‹ Le livre des permutations; petits exercices d'orthographe en texte suiviChapitre 139 sur 174 · LES ÉLÉPHANTS · texte numérisé non relu

LES ÉLÉPHANTS

Les éléphants sont les plus gros des quadrupèdes ;

ils habitent les climats chauds de l'Asie et de l'Afrique,

1. Ce devoir et les quatre suivants diffèrent un peu de ceux que ^ous avons donnés jusqi^'ici sur les permutations de personne. Ils présentent une double permutation, c'est-à-dire une difficulté de

et ils se plaisent dans les forêts épaisses. Leurs jambes informes soutiennent un corps épais et sans souplesse. Leurs yeux sont petits en comparaison de leur taille énorme, tandis que leurs larges oreilles ombragent amplement les deux côtés de leur tête. Ce qu'il y a de plus extraordinaire en eux, c'est que leur nez se prolonge de plusieurs pieds. Mais, formés avec si peu d'élégance, ils sont doués d'une grande iptelligence et de beaucoup d'adresse. Ce nez si long et si flexible leur sert de main. A l'aide de cet organe, ils pourvoient à tous leurs besoins, puisent de l'eau, cueillent les herbes et les fleurs, dénouent les cordes, ouvrent et ferment les portes, débouchent les bouteilles, ramassent par terre la plus petite pièce de monnaie; en un mot, ils font presque tout ce que Thomme exécute avec ses doigts. Cette trompe leur est indispensable; car n'ayant pour ainsi dire point de cou, ils ne peuvent baisser la tête jusqu'à terre. Quand ils ont soif, ils remplissent d'eau cette trompe, et boivent ensuite comme s'ils vidaient une bouteille. Ils se nourrissent d'herbes, de feuilles, de fruits et de grains. Ils mangent environ cent cinquante livres d'herbe par jour.

Ce qui les distingue encore, ce sont deux énormes dents, qui leur sortent de la bouche de chaque côté de la trompe, et qu'on appelle défenses ; elles se recourbent légèrement et en pointe. Ces défenses sont des armes terribles dont s'épouvantent les plus féroces animaux.

Ils sont à peu près trente ans à grandir et vivent,

quand ils sont libres, au delà de cent cinquante ans.

plus. Dans les quatre premiers, c'est une double permutation de personne et de nombre ; quant au dernier, il offre une double permutation de personne, et réclame des élèves toute Tattention dont ils sont susceptibles.

Ilsdeviennent par Téducation des serviteurs derhomme. Une fois domptés, ils sont les plus doux et les plus patients de tous les animaux; ils s'attachent à ceux qui les soignent; ils les carressent, et semblent deviner tout ce qui peut leur plaire. En peu de temps ils viennent à bout de comprendre les signes et même la parole. Ils reçoivent les ordres de leur maître avec attention, et les exécutent avec prudence et empressement. On leur apprend aisément à fléchir le genou pour donner plus de facilité à ceux qui veulent les monter. Ils se servent de leur trompe pour enlever des fardeaux, et ils aident eux-mêmes à les charger. Ils. travaillent sans se rebuter, pourvu qu'on ne les irrite point par des coups donnés mal à propos. Leur cornac, c'est ainsi qu'on appelle celui qui les guide, est monté sur leur cou. Quand ils sont réduits à l'état de domesticité, ils rendent à eux seuls autant de services que six chevaux. Ils voiturent tous les tonneaux, sacs, paquets, qui se transportent, dans l'Inde, d'un lieu à l'autre. Ils ne cassent ni n'endommagent rien de ce qu'on leur confie. Ils posent doucement les paquets et les rangent dans l'endroit qu'on leur montre; ils essayent avec leur trompe s'ils sont bien posés, et quand c'est un objet qui roule, ils vont d'eux-mêmes chercher des pierres pour l'établir solidement.

Il est peu surprenant que, distingués par tant de qualités, ils aient été pris pour symbole de la sagesse et de la prudence. Avec tant de ressources pour s'ériger en despotes au milieu des autres animaux, ils ont paru mépriser la tyrannie, et jamais on ne les voit la disputer à l'homme, auquel ils se soumettent eux-mêmes. Leur soumission n'est cependant pas un escla-

vage sans condition, et ils forcent le maître de tous les animaux à des marques de déférence. Ils servent avec zèle, avec fidélité, avec intelligence ; mais ils ne souffrent point de mauvais traitements, et, quand ils sont mal récompensés de leur dévouement, ils oublient qu'un jour ils se sont laissés dompter, et ils reviennent à leur état sauvage. Il n'est plus alors d'autre moyen de se garantir de leur fureur que de les sacrifier, et souvent ce n'est point chose facile. Dans leurs transports de colère, ils sont encore sensibles à la voix de celui dont ils n'eurent qu'à se louer, et leur reconnaissance sauve leurs amis de leurs emportements.

Ils sont courageux, et, dans les combats, avant l'invention de l'artillerie, ils dépeuplaient les rangs; quelquefois encore, au lieu de les lancer au milieu des ennemis, on se servait seulement d'eux comme de moyens de transport.

Ils seraient les rois des animaux s'ils réunissaient la méchanceté à Fintelligence, le désir de régner au pouvoir de soumettre. Ils sont à placer avant le singe, avant le perroquet, même avant le chien, dans la liste des animaux qui se rapprochent le plus de l'homme par leur intelligence.

Cent onzième Exercice

FAIBLESSE ET ORGUEIL DE l'HOMME

Où es-tu, faible et orgueilleuse créature, lorsque tu n'es pas avec toi-même et lorsque tu cherches une autre gloire que ta propre grandeur? Que peux-tu trouver hors de toi qui vaille plus que ce qui existe en toi? A quoi bon cette inquiétude de ton imagination, cette confusion de tes pensées et cette infatigable variété de tes désirs? Que peut gagner ton cœur avec tout cet appgi-

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reil d*orgiieil? Qu'espères-tu trouver dans ces espaces où tu cours, toujours avide et jamais satisfait?

Si tu veux être heureux, cherche ton Dieu, qui n'est jamais loin de toi. Toute la nature te le montre ; tout célèbre son saint nom. Mais tu ne l'écoutés pas, toi, parce que le tumulte des passions te rend sourd. Descends dans ton propre cœur ; c'est là que Dieu demeure; c'est là qu'il te parlera avec plus d'intimité ; mais tu ne peux l'entendre, parce que tu cherches toujours à t'éviter toi-même. Les innombrables dons de la nature t'indiquent la main de qui tu les tiens. Cette vie, dans laquelle tu le méconnais, te prouve son amour, puisqu'il te la conserve. Tu dors tranquille, appuyé sur son sein paternel, mais, oubliant la main protectrice qui te soutient, tu te livres au délire des rêves trompeurs, qui te flattent par leurs fausses illusions. Malheureux, esclave de tes erreurs, tu vis sans Dieu , sans espoir, sans consolation.

Les élèves traduiront cette dictée à la troisième personne du pluriel, en prenant pour titre :

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