‹ Le livre des permutations; petits exercices d'orthographe en texte suiviChapitre 140 sur 174 · NOTRE FAIBLESSE ET NOTRE ORGUEIL · texte numérisé non relu

NOTRE FAIBLESSE ET NOTRE ORGUEIL

Où sommes-nous, faibles et orgueilleuses créatures, lorsque nous ne sommes pas avec nous-mêmes et lorsque nous cherchons une autre gloire que notre propre grandeur? Que pensons-nous trouver hors de nous qui vaille .plus que ce qui existe en nous? A quoi bon cette inquiétude de notre imagination, cette confusion de nos pensées et cette infatigable variété de nos désirs? Que peut gagner notre cœur avec tout cet appareil d'orgueil? Qu'espérons-nous trouver dans ces espaces où nous courons, toujours avides et jamais satisfaits?

Si nous voulons être heureux, cherchons notre Dieu, qui n'est jamais loin de nous. Toute la nature nous I''

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montre; tout célèbre son saint nom. Mais nous ne Técoutons pas, nous, parce que le tumulte des passions nous rend sourds. Descendons dans notre propre cœur ; c'est là que Dieu demeure ; c'est là qu'il nous parlera avec plus d'intimité ; mais nous ne pouvons Ten- 4;endre, parce que nous cherchons toujours à nous éviter iious-mêmes. Les innombrables dons de la nature nous indiquent la main de qui nous les tenons. Cette vie, dans laquelle nous le méconnaissons, nous prouve son amour, puisqu'il nous la conserve. Nous dormons tranquilles, appuyés sur son sein paternel, mais, ou- •bliant la main protectrice qui nous soutient, nous nous livrons au délire des rêves trompeurs, qui nous flattent par leurs fausses illusions. Malheureux, esclaves .de nos terreurs, nous vivons sans Dieu, sans espoir, sans consolation.

Cent douzième Exercice

DE l'amour-propre

Ton amour-propre te fait tout rapporter à toi-même ; tu fais servir tout ce qui t'environne à toi seul, comme si tout était créé pour toi ; tu ne comptes tout ce qui se passe dans le monde que par rapport à toi ; en un mot, tu vis comme si tu étais seul dans l'univers et que l'univers entier ne fût que pour toi seul. Ainsi, toi qui n'es qu'un atome imperceptible au milieu de ce vaste univers, tu voudrais en faire mouvoir toute la machine au gré de tes seuls désirs ; tu voudrais que tous les événements s'accommodassent à tes vues, que le soleil ne se levât et ne se couchât que pour toi seul ; tu voudrais être la fin de tous les desseins de Dieu, comme tu t'établis toi-même la fin unique de tous tes projets sur la terre. Tout ce qui trouble un instant tes plaisirs, tout

ce qui dérange Torgueil et rambition de tes projets et de tes espérances t'aigrit et te révolte.

Ton amour-propre s*est emparé de tout Tuniyers, et tu regardes tout ce que tu désires comme ton partage. }^s places et les honneurs qui échappent à ta cupidité et qui se répandent sur les autres, tu les regardes comme des biftns qui t'appartiennent et qu'on te ravit injustement; tout ce qui brille au-dessus et à côté de toi t'éblouit et te blesse. Tu vois avec des yeux d'envie l'élévation des autres hommes; leur prospérité t'inquiète, leur fortune fait ton malheur, leurs succès forment dans ton cœur un poison secret qui répand l'amertume sur ta vie. Les applaudissements qu'ils reçoivent sont comme des opprobres qui t'humilient; tu tournes contre toi ce qui leur est favorable , et, peu content des malheurs qui te regardent, tu te fais encore une infortune du bonheur d'autrui.

Les élèves traduiront cette dictée à la première personne du pluriel, en prenant pour titre :

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