à cet instant de crise que Clovis s'écria : « Dieu de Clotilde! donne-moi la victoire, et je reconnais que tu es le plus grand des dieux! » Voyant son vœu exaucé, il se fit baptiser, et, avec lui, trois mille des siens reçurent le baptême.

Une nouvelle lutte s'engagea quelque temps après; Clovis livra, près de Vouillé, une grande bataille à Alaric, roi des Wisigoths. Il avait envoyé des messagers à saint Martin de Tours, pour invoquer son intercession. Après sa victoire et la défaite d'Alaric, qu'il tua de sa propre main, il se rendit lui-même au tombeau du saint confesseur, pour remercier Dieu de ses succès. Il présenta le cheval sur lequel il était monté le jour de la bataille. Mais il le regretta bientôt, et il demanda à le racheter ; il en offrit cinquante marcs d'argent.

Clovis eut toujours beaucoup de ménagements pour les Gaulois chrétiens; èependant les lois de la guerre et les mœurs du temps l'obligeaient à souffrir des choses contraires à sa politique. Ses troupes pillaient quelquefois les églises ; celles du Soissonnais ayant été du nombre, l'évêque le supplia de lui faire rendre un calice d'or d'un très grand prix. Clovis voulut déférer à sa prière, et, au moment du partage, il demanda comme une grâce qu'on mît ce calice à part. Un soldat insolent lui répondit, en donnant un coup de hache sur le vase, « qu*il l'aurait s'il tombait dans son lot. » Clovis feignit de ne pas sentir l'insulte ; mais un an après, ayant remarqué ce soldat dans une revue, il alla à lui, lui reprocha sa négligence à tenir ses armes propres :et lui arracha sa hache, qu'il jeta à terre. Le soldat s'é-

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tant baissé pour la ramasser, il lui déchargea la sienne sur la tête et le fit tomber mort à ses pids en disant : u C'est ainsi que tu as frappé le vase de Soissons. »

Les élèves traduiront cette dictée à la première persomie du singulier, en prenant pour titre :

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